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12 mois avec sursis requis en appel pour avoir menacé une journaliste


Le ministère public a requis lundi 13 juin à Rennes une peine de douze mois avec sursis en appel à l’encontre d’un homme condamné pour avoir harcelé sur internet la journaliste Nadia Daam en raison d’une chronique qui l’avait déplu. En 2019, il avait été condamné par le tribunal correctionnel de Rennes à cinq mois de prison avec sursis pour menace de crime et 2500 euros pour préjudice moral, une peine inférieure d’un mois aux réquisitions du parquet.

En novembre 2017, sur Europe 1, Nadia Daam avait qualifié un forum de «poubelle à déchets non recyclables d’internet», déclenchant un déferlement de messages haineux, dont celui du prévenu, Charlie Vidal, 31 ans aujourd’hui. Interrogée par la Cour, la journaliste, qui travaille désormais sur Arte, a indiqué que «tout avait changé» après ces attaques en ligne. «J’ai reçu des centaines de messages, des menaces de mort, des photomontages en train de me faire égorger ou violer, avec le nom et l’identité de ma fille», a-t-elle dit, émue. «Je ne travaille plus pareil, ça m’a ôté une partie de ma liberté», a-t-elle confié, rappelant en outre qu’elle avait dû déménager après ces menaces.

«Petite caste bourgeoise journalistique parisienne»

À la barre, le prévenu, cheveux bruns coupés courts et teint pâle, qui reconnaît avoir écrit «ces propos ignobles au summum du morbide», s’en est pris «au message qui prétend être humoristique» de la chronique mais qui est «l’expression d’une haine de caste venue de cette petite caste bourgeoise journalistique parisienne». «J’ai un sens littéraire très développé, j’écris beaucoup par ailleurs. Les artistes fonctionnent beaucoup par pic émotionnel», a dit le prévenu, parlant parfois de lui à la troisième personne et disant avoir voulu incarner «un déchet non recyclable sadien».

Évoquant la crise des «gilets jaunes» et la vaccination pour lutter contre le Covid-19, le prévenu a estimé que la «caste médiatique (…) ne mesure toujours pas la souffrance accumulée de ceux qui ne peuvent rien dire et qui finit par exploser». Lors de son réquisitoire, l’avocat général s’est ému que le prévenu soit assistant d’éducation dans un établissement du centre-ville de Rennes. «Surveillant dans un collège! Ce n’est pas possible en fait! Qu’est-ce qu’on va dire de l’institution judiciaire?», a tonné l’avocat général Stéphane Cantero, soulignant les efforts faits par le rectorat pour lutter contre le cyber-harcèlement et demandant notamment une interdiction de profession au contact des mineurs. Le délibéré sera rendu le 24 aout à 14h00.



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