fbpx

Guerre en Ukraine en direct : la question des céréales ukrainiennes au cœur des discussions entre Kiev et les Occidentaux


20:01

La Hongrie instaure l’état d’urgence à cause de la guerre en Ukraine

La mesure suscite des inquiétudes sur l’atteinte aux libertés en Hongrie. Le premier ministre hongrois Viktor Orban a instauré mardi un second état d’urgence, cette fois pour faire face aux conséquences de la guerre en Ukraine, alors que le premier, lié à la pandémie de coronavirus, devait expirer mardi prochain

« Le monde est au bord d’une crise économique. La Hongrie doit rester en dehors de cette guerre et protéger la sécurité financière de ses familles », a déclaré sur Facebook le dirigeant nationaliste, suscitant des inquiétudes.

Cela nécessite une marge de manoeuvre et une action immédiate. Le gouvernement, exerçant son droit en vertu de la Loi fondamentale, déclare l’état d’urgence pour cause de guerre à partir de minuit.

Peu avant cette annonce, le parlement, qui venait juste de prêter serment, avait modifié la constitution pour permettre l’instauration d’une telle mesure « en raison d’un conflit ». Le parti Fidesz de Viktor Orban y dispose de la majorité des deux tiers. Le premières décisions prises dans ce nouveau cadre juridique seront annoncées mercredi, selon Viktor Orban.

L’ONG de défense des libertés civiles TASZ a dénoncé un « état d’urgence devenu permanent » en rappelant qu’il avait déjà été instauré en Hongrie, dans le cadre de la lutte contre la pandémie de coronavirus. Il devait expirer le 31 mai.

19:16 Pour approfondir

Le métro de Kharkiv reprend du service après avoir servi d’abri aux civils

Les rames du métro et leurs quais donnent aux civils l’illusion du calme et de la paix. Depuis le début de la guerre, les civils sont nombreux à avoir choisi de se réfugier sous terre, dans les wagons, pour éviter les bombardements incessants qui ont frappé Kharkiv, la deuxième ville d’Ukraine.

Cette sécurité n’est plus d’actualité. Le maire de la ville, Ihor Terekhov, a annoncé que le métro allait reprendre du service. Les premières rames ont redémarré dans la matinée, mardi 24 mai.

19:16

Un général russe en retraite abattu au-dessus de l’Ukraine

L’état-major ukrainien a annoncé, lundi, qu’une unité de défense antiaérienne avait abattu, la veille, un avion d’attaque russe Su-25, dans la région de Louhansk. L’appareil était piloté par le général de division à la retraite Kanamat Botashev, âgé de 63 ans.

Son appareil aurait été abattu par un missile Stinger et sa mort a été confirmée à la BBC par un ancien pilote russe et dans des discussions sur Telegram.

Selon la BBC, la participation d’un officier aussi haut gradé à la bataille témoigne à la fois de la difficulté des tâches que Moscou impose aux pilotes et du manque de spécialistes hautement qualifiés. D’anciens subordonnés ont suggéré qu’il « ne pouvait tout simplement pas rester à l’écart ». La BBC rappelle que depuis le début de la guerre, l’armée, des organisations patriotiques russes et les mercenaires de Wagner essaient d’attirer des volontaires pour aller combattre en Ukraine.

18:43

Un mégamortier 2S4 détruit par les forces ukrainiennes après le reportage d’un journaliste russe

Dans la guerre menée par la Russie en Ukraine, la propagande tient une place prépondérante. Le soutien du peuple russe à l’offensive ordonnée par Vladimir Poutine repose d’ailleurs pour beaucoup sur cette communication. Mais tout n’est pas forcément bon à montrer, et les forces russes en ont fait l’expérience il y a quelques jours.

Dans sa tentative de prendre le contrôle du Donbass, région séparatiste prorusse de l’est de l’Ukraine, l’armée russe utilise un certain nombre d’armes de guerre. Parmi elles, un mégamortier autopropulseur 2S4, également appelé « Tyulpan » (« tulipe » en français), servait à bombarder la ville de Sievierodonetsk, située une centaine de kilomètres au nord-ouest de Louhansk.

Un journaliste russe, affublé d’un équipement de protection militaire marqué d’un « Z », en a largement vanté les capacités dans un reportage diffusé à la télévision russe. Le mégamortier est le mortier de plus gros calibre en service dans le monde, selon le magazine économique américain Forbes. Produits pendant la guerre froide, quarante ou cinquante sont toujours opérationnels en Russie, et n’ont pas d’équivalent occidental. Selon le magazine, l’engin peut notamment tirer des obus d’environ 130 kilos, à une distance allant jusqu’à près de 10 kilomètres et avec une cadence de tirs d’un obus par minute.

