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Tchat : « L’usage excessif de la force sur certaines interventions doit pouvoir être reconnu », analyse Jacques de Maillard, sociologue de la police


11:48 Tchat

TCHAT Bonjour Jacques de Maillard, merci de répondre aux questions des lecteurs sur ce sujet sensible. Pourquoi est-il si difficile d’admettre, de la part de la police, que des erreurs fatales sont commises ? Peut-être, parmi les rangs, y a-t-il des voix que l’on entend peu (et j’ai moi-même pu rencontrer des policiers qui allaient dans ce sens), mais l’impression d’une corporation très soudée semble indiquer que le dialogue est compliqué.

Bonjour, reconnaître une faute pour les services de police est toujours compliqué. Souvent, la communication institutionnelle est très prudente, et le fait que les syndicats aient une très forte réactivité en termes de communication contribue également à cadrer les enjeux. Mais il est vrai qu’entre la prudence et le déni, il y a parfois un pas de franchi.

L’usage excessif de la force sur certaines interventions doit pouvoir être reconnu. C’est important en termes de discours public. Surtout, les leçons doivent pouvoir en être tirées en termes de pratiques professionnelles : comment apprendre de ses erreurs.

Sur le deuxième point, vous avez raison de souligner qu’il existe des variations dans les positions en interne, c’est un vrai enjeu pour l’institution et pour les professionnels : sortir de la mentalité de citadelle assiégée, avec une très forte solidarité interne (« on est attaqués de l’extérieur, donc on se défend ensemble »). Le dialogue suppose en effet de sortir de cette logique binaire eux / nous, pour / contre, intérieur / extérieur, qui demeure trop structurante.

Jacques de Maillard (Professeur de sciences politiques à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines) 11:40 Tchat

TCHAT

Bonjour M. de Maillard,
Suite à la condamnation par la CEDH de la France en 2018, pour violation du droit à la vie dans des circonstances « comparables », et s’il est prouvable et prouvé qu’il n’y avait pas de danger immédiat lors de l’interpellation ayant entraîné des tirs, dont un meurtrier, ce samedi, les policiers pourraient-ils ne pas être inculpés ?
Parallèlement, certains partis politiques dits « d’extrême droite » militent pour une présomption de légitime défense des policiers, avez-vous remarqué/ analysé l’évolution de la sémantique journalistique autour de cette question. La multiplication des prises de précaution et d’emploi de formules élogieuses comme « le plus dur métier du monde » concernant la police sont, à mon avis, de plus en plus présentes. L’invitation de syndicats de police placés à droite et l’absence de ceux historiquement à gauche sur les plateaux de télévisions renforcent cette perception toute personnelle.

Sincèrement

Bonjour,

Du côté syndical, on note des voix différentes. Certains sont, en effet, enclins à considérer que le policier a toujours raison, et que les problèmes lui sont extérieurs : le contrôle par la hiérarchie, la justice, la population, etc., et que les policiers exercent le plus dur métier tout en étant « les plus contrôlés ». C’est, bien sûr, un cadrage très limité.

Il existe une vraie difficulté pour une parole syndicale moins polarisante et plus ouverte sur ce que doit être le rôle des policiers dans la société française (comme certains syndicats le portaient traditionnellement).

Côté médias, il y a une plus grande variété de positions, mais la focalisation sur les faits divers et l’événement n’aide pas à la prise de distance. Une actualité chasse l’autre, avec des cadrages alternant trop facilement entre policier « victime » et policier « auteur ». Des questions centrales, comme celles de la déontologie, ne sont pas suivies dans la durée.

Jacques de Maillard (Professeur de sciences politiques à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines) 11:33 Tchat

TCHAT Bonjour, le dernier livre blanc de la police (qui définit les actions futures de la police en France) inquiète énormément et semble considérer tout citoyen comme un potentiel terroriste (cf https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/12/17/le-livre-blanc-de-la-securite-interieure-est-un-reve-policier-orwellien_6063680_3232.html et https://www.interieur.gouv.fr/actualites/actu-du-ministere/livre-blanc-de-securite-interieure ) . Pourquoi la doctrine de la police devient-elle aussi violente envers la société civile ? L’Etat est-il en guerre contre les citoyens ?

Bonjour Avenir,

En France, nous avons une longue tradition d’une police qui a d’abord fondé sa légitimité sur la protection de l’Etat et de ses institutions, plus que sur la sécurité quotidienne des citoyens. Malgré des inflexions (mise en place de dispositifs de proximité, tentatives d’améliorer l’accueil, etc.), c’est une conception encore prégnante.

