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Attaquée sur sa crédibilité économique, la Nupes présente son plan d’urgence pour le pouvoir d’achat


Julien Bayou (EELV, à gauche), Emmanuel Fernandes (LFI, au centre) et Jean-Luc Melenchon (LFI, à droite), lors d’une conférence de presse de la Nupes, à Paris, le 25 mai 2022.

C’est un exercice d’unisson auquel il faut désormais s’habituer, à gauche. Mercredi 25 mai, les dirigeants des forces de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) ont développé un chapitre du « programme partagé de gouvernement » dévoilé la semaine dernière : celui consacré au pouvoir d’achat. Pas de hasard dans ce thème, central dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon, devenu totem y compris pour le gouvernement d’Elisabeth Borne, qui entend donner des gages sur ce point pendant toute la campagne des législatives face à une inflation croissante, sans pourtant présenter de texte de loi avant les élections des 12 et 19 juin.

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Face à la Nupes, les économistes sont divisés. Certains, comme Thomas Piketty saluent le retour de la justice sociale et fiscale. D’autres, à l’instar de Philippe Aghion, ancien parrain d’Emmanuel Macron en 2017, ont entrepris récemment une attaque en règle du programme de la Nupes, perçu comme le fruit d’un « penser faux » menant au désastre selon les mots choisis par ce dernier dans Les Echos. Dans une note pour Terra Nova, le banquier et professeur associé à l’Ecole normale supérieure Guillaume Hannezo prédit aussi à l’alliance un futur funeste : « Affronter les crises européennes, financières et monétaires qui l’attendent en étant précédé d’une réputation d’affections bolivariennes assez exotique ; affligé d’un déficit jamais expérimenté, entièrement structurel, et donc d’une dynamique explosive de la dette publique. »

Faire consensus

Jean-Luc Mélenchon a répondu, mercredi, aux « commentateurs » qui « pensent que l’inflation est le fruit d’une boucle perverse entre les prix et les salaires » : « Non ce n’est pas vrai. C’est la boucle profits / prix (…) Pour nous le cœur de l’inflation, c’est la spéculation, le surprofit, l’interruption des chaînes de production mondiale pour cause plus ou moins lointaine de covid et de guerre en Ukraine… » Face à ceux qui l’accusent de vouloir détruire l’économie, le leader de la « Nupes » assure au contraire vouloir tout faire pour éviter le « collapse » et rectifier le cap, en faisant, a-t-il dit, « payer l’inflation aux profits plutôt qu’aux salaires ».

Les mesures présentées ont l’avantage de faire consensus parmi les forces de la Nupes : augmentation du smic à 1 500 euros net par mois par décret, augmentation de 10 % du point d’indice des fonctionnaires, relèvement des pensions de retraite pour qu’aucune pension de retraite complète ne soit inférieure au smic revalorisé, mise en place d’une « garantie dignité » pour qu’aucun Français ne vive en dessous du seuil de pauvreté (1 063 euros pour une personne seule), allocation d’autonomie pour les jeunes dès 18 ans mais aussi l’encadrement des loyers pour « couper la chaîne de l’inflation ».

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