Le reportage du journaliste russe montre le mégamortier sous différents angles, tirant depuis un terrain industriel de la ville de Roubijne. Moins de vingt-quatre heures après sa diffusion à la télévision russe, les forces ukrainiennes ont à leur tour rendu publique une vidéo, filmée par un drone, montrant un 2S4 en flammes, près d’un bâtiment qui figurait dans le reportage russe. Quelques dizaines de secondes plus tard, les munitions qu’il contenait explosent dans une impressionnante boule de feu.

Il n’a pas été prouvé que le mégamortier détruit par les Ukrainiens était le même que celui dont le journaliste russe parlait. Toutefois, des experts estiment qu’il était tout à fait possible que les forces ukrainiennes aient réussi à géolocaliser l’engin à partir de la vidéo. D’autant que leur nombre assez faible renforce l’hypothèse selon laquelle plusieurs de ces engins ne se trouvent a priori pas au même endroit du pays.

18:33 Pour approfondir

Un boycott du gaz russe serait-il une bonne nouvelle pour le climat ?

Dans le troisième épisode de « Chaleur humaine », Nabil Wakim reçoit Marc-Antoine Eyl-Mazzega, directeur du centre énergie et climat de l’Institut français des relations internationales (IFRI). Au menu, l’épineuse question du gaz russe : pourquoi l’Europe en est-elle si dépendante ? Peut-elle s’en passer ? Et quelles sont les conséquences pour le climat de cet affrontement gazier ?

18:23

Bras de fer entre Paris et Orban sur le pétrole russe

Un accord est encore possible « dans les jours qui viennent » pour surmonter les réticences hongroises concernant un embargo de l’Union européenne (UE) sur le pétrole russe, estime la présidence française.

Dans une lettre au président du Conseil européen, Charles Michel, Viktor Orban, dont le pays bloque un embargo de l’UE sur le pétrole russe, estime « très improbable » un accord dans les prochains jours. La Hongrie, actuellement en discussion avec la Commission européenne, « n’est pas en position d’accepter le sixième paquet de sanctions tant que les négociations n’auront pas abouti à résoudre toutes les questions en suspens », écrit-il dans ce courrier daté de lundi. Le dirigeant hongrois souligne que l’embargo pétrolier proposé « causerait immédiatement de sérieuses perturbations d’approvisionnement en Hongrie » et ferait monter les prix « d’environ 55 %-60 % ». Il redoute ce renchérissement de la facture pétrolière, car il pourrait ne plus pouvoir plafonner le prix des carburants, comme il le fait depuis novembre 2021.

Il souligne que son pays reste « fortement dépendant des importations d’énergie russe », même si « la part de la Russie dans les importations de pétrole est passée de plus de 90 % en 2010 à 64 % en 2021 ».

Budapest juge insuffisante la proposition d’une dérogation de deux années pour mettre en œuvre l’embargo pétrolier offerte à la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque. La Hongrie a demandé au moins quatre ans et près de 800 millions d’euros en financements européens pour adapter ses raffineries et augmenter la capacité de l’oléoduc Adria qui vient de Croatie.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a, quant à elle, déclaré mardi sur CNBC qu’elle « espérait » qu’un accord sur l’embargo pétrolier était une question de « jours ».

18:06 Pour approfondir

« Depuis mars, la Russie n’est plus la bienvenue à Davos »

Chronique. Le monde des affaires fait face à une « confluence de calamités » qui doit énormément à Vladimir Poutine, jadis habitué du Forum économique mondial, explique notre éditorialiste économique Philippe Escande.

18:03

Le Conseil de l’Union européenne valide la suspension des droits de douane sur les produits ukrainiens

La mesure vise à soutenir l’économie de l’Ukraine. Le Conseil de l’Union européenne (UE), qui représente les vingt-sept Etats membres, a approuvé mardi la suspension pour un an des droits de douane sur tous les produits importés d’Ukraine.

Cette mesure, proposée le 27 avril par la Commission européenne, avait déjà été approuvée par le Parlement européen le 19 mai. Le règlement est donc validé et entrera en vigueur au lendemain de sa publication au Journal officiel de l’UE, a précisé le Conseil dans un communiqué.

La suspension des droits de douane « va faciliter les échanges commerciaux de l’Ukraine face à l’agression [de la Russie] et fournir un soutien à son économie », s’est félicité le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, lors d’une conférence de presse.

