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En France, l’inflation accélère à 5,2 % sur un an, nouvelle baisse de la consommation


C’est un chiffre jamais vu depuis septembre 1985. L’inflation a connu une nouvelle accélération en France au mois de mai, à 5,2 % sur un an, dépassant la barre des 5 %, selon une première estimation dévoilée, mardi 31 mai, par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). La hausse des prix sur un an s’était établie à 4,8 % en avril, déjà au plus haut en près de 37 ans.

En mai, les prix sont en hausse sur tous les postes de consommation recensés par l’Institut national de la statistique, avec notamment une nouvelle poussée dans l’énergie. « Après leur repli le mois précédent, les prix de l’énergie se redresseraient en lien avec le rebond des prix des produits pétroliers », détaille l’Insee, alors que la guerre en Ukraine a fait flamber les cours des matières premières. Ils accélèrent ainsi de 28 % sur un an, après une hausse de 26,5 % en avril.

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Les prix de l’alimentation en hausse de 4,2 %

Les prix de l’alimentation progressent quant à eux de 4,2 % (3,8 % le mois dernier) et ceux des services de 3,2 % (3 % en avril). Base de comparaison entre pays européens, « l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) augmenterait de 5,8 % en mai, après 5,4 % en avril », précise l’Insee.

La comparaison entre la France et ses voisins européens reste cependant plutôt flatteuse, l’inflation allemande ayant enregistré un nouveau record lundi (+7,9 % sur un an en mai). Après un ralentissement de la hausse des prix en avril, l’Espagne a également vu son taux d’inflation remonter à 8,7 % sur un an en mai. Aux Etats-Unis en revanche, deux récents indicateurs ont pointé un ralentissement de l’inflation au mois d’avril, même si elle se maintient à un niveau exceptionnellement élevé.

L’Insee doit publier mi-juin son estimation définitive de l’inflation au mois de mai. Dans sa dernière note de conjoncture, l’institut anticipait une inflation de 5,4 % sur un an en juin.

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Le PIB s’est contracté de 0,2 % au premier trimestre

Le produit intérieur brut (PIB) s’est finalement contracté de 0,2 % au premier trimestre en France, a encore rapporté l’Insee, révisant à la baisse sa première estimation d’une croissance de 0 % publiée fin avril. Le recul de la consommation des ménages est notamment encore plus marqué que ce qu’avait estimé précédemment l’Institut national de la statistique, le pouvoir d’achat des ménages ayant chuté « nettement » de 1,9 % au premier trimestre, grevé par l’inflation.

Après son rebond de 2021, avec une croissance de 6,8 % (révisée également à la baisse mardi par l’Insee), l’économie française a donc rechuté début 2022, pénalisée à la fois par le variant Omicron et par les répercussions de la guerre en Ukraine, dont la principale est la flambée des prix.

Désormais, l’acquis de croissance en fin de premier trimestre (c’est-à-dire la croissance que l’on obtiendrait en 2022 si l’économie stagnait pendant le reste de l’année) s’établit seulement à 1,9 %, contre 2,4 % estimé jusqu’ici par l’Insee. A ce stade, l’Insee table sur une croissance de 0,25 % au deuxième trimestre, et la Banque de France de 0,2 %.

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Baisse de la consommation pour le second mois consécutif

En parallèle, la consommation des ménages en France a de nouveau chuté en avril, de 0,4 %, même si cette baisse est moins marquée que celle observée en mars (-1,4 % en données révisées), a rapporté mardi par l’Insee.

Ce second mois consécutif de baisse, après le redressement qui avait été enregistré en février (+0,9 %), est principalement dû « au recul de la consommation en biens alimentaires » (-1,1 %), « du fait d’une baisse de la consommation de produits agroalimentaires et agricoles », précise l’Institut national de la statistique.

En mars, la baisse de la consommation alimentaire avait atteint -1,6 %, d’après l’Insee. À l’inverse, la consommation des ménages en énergie a connu un rebond de 0,7 % en avril (après -2,8 % le mois précédent), une reprise attribuée à des températures « inférieures à la moyenne », qui ont entraîné un surcroît de consommation de gaz et d’électricité (+2 %).

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La consommation en carburants continue de chuter

Alors que les prix à la pompe demeurent élevés, en dépit de la prime de 15 à 18 centimes le litre instaurée par le gouvernement, la consommation en carburants a continué de chuter en avril (- 0,9 %). Ce recul est toutefois nettement moins sensible qu’en mars, lorsqu’il avait atteint 4,5 %.

La consommation de biens fabriqués, qui constitue 44 % de la consommation globale, continue quant à elle de baisser, mais à un rythme inférieur à mars (- 0,3 % contre – 0,6 %). En avril, les ménages français ont davantage consommé en habillement-textile (+ 0,5 %), avec notamment une hausse des achats de chaussures, signale l’Institut. Sur les biens durables, la consommation a été portée en avril par les achats d’appareils électroménagers, de produits électroniques et d’équipements de communication, tandis que ceux de meubles ont connu une « nette baisse », d’après l’Insee.

Enfin, par rapport à avril 2021, la consommation des ménages affiche une hausse de 7,2 %, mais cette comparaison est difficilement exploitable dans la mesure où des mesures de confinement étaient en place l’an dernier du fait de la pandémie de Covid-19. La consommation en biens d’habillement/textile en avril 2022 affiche ainsi une hausse spectaculaire de 189,6 % par rapport à la même période de l’an dernier, lors de laquelle les commerces non essentiels étaient fermés. En revanche, la consommation de biens alimentaires a été plus faible ce mois d’avril par rapport à l’an dernier (-3,1 %).

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Le Monde avec AFP



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