Sans que l’Etat soit « en guerre » avec ses citoyens ou développe une conception « violente », les responsables politiques et les policiers ont du mal à faire confiance à la population, à adopter une conception plus ouverte et apaisée de la relation entre police et population. C’est pourtant, en effet, un enjeu central pour une police moderne au service du public.

Jacques de Maillard 11:24 Pour approfondir

Incidents au Stade de France : le préfet de police de Paris reconnaît « un échec » et regrette « l’image ébranlée » de la France

11:15 Pour approfondir

Stade de France : comment l’organisation de la finale de la Ligue des champions a viré au chaos

Des centaines d’images amateur collectées par Le Monde montrent l’inadaptation et la désorganisation des dispositifs d’accueil et de sécurité lors de la finale européenne, samedi 28 mai. Elles maintiennent aussi le doute sur les chiffres de fréquentation avancés par le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin.

11:08 Pour approfondir

Jean-Luc Mélenchon et le gouvernement s’affrontent sur la question du maintien de l’ordre après une suite de faits divers

En début de semaine, plusieurs membres de l’exécutif ont dénoncé les propos du dirigeant de La France insoumise, qui a dit que la « police tue », dans le contexte de la mort par balle d’une femme à la suite d’un contrôle à Paris, écrivaient mardi nos journalistes Julie Carriat, Olivier Faye et Laurent Telo.

11:04 Tchat

TCHAT | Posez vos questions à Jacques de Maillard, sociologue de la police, à propos du clivage gauche-droite sur le maintien de l’ordre et la critique de l’action policière

Posez vos questions dès maintenant à Jacques de Maillard, sociologue de la police, qui sera notre invité pour un tchat à partir de 11 h 30 sur la question du maintien de l’ordre en France et de la réactivation du clivage politique autour de la question, à l’aune des récents événements (incidents au Stade de France, tirs mortels à Paris pour « refus d’obtempérer »…).

Jacques de Maillard est professeur de science politique à l’université de Versailles-Saint-Quentin et directeur du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (Cesdip). Il est notamment spécialiste des relations entre police et la population, de la police de proximité, des débats autour de l’utilisation des armes et de la force par la police. Il est également coauteur de l’ouvrage Sociologie de la police (Armand Colin Collection U, 2015).

Afin qu’il nous soit possible de repérer vos interrogations parmi les commentaires, n’hésitez pas à inscrire « TCHAT » en nous écrivant. Merci !

10:36 Pour approfondir

Marine Le Pen semble avoir fait son deuil d’une véritable poussée dans le Sud

Le parti lepéniste, qui avait fait élire cinq députés du nord de la France sur huit en 2017, rêve d’une répartition territoriale équilibrée. C’est compter sans le fort ancrage de Marine Le Pen dans les Hauts-de-France, où la sociologie électorale et les rapports de force internes lui sont favorables.

10:24 Vos questions

Bonjour Le Monde ! Savez-vous à quelle heure débutera l’audition de Mr Lallement ?

Bonjour Quentin !

L’audition du préfet de police de Paris au Sénat, à propos des incidents qui se sont déroulés autour du Stade de France lors de la finale de la Ligue des champions, a débuté il y a quelques minutes. Au début de son intervention, Didier Lallement, a reconnu « un échec ». « J’assume, en totalité, la responsabilité de la gestion policière de la journée du samedi 28 mai. J’en suis le seul comptable opérationnel. Ceux qui ont agi l’ont fait sous ma responsabilité », a-t-il fait savoir.

« C’est à l’évidence un échec », a-t-il ensuite déclaré, mentionnant les personnes « bousculées ou agressées » et « l’image ébranlée » de la France. « C’est une blessure pour moi », a-t-il ajouté.

10:00 Tchat

Tchat à partir de 11 h 30 avec Jacques de Maillard, sociologue de la police, pour aborder le clivage gauche-droite sur le maintien de l’ordre et la critique de l’action policière

A partir de 11 h 30, nous accueillerons Jacques de Maillard, sociologue de la police, pour un tchat sur la question du maintien de l’ordre en France et de la réactivation du clivage politique autour de la question, à l’aune des récents événements (incidents au Stade de France, tirs mortels à Paris pour « refus d’obtempérer »…).

