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A Paris, Anne Hidalgo renonce à réduire dans l’immédiat la vitesse sur le périphérique


Sur le périphérique parisien, le 18 décembre 2020.

Les automobilistes peuvent se réjouir : quand le périphérique n’est pas saturé, ils vont pouvoir continuer à y effectuer quelques pointes de vitesse. Dans l’immédiat, Anne Hidalgo ne compte plus abaisser à 50 km/h la vitesse maximale sur le grand boulevard qui ceinture Paris. « Cela viendra peut-être plus tard », mais « ce n’est pas le sujet aujourd’hui », a déclaré la maire de la capitale, mercredi 18 mai, en présentant ses projets pour transformer cette autoroute urbaine héritée des années 1970.

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Entre les deux tours des élections municipales de 2020, la candidate socialiste avait pourtant fait de la diminution de la vitesse sur le « périph » une mesure phare de son programme commun avec les écologistes. Passer d’un maximum de 70 km/h à seulement 50 km/h était présenté comme un moyen décisif d’« apaiser » le périphérique, de limiter les accidents et de lutter contre la pollution atmosphérique et sonore dont souffrent des centaines de milliers de riverains. Il s’agissait de transformer rapidement le long serpent de 35 kilomètres en boulevard classique, avec des feux, facile à traverser pour les piétons. « En six ans, c’est jouable », plaidait alors Jean-Louis Missika, l’un des principaux adjoints d’Anne Hidalgo, qui imaginait réduire la vitesse dès la première année du nouveau mandat.

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En réalité, la crise liée au Covid-19, puis la campagne présidentielle ont retardé les décisions. Surtout, les élus ont mesuré à quel point le projet de diminuer la vitesse passait mal dans l’opinion, et risquait de se heurter à des oppositions. Aujourd’hui, la mairie souligne toujours que « 130 000 riverains sont exposés à des niveaux de pollution supérieurs aux plafonds des normes européennes ». Cependant, la question de la vitesse a été écartée. « Il faut avancer en utilisant d’abord les points de consensus », argumente David Belliard, l’adjoint écologiste chargé des transports.

Un million de véhicules circulant par jour

La priorité revient ainsi à l’idée, moins clivante, de mieux organiser l’usage du périphérique. Première étape : lors des Jeux olympiques de l’été 2024, une voie sera réservée aux véhicules des athlètes et de tous ceux qui gravitent autour de l’événement. L’Etat a donné son accord, et un décret vient d’être publié. Un dispositif de caméras qui liraient les plaques d’immatriculation des véhicules autorisés est à l’étude.

L’étape suivante, évoquée par la maire de la capitale, consistera, à l’horizon 2030, à supprimer quelques voies

Une fois les Jeux achevés, cette voie devrait être pérennisée et réservée au covoiturage, aux taxis et aux transports en commun. Aujourd’hui, un million de véhicules circulent chaque jour sur le boulevard. A leur bord, 82 % sont des personnes seules. Une voie réservée de ce type est déjà en place aux heures de pointe sur l’A48, à 10 km en amont de Grenoble. En Amérique du Nord, cette pratique existe depuis les années 1970. En Europe, l’Espagne l’a adoptée à la fin des années 1990, notamment pour soulager l’entrée de Madrid. Pour cette voie, il faudrait des caméras dites « intelligentes », qui comptabiliseraient le nombre de personnes à bord.

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