Le commerce bilatéral entre l’UE et l’Ukraine a représenté 52 milliards d’euros d’échanges en 2021, selon l’exécutif européen. Le chiffre a doublé depuis 2016. Mais, depuis fin février et le déclenchement de la guerre par la Russie, la production agricole et industrielle de l’Ukraine a été durement touchée, ainsi que ses relations commerciales avec le reste du monde, l’accès du pays à la mer étant bloqué par la marine russe.

Le produit intérieur brut ukrainien devrait s’effondrer de 35 % cette année, selon une prévision du Fonds monétaire international publiée le 19 avril.

17:56

La Russie interdit l’entrée dans le pays à 154 membres de la Chambre des Lords

En représailles aux sanctions britanniques visant la quasi-totalité des élus du Conseil de la Fédération russe, le Kremlin a interdit à 154 membres de la Chambre des lords, la Chambre haute du Parlement, d’entrer sur son territoire, a annoncé, mardi, la diplomatie russe.

« En réponse à la décision prise en mars par le gouvernement de Grande-Bretagne d’établir une liste de sanctions concernant presque tout le Conseil de la Fédération (…), des restrictions sont introduites à l’encontre de 154 membres de la Chambre des lords », écrit le ministère russe des affaires étrangères dans un communiqué. Le Conseil de la Fédération est la Chambre haute du Parlement russe.

Parmi les personnalités visées figure William Hague, ancien ministre des affaires étrangères conservateur. L’homme d’affaires d’origine russe Evgeni Lebedev, fils du milliardaire russe et ex-agent du KGB Alexandre Lebedev, qui a été nommé en 2020 Lord à vie, faisant couler beaucoup d’encre au Royaume Uni, ne figure, en revanche, pas sur cette liste.

La Chambre des lords compte environ 800 personnes. « Les personnes, à qui l’entrée dans notre pays est désormais fermée, ont contribué à l’élaboration des sanctions antirusses de Londres, destinées à isoler politiquement la Russie et à détruire son économie, ont usé de leur autorité pour exacerber l’hystérie antirusse en Grande-Bretagne, ont encouragé la tendance politique russophobe des conservateurs britanniques », affirme-t-il encore.

En avril, la Russie avait déjà interdit d’entrer dans le pays à 287 élus de la Chambre basse, au premier ministre, Boris Johnson, et plusieurs autres hauts responsables britanniques. De son côté, le Royaume-Uni affirme avoir sanctionné plus d’un millier de personnes et 100 entités, et notamment des oligarques représentant plus de 117 milliards de livres sterling (137 milliards d’euros).

17:49

La question des céréales ukrainiennes au cœur des discussions entre l’Ukraine et les Occidentaux

Guerre en Ukraine en direct : la question des céréales ukrainiennes au cœur des discussions entre Kiev et les Occidentaux
Un champ d’orge dans la région d’Odessa, le 22 mai 2022. GENYA SAVILOV / AFP

Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, s’est entretenu avec son homologue ukrainien, Dmytro Kuleba, et a notamment évoqué les moyens de faire sortir les céréales ukrainiennes du pays, a déclaré un porte-parole du département d’Etat américain. Dmytro Kuleba a réagi sur Twitter : « Nous avons (…) discuté des moyens de débloquer les exportations ukrainiennes et d’assurer la sécurité alimentaire mondiale. »

L’invasion russe de l’Ukraine a aggravé une crise alimentaire mondiale, les deux pays assurant à eux seuls 30 % du commerce mondial de blé. La Russie impose un blocus maritime à l’Ukraine, 5e exportateur mondial de blé, et l’Ukraine a miné les abords de ses côtes, notamment pour protéger le port d’Odessa, principale porte de sortie de la production agricole du pays, a rappelé lundi le chef d’état-major américain, le général Mark Milley. « C’est important pour l’économie de l’Ukraine et bien au-delà », a-t-il souligné. « De nombreux pays dans le monde dépendent des céréales ukrainiennes ».

Cette rencontre intervient alors que la Grande-Bretagne est en discussion avec les alliés sur l’envoi de navires de guerre en mer Noire pour protéger les transports de céréales ukrainiens, écrit le Times. Une « coalition des volontés » – comprenant« corridor de protection » d’Odessa vers le Bosphore, écrit le quotidien. Gabrielius Landsbergis, le ministre des affaires étrangères de Lituanien en a discuté avec Liz Truss, la secrétaire aux affaires étrangères britannique, poursuit le Times. Un porte-parole du gouvernement britannique, cité par le Guardian, affirme cependant que Londres n’a aucune intention d’envoyer la Royal Navy en mer Noire.