Posez dès à présent vos questions à Jacques de Maillard, professeur de science politique à l’Université de Versailles-Saint-Quentin et directeur du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (Cesdip). Il est notamment spécialiste des relations entre police et la population, de la police de proximité, des débats autour de l’utilisation des armes et de la force par la police. Il est également coauteur de l’ouvrage Sociologie de la police (Armand Colin Collection U, 2015).

Afin qu’il nous soit possible de repérer vos interrogations parmi les commentaires, n’hésitez pas à inscrire « TCHAT » en nous écrivant. Merci !

09:51 Pour approfondir

Un défi pour Richard Ferrand dans le Finistère

Prétendant à sa succession dans la 6e circonscription du département breton, le président de l’Assemblée nationale devra affronter douze candidats. Dans ce territoire rural, chacun se bat pour avoir la possibilité de faire tomber de son perchoir ce baron de la  Macronie.

09:10

Olivier Dussopt répond à Jean-Luc Mélenchon sur les chiffres de l’emploi : « Il s’était pris pour la République, maintenant il se prend pour l’Insee »

« Nous sommes dans une bonne situation. » Invité de LCI jeudi matin, le ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion s’est félicité des chiffres de créations d’emploi publiés à l’aube par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). L’institution a annoncé qu’au premier trimestre 2022 il y a eu 69 500 créations nettes d’emploi. « Entre avant la crise Covid et aujourd’hui, la France compte 750 000 emplois supplémentaires », a salué Olivier Dussopt, pour qui le taux d’emploi est « historiquement élevé ».

Le ministre, également candidat aux législatives dans l’Ardèche, a répondu aux accusations de Jean-Luc Mélenchon. Pour le chef de file de La France insoumise (LFI), « le chômage est masqué par le recours à l’apprentissage ». « Madame Salamé, dites à vos auditeurs que le chômage a baissé parce qu’on inscrit 900 000 postes nouveaux, qui sont en fait les contrats des jeunes apprentis, qui sont des apprentis, pas des embauchés ! (…) Le chômage est à son plus haut niveau, le chômage réel », a-t-il déclaré sur France Inter mardi matin. Une accusation que conteste M. Dussopt.

« M. Mélenchon s’était pris pour la République, maintenant il se prend pour l’Insee. Il dit des choses fausses, le chômage baisse, nous créeons des emplois », a-t-il défendu. Il a rappelé que sous le dernier quinquennat « nous sommes passés de 300 000 à 700 000 apprentis par an, et l’objectif est d’attindre un vrai emploi ». Pour M. Dussopt, le leader « insoumis » fait preuve d’un « mépris abyssal. C’est phénoménal d’avoir été ministre à l’enseignement professionnel sous Lionel Jospin [2000-2002] et de dire maintenant à des apprentis qu’ils n’occupent pas un vrai emploi ».

Le nombre des contrats d’apprentissage a, en effet, explosé durant le premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Selon la direction de l’animation, de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère du travail, 731 000 nouveaux contrats d’apprentissage dans le secteur privé et public ont été signés en 2021, contre 289 000 en 2016.

Cette forte hausse s’explique par différentes réformes : aides financières aux apprentis, soutien renforcé à l’embauche et mesures visant à simplifier le recours à l’apprentissage pour les employeurs. Le très coûteux plan « 1 jeune, 1 solution », mis en place en pleine crise sanitaire, en juillet 2020, prévoit notamment de verser une aide exceptionnelle (entre 5 000 et 8 000 euros) aux employeurs qui recrutent un apprenti.

Et depuis un changement méthodologique, l’Insee a revu très fortement à la hausse les créations d’emploi entre la fin de 2019 et la fin de 2021 pour y inclure les alternants, ce qu’elle ne faisait pas jusqu’à présent. « Or, les alternants relèvent sans ambiguïté de l’emploi, selon les définitions du Bureau international du travail (BIT) », explique l’Insee dans un communiqué. Au total, au premier trimestre 2022, l’emploi salarié dépasse de 3,6 % (soit + 724 900 emplois) son niveau d’un an auparavant. « Près d’un tiers de cette hausse sur un an s’explique par le dynamisme des contrats en alternance, notamment en apprentissage », explique ainsi l’Insee.

09:07 Pour approfondir

Pour Bercy, « le montant de 7 milliards n’est pas encore totalement arbitré »

Selon les informations recueillies par Le Monde, la baisse en une seule fois des 7 milliards d’euros d’impôts de production en 2023 n’est plus certaine, face aux nombreuses dépenses imprévues que le gouvernement a dû engager pour atténuer l’inflation.

