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le gouvernement n’exclut pas de mettre à contribution les entreprises


Le ministre français de l’économie, des finances, de l’industrie et du numérique, Bruno Le Maire, à Paris, le 30 mai 2022.

Après des semaines de mesures-chocs pour faire face à la hausse des prix de l’énergie, des carburants et de l’alimentaire, l’exécutif sera-t-il rattrapé par le principe de réalité ? Alors que le gouvernement multiplie les gestes pour rassurer les Français sur leur pouvoir d’achat, à quatre jours du premier tour des élections législatives, la facture pourrait bien être payée en partie par les entreprises, selon nos informations.

La baisse d’impôts de production de 7 milliards d’euros promise par Emmanuel Macron en cas de réélection pourrait faire les frais des nombreuses dépenses imprévues que le gouvernement a dû engager pour atténuer les conséquences de la guerre en Ukraine sur l’inflation.

« Nous supprimerons la CVAE [cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises], ce qui représente 7 milliards d’euros, en plus des 10 milliards d’impôts de production déjà supprimés [depuis 2021] », avait affirmé le chef de l’Etat lors de la présentation de son programme, le 17 mars. Il faisait alors de la mesure « un élément-clé pour la compétitivité de nos entreprises, en particulier dans le secteur industriel ». Baisser les impôts de production est une revendication de longue date du patronat, entamée lors du plan de relance qui a suivi la crise due au Covid-19.

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Le 31 mai, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a confirmé dans Le Figaro que « les baisses d’impôts de production pour les entreprises s’engageront dès 2023 ». Mais sans préciser de chiffre. Même flou dans les propos du ministre délégué aux comptes publics, Gabriel Attal, dans son interview au Monde, mercredi. Et pour cause. « Le montant de 7 milliards n’est pas encore totalement arbitré », explique-t-on à Bercy. « Ce n’est pas décidé : soit on le fait en deux fois, soit d’un seul coup. C’est une question d’équilibre budgétaire, tout est lié », précise-t-on.

Aide spécifique pour les plus modestes

Outre qu’elle signifierait un renoncement aux promesses de campagne faites aux entreprises, une telle décision irait à l’encontre de la philosophie du gouvernement et de la majorité. A Bercy comme à l’Assemblée, on a toujours prôné la nécessité de faire rapidement les réformes liées à la politique de l’offre, afin que celles-ci, qui mettent plus de temps à produire leurs effets sur l’activité et l’emploi, donnent des résultats d’ici à la fin du quinquennat. Problème : alors que le gouvernement doit présenter le 29 juin son projet de loi pouvoir d’achat et le projet de loi de finances rectificative, la facture nécessaire pour éponger le choc de l’inflation sur le portefeuille des Français ne cesse de s’alourdir.

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