Lundi, le Danemark a apporté une ébauche de solution à ces questions : il s’est engagé à fournir des missiles Harpoon à l’Ukraine, a annoncé le chef du Pentagone, Lloyd Austin. Le Harpoon est habituellement embarqué à bord de navires de guerre ou de sous-marins, voire d’avions de combat, mais le Danemark est le seul pays à avoir acquis la version modifiée de ce lance-missiles qui est installée sur un camion et devient ainsi une batterie de défense côtière. Avec ce missile, le port de Sébastopol, en Crimée occupée par la Russie, serait à portée de l’armée ukrainienne.

17:35

Ce tchat est terminé !

Merci à tous pour vos questions auxquelles j’ai pris un grand plaisir à répondre. En espérant vous avoir fait partager ma passion pour l’ancien espace soviétique, aussi complexe que fascinant.

Régis Genté 17:33

Tchat. Bonjour, en écrivant votre livre, par quel(s) aspect(s) de la personnalité de M. Zelensky avez-vous été frappé ?

Bonjour, PAD, je dirais que c’est son pedigree social et culturel, celui d’un homme qui avait 13 ans au moment de la chute de l’URSS (1991) et qui a donc peu été façonné par le monde soviétique. Je souligne aussi qu’il est né à Kryvyï Rih, dans la partie russophone de l’Ukraine mais qui a aussi une « mémoire » cosaque… Bref, c’est un homme de l’entre-deux, temporel et géographique, qui, de ce fait, a en lui une sorte de plasticité qui l’a amené à se mettre au service de l’histoire de ses compatriotes, d’un peuple en pleine mutation historique.

Régis Genté 17:27

L’Ukraine n’annonce pas les pertes ukrainiennes, qui s’annoncent très lourdes, comme du côté russe. Zelesnky s’est-il préparé à un conflit qui semble s’inscrire dans la longue durée ?

Stefan, vous avez raison d’insister sur ce point. C’est un secret d’Etat… Oui, manifestement l’hypothèse d’un conflit long est envisagée. Même si ces dernières semaines, les observateurs tendent à privilégier celle d’un conflit qui se stabiliserait dans le cours de l’été, selon une nouvelle ligne de front dans ce qui deviendrait une sorte de conflit semi-gelé, larvé… susceptible de reprendre à n’importe quel moment. Beaucoup dépendra de l’armement que l’Occident fournira aux Ukrainiens, lesquels, eux, semblent résolus à bouter les Russes hors de tout leur territoire.

Régis Genté 17:22

TCHAT: Comment la durée évoquéee de l adhésion de l Ukraine à l UE, qui devrait prendre entre 10 et 20 ans selon Clément Beaune, peut-elle inluencer la stratégie du président Zelensky?

Bonjour, Arthur, sur le long terme, je crois que cela ne changera pas la stratégie de l’Ukraine. Comme d’autres ex-républiques soviétiques, le choix a été fait de se tourner vers l’Occident, de se détourner de la Russie. Si l’UE, ce n’est pas pour demain, alors le pays se servira de cette perspective, fût-elle lointaine, pour se réformer et se renforcer.

Régis Genté 17:19

TCHAT: Bonjour, V. Zelenski a t il été lavé des soupçons au sujet des Pandora Papers depuis qu’il symbolise activent la résistance de l’Occident?

Bonjour à vous, non, il ne l’a pas été… La presse ukrainienne en a parlé, cela a fait polémique, mais l’actualité grave qui travaille le pays a fait qu’on est passé à autre chose.

Régis Genté 17:15

Tchat – La série « Serviteur du Peuple » a-t-elle été diffusée en Russie et ce personnage médiatique a-t-il agacé Poutine à ce point qu’il pensait « n’en faire qu’une bouchée » ?

Bonjour à vous, oui elle a été diffusée en Russie… à tel point qu’elle a été tournée en langue russe. Là était le marché pour cette série et pour une partie des productions de Kvartal 95, la société de production télévisuelle de M. Zelensky. Cela n’a pas agacé M. Poutine… ce qui a agacé ce dernier, cela a été de découvrir le 9 décembre 2019 à Paris, à l’occasion d’une rencontre dite en « format Normandie », que ce comédien sans expérience politique a su lui tenir tête au sujet de la mise en œuvre des accords de Minsk II (de 2015). Il n’a rien cédé ce jour-là, jour de la première rencontre physique entre Poutine et Zelensky. On parle beaucoup d’un Zelensky qui s’est révélé comme un vrai chef d’Etat au début de la guerre, le 24 février dernier, mais en réalité le 9 décembre 2019 il avait déjà prouvé qu’il tiendrait tête à Moscou.

