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Le business américain dans l’arène politique



Le business américain dans l'arène politique

Depuis que, le 2 mai, le média Politico a fait fuiter que la Cour suprême s’apprêterait à annuler l’arrêt Roe contre Wade qui, depuis 1973, est garant du droit à l’avortement aux Etats-Unis, des grandes firmes ont décidé de se mobiliser. Apple, Amazon, Citigroup, Levi Strauss ont annoncé qu’elles incluront dans la couverture santé de leurs employés un remboursement des frais de voyage et soins médicaux pour leurs salariées vivant dans des Etats restreignant ou interdisant l’avortement. Des mesures accompagnées de déclarations fortes. « Une journée effrayante pour les femmes », a écrit, le 3 mai, Sheryl Sandberg alors directrice des opérations de Facebook.

Vues d’Europe, ces prises de position interrogent. Quel intérêt peut pousser des grandes marques à sortir de leur rôle consistant à faire prospérer leurs affaires pour prendre parti dans des débats de société? Aux Etats-Unis contrairement à la France, les sociétés peuvent financer sans limites les partis et campagnes politiques, et ne s’en privent pas. Mais leur motivation dépasse ce cadre. « Elle tient en deux mots: la pression de leurs clients et de leurs employés », résume Jean-Louis Gassée, le fondateur d’Apple France, fin observateur des mœurs de la Silicon Valley, où il vit depuis trente ans. Une injonction favorisée par l’essor des réseaux sociaux, devenus une arène politique.

Réaction contre Trump

C’est la campagne présidentielle de 2016 menée par le très clivant Donald Trump qui a enclenché le mouvement. Vent debout contre le projet de « registre des musulmans » américains qu’il proposait, 1.400 salariés de la tech, chez Google, Apple, Amazon et Microsoft, signent le Never Again Pledge, s’engageant à refuser de coopérer à des collectes de données basées sur la race ou la religion. En mars 2018, la révélation d’un partenariat de Google avec l’armée américaine pour fournir un outil de surveillance de masse soulève la révolte dans le groupe californien: 4.000 salariés appellent à mettre fin à ce contrat secret, qui ne sera pas renouvelé.



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