08:47

Elu député, Eric Zemmour interdirait aux associations « LGBT, féministes, antiracistes et autres » d’intervenir à l’école

« Mais vous n’avez pas honte ? », a lancé la journaliste Apolline de Malherbe à Eric Zemmour sur RMC et BFM-TV, après avoir lu un passage de la « lettre aux parents français » publiée par l’ancien candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle dans Le Figaro. « J’ai appris que les femmes sont les victimes des hommes, qui sont tous des violeurs. J’ai aussi appris que je peux changer de sexe si je veux, parce qu’on ne naît ni fille ni garçon », y écrit notamment l’ancien journaliste. « Ce n’est pas une caricature, ça ? », a insisté Mme Malherbe.

« J’ai suivi la scolarité [des enfants], j’ai vu les programmes, j’ai vu ce qu’on leur apprenait et je vous assure que cette caricature n’est pas très loin de la réalité », a maintenu M. Zemmour. Selon lui, toute une partie des jeunes adultes sont « endoctrinés à l’antiracisme. Ils sont endoctrinés au féminisme par les associations LGBT, à l’écologie. Il y a tout un courant progressiste. En vérité, la gauche veut que nos enfants soient des militants de gauche ». M. Zemmour sort de ce raisonnement ceux qui l’ont rejoint ou soutiennent l’extrême droite, qui « ont du mérite ». La première proposition de loi que porterait Eric Zemmour s’il était élu à l’Assemblée nationale contiendrait une mesure interdisant aux associations « LGBT, féministes, antiracistes et autres, les Traoré et les Thuram » d’intervenir en milieu scolaire.

08:16

Amélie de Montchalin : « Jean-Luc Mélenchon cherche des coupables, il fait de la com, il fait finalement presque du greenwashing écologique »

Amélie de Montchalin a commenté sur LCP, ce matin, le rejet par le Parlement européen, hier, d’un texte central du plan climat de l’Union européenne concernant le marché carbone – notre journaliste Virginie Malingre en explique les ressorts dans cet article. « Nous ne transigerons pas avec nos objectifs, ce n’est pas la fin de l’histoire », a affirmé la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en déplorant une « alliance contraire » ayant résulté à ce rejet, entre l’extrême droite et « une gauche qui veut que tout, tout de suite, soit arrêté » sans tenir compte, selon Mme de Montchalin, de la réalité de la difficulté de la transition pour certains secteurs économiques. « Il faut que l’on renégocie, pour qu’on se mette d’accord sur un texte », assure la ministre, pour atteindre la neutralité carbone en 2050 en France. Amélie de Montchalin, elle-même candidate aux élections législatives en Essonne, a ensuite critiqué le programme de Jean-Luc Mélenchon :

Mon engagement, c’est que la transition écologique ne se fera que si 66 millions de Français peuvent la faire, sont accompagnés pour la faire. (…) C’est un projet très différent de celui de Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon cherche des coupables, il fait de la com, il fait finalement presque du greenwashing écologique. Il passe son temps à dire : “L’écologie, ça se résoudrait en un claquement de doigt en quelques jours.”

Notre journaliste Audrey Garric revient plus en détails, dans l’article ci-dessous, sur le détail des textes examinés, hier, par le Parlement européen :

07:53

Au programme aujourd’hui

  • Emmanuel Macron et Gérald Darmanin sont dans le Tarn, ce matin, à Gaillac, puis à Puycelsi, pour annoncer la création de trois nouvelles brigades de gendarmerie dans le département et aborder les questions de sécurité rurale.
  • France 2 diffuse, jeudi soir, la première grande soirée de débat de la campagne pour les élections législatives, avec des représentants des principales formations politiques.
  • Les déplacements de campagne se poursuivent partout en France : Elisabeth Borne sera dans les Côtes-d’Armor, puis dans la Manche, pour soutenir des candidats Ensemble ! et ira ensuite dans le Calvados, où elle souhaite être élue. Marine Le Pen est dans l’Hérault pour soutenir les candidats Rassemblement national.

07:32 Pour approfondir

« Notre pays a besoin de quoi ? De stabilité et d’ambition »

A quelques jours du premier tour des élections législatives, le chef de l’Etat s’est adressé à la jeunesse, mercredi, renvoyant dos à dos le Rassemblement national et la Nupes.

07:30

Bienvenue dans notre direct sur l’actualité politique

Bonjour et bienvenue dans ce direct consacré à la campagne des élections législatives, à quatre jours du premier tour. Comme vous en avez pris l’habitude depuis janvier, n’hésitez pas à nous envoyer vos questions et vos remarques.



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