Régis Genté 17:08

Le président Zelenski est « Cash », souvent provocateur et critique. S’il emporte l’adhésion des foules, comment cela est-il apprécié dans les chancelleries? A balancer de telles vérités dans les milieux feutrés de la diplomatie, quels en sont les effets bénéfiques et négatifs ?

Bonjour Xavier, je dois d’abord souligner que ce côté « cash » est une chose qui m’a surpris dans sa communication. Il n’hésite pas à dire ce qu’il pense à M. Macron ou à M. Scholtz, le chancelier allemand, dont le soutien est pourtant si important pour l’Ukraine. Cela ne plaît pas toujours, bien sûr, comme lorsqu’il a reproché à son homologue français de refuser de parler de « génocide » à propos des massacres de Boutcha. Je crois que cela sert M. Zelensky pour le moment, cela lui permet de ne pas avoir à se retenir dans ces moments si cruciaux pour son pays. Les chancelleries s’irritent parfois, mais ce qui l’emporte ce sont les grandes questions géopolitiques ou sécuritaires du moment et personne n’a le temps de prendre cas de ces impolitesses.

Régis Genté 17:00

Bonjour,
Constate-t-on une forme d’essoufflement de toutes ces apparitions médiatiques de Volodymyr Zelensky, à divers sommets, dans diverses assemblées politiques ou manifestations culturelles ? On a un peu l’impression d’un numéro bien rodé maintenant… N’est-ce pas un risque, et comment lutter contre ce phénomène ?

Bonjour à vous, vous avez raison, d’autant que le nombre d’apparitions augmente les risques de commettre des impairs. Cela dit, mon expérience de vingt ans dans l’ancien espace soviétique, en Géorgie notamment, m’amène à comprendre pourquoi il est poussé à le faire. Les grandes puissances, occidentales notamment, regardent la région surtout en s’intéressant à la Russie. Les puissances de seconde zone et les petits pays sont donc obligés de se battre pour rester dans le « radar » des grandes puissances. Sinon, Paris, Berlin, Washington, etc. trouveront bientôt de bonnes raisons de réduire leur soutien à Kiev, au nom de leurs intérêts supérieurs.

Régis Genté 16:55

TCHAT : pensez-vous que V. Zelinsky puisse accepter l’idée d’une fédération ou d’une confédération accordant une large autonomie aux territoires du Donbass et de Crimée ? Cela pourrait laisser le temps à l’Ukraine de se reconstruire et d’augmenter ses capacités de défense afin de dissuader les Russes d’aller plus loin (en attendant un hypothétique futur changement de régime en Russie). Merci

Bonjour Coyote, l’idée d’une fédération ou d’une confédération ukrainienne est une idée russe, du Kremlin. Elle apparaît souvent en Occident comme une bonne idée, mais il faut comprendre ce qu’elle signifie pour Moscou. Elle signifie donner aux républiques fantoches de Donetsk et Louhansk un droit de veto sur les grandes orientations stratégiques de Kiev… c’est-à-dire un droit de veto dans les mains de Moscou. Bref, fédération ou confédération reviennent pour l’Ukraine à renoncer à sa souveraineté. Personne en Ukraine, même un président prorusse, ne serait en mesure d’imposer cela. En ce sens, c’est M. Poutine qui n’a pas été réaliste dans sa compréhension de la question ukrainienne ces dernières années.

Régis Genté 16:50

Le président a adopté la couleur kaki par solidarité avec les forces armées mais on ne le voit jamais avec des généraux comme si c’était le peuple qui se défendait tout seul lui même.Qui dirige réellement les opérations militaires et que sait on des relations entre le président et les différents chefs d’état major?

Bonjour à vous, vous soulignez un point particulièrement intéressant. Souvent depuis trois mois, on tend à le qualifier de « chef de guerre ». Mais je n’ai pas non plus l’impression qu’il en est un véritablement, même si ses fonctions l’amènent à prendre des décisions « militaires » évidemment. On a effectivement l’impression que l’armée fonctionne de façon relativement autonome et que le président Zelensky se concentre plutôt sur l’aspect diplomatique et l’image du pays à l’étranger et dans le pays. Très peu d’informations circulent sur ses rapports avec les dirigeants de l’armée ukrainienne, aucune véritable polémique, par exemple, n’a été relevée au sujet de désaccords entre la présidence et l’état-major.

Régis Genté





Lire la suite
www.lemonde.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.