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Emmanuel Macron temporise sur la réforme des retraites


Emmanuel Macron, alors candidat à la réélection, lors d’un meeting de campagne, à Strasbourg, le 12 avril 2022.

Calendrier, dispositif, modalités de mise en œuvre… En moins de deux mois, l’exécutif a considérablement changé de discours sur la réforme des retraites, revoyant à la baisse ses ambitions sur ce projet pourtant porté en étendard par Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle. Avec des modifications profondes, tant sur le fond que sur la forme. Avant le premier tour, l’objectif était clair : le président candidat s’était engagé à porter l’âge légal de départ, « progressivement et par étapes, à 65 ans ». Il avait posé le cadre, avec une méthode et un agenda établis : le projet de loi devait faire l’objet d’une concertation avec les partenaires sociaux « dès » son accession au pouvoir, et serait soumis au vote du Parlement « à la fin de l’été ». Pas question de tergiverser.

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Après un premier quinquennat durant lequel il avait dû renoncer à mener à bien un premier projet de réforme – officiellement en raison de la crise liée au Covid-19, mais aussi par crainte de se rendre impopulaire avant le scrutin élyséen –, M. Macron avait affiché sa détermination à aller vite. Le 12 mars, il s’était engagé à faire avancer « rapidement » ce dossier présenté comme « prioritaire ».

Mais depuis le premier tour de la présidentielle, le 10 avril, le chef de l’Etat semble ne faire que reculer. Dès le lendemain, il avait amendé sa proposition, en se disant prêt à « ouvrir la porte » à un report de l’âge de départ à 64 ans. Et en évoquant même la possibilité d’organiser un référendum sur le sujet. Sa réélection, le 24 avril, n’a fait qu’accélérer le rétropédalage. Désormais silencieux sur le sujet, M. Macron ne répète plus qu’il faut « travailler plus longtemps ». Ni qu’il faut « décaler l’âge légal de quatre mois par an », pour le porter « en 2031 à 65 ans », avec un dispositif de « carrières longues » et un autre de « pénibilité ».

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L’ambition initiale semble s’être envolée. La retraite à 65 ans « n’est pas un totem », a assuré la première ministre, Elisabeth Borne, le 22 mai, dans Le Journal du dimanche. Quant à l’ouverture de la concertation avec les partenaires sociaux, elle ne devrait finalement pas commencer avant « septembre » ou « octobre », a annoncé le nouveau ministre du travail, Olivier Dussopt, deux jours plus tard, sur RTL. « Le calendrier est encore en construction », a éludé celui qui multiplie les rencontres avec les représentants des principales organisations syndicales et patronales. Après avoir entamé ce cycle d’entrevues, le 24 mai, avec le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, M. Dussopt doit notamment recevoir le président de l’Union des entreprises de proximité (U2P), Dominique Metayer, mercredi 1er juin, au lendemain d’un rendez-vous avec celui de la CFTC, Cyril Chabanier.

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