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Visite du salon Eurosatory 2022.


Mesdames et Messieurs les ministres, 
Mesdames et Messieurs les ambassadeurs, 
Mesdames et Messieurs les officiers généraux, 
Monsieur le préfet, 
Mesdames et Messieurs les élus, 
Mesdames et Messieurs les dirigeants d’entreprise. 

Depuis 4 mois, une guerre de haute intensité s’est engouffrée sur le sol européen, et avec elle, son cortège de sang et d’angoisse. Je n’ignore pas que pour beaucoup d’entre vous ici, venus de pays qui n’ont pas ou plus la chance d’être en paix, ce sont des réalités quotidiennes. Mais les scènes terribles du conflit ukrainien, de ce peuple qui lutte pour la défense de son territoire, 
et tout simplement pour sa survie, font ressurgir à nos yeux d’Européens des images du passé et d’un passé que nous croyions tous révolu. Ces circonstances évidemment président à ces rencontres, à vos travaux, à nos travaux, à nos échanges. 

Elles sont d’autant plus cruelles que la pandémie de Covid-19 qui continue de sévir à de nombreux endroits du globe a profondément endeuillé nos populations, bousculé nos réseaux économiques, et là aussi, remis en cause nombre de certitudes. Alors vous le comprenez, si j’ai souhaité inaugurer parmi vous cette édition 2022 du salon Eurosatory, c’est évidemment pour marquer l’importance de celui-ci dans le moment que nous vivons, et pour vous saluer, vous, les milliers de femmes et d’hommes qui travaillez sur l’ensemble de ces stands, ainsi que les visiteurs, industriels, responsables de startup, chercheurs qui y participez. Mais c’est également pour mettre à l’honneur les compétences et les savoir-faire que vous représentez. 

Car Eurosatory est bien plus qu’un laboratoire d’innovation militaire, qu’une grand-messe industrielle ou qu’une vitrine d’avancées technologiques : c’est un symbole de notre ambition stratégique. C’est une condition de notre souveraineté nationale. C’est une conception de notre souveraineté européenne, et en étant devant vous aujourd’hui, c’est d’abord et avant tout une marque de confiance à l’égard de nos armées, et je sais combien, en particulier pour notre armée de terre en ces jours, et pour l’ensemble de nos armées, nos industriels sont pleinement mobilisés. Confiance également à l’égard de nos forces de sécurité intérieure qui utilisent massivement nombre des technologies et innovations qui sont les vôtres ; confiance à l’égard des industriels, innovateurs, chercheurs que vous êtes. 

Cette confiance, elle s’inscrit dans un contexte inédit, et je pense que nous devons tous, à cette occasion et dans les temps qui viennent, en tirer les conséquences, celle aussi d’une entrée dans une économie de guerre, dans laquelle, je le crois, nous allons durablement devoir nous organiser. C’est-à-dire aussi une économie dans laquelle il faudra aller plus vite, réfléchir différemment sur les rythmes, les montées en charge, les marges, pour pouvoir reconstituer plus rapidement ce qui est indispensable pour nos forces armées, pour nos alliés ou pour celles et ceux que nous voulons aider. Une économie au fond, dans laquelle on ne peut plus vivre au même rythme, avec la même grammaire d’il y a un an. Tout a changé. Ce changement, ce n’est pas simplement l’Etat ou les Etats qui peuvent en subir les conséquences, ce sont tous les acteurs de la filière, avec évidemment des commandes supplémentaires. La France n’a pas attendu la guerre, j’y reviendrai, partout en Europe et dans le monde. L’exigence sera plus ambitieuse, pour aller plus vite, plus fort, au moindre coût, pour innover plus rapidement. Et donc, vous l’avez compris, ma présence est aussi une marque d’exigence. 

Alors, je le disais, il n’y a pas de sécurité nationale, pas d’autonomie stratégique, donc pas de paix, sans des armes terrestres et une trésorerie adaptée. Il nous revient collectivement d’armer physiquement nos soldats et aussi de les armer de confiance : ils doivent pouvoir se reposer à la vie et à la mort sur leur matériel. C’est le cas, je le sais, parce que ces équipements naissent d’une étroite collaboration entre les opérationnels des armées, leur état-major, notre direction générale pour l’armement et notre industrie. Je crois que c’est d’ailleurs la force historique du modèle français, ce caractère organique, ce lien continu, qui a pu inspirer beaucoup de nos partenaires européens, de nos alliés, de partenaires à travers le monde et qu’il nous faut renforcer. Pour ne prendre qu’un exemple, nos véhicules issus de l’opération Scorpion ou bien les nouveaux casques, treillis, fusils, gilets pare-balles de nos fantassins, sont le fruit de cette intimité, si je puis dire, de chaque jour. 

C’est aussi pourquoi, dès 2017, la France a pris ses responsabilités pour rééquiper les armées françaises, à la fois à hauteur d’homme et à hauteur stratégique, je l’ai toujours dit et je crois que ça correspond à votre ambition et à ce que ce salon montre très bien. Nous n’avons pas attendu les changements géopolitiques pour investir et pour nous doter d’une loi de programmation militaire inédite et surtout pour la respecter au centime près année après 
année, ce qui fait que nous avons réparé beaucoup des fragilités qui étaient les nôtres précédemment. Mais grâce à la loi de programmation militaire, à sa conception et surtout à sa mise en œuvre, nous avons pu être au rendez-vous des exigences légitimes de nos soldats, à hauteur d’homme, mais aussi nous réadapter aux défis stratégiques, innover encore davantage avec vous toutes et tous, rattraper dans certaines catégories du jeu une part de notre retard ou la totalité de celui-ci et gagner en avance sur d’autres parties du jeu. J’y voyais là une question de cohérence, de justice, pour ajuster les moyens aux menaces et quand les menaces augmentent, ce qui était déjà le cas dès 2017, les moyens doivent suivre. Très clairement, j’ai demandé au ministre et aux chefs d’état-major des armées de pouvoir mener dans les semaines qui viennent, une réévaluation à l’aune du nouveau contexte géopolitique, de cette loi de programmation. Ce travail donnera lieu, et j’y reviendrai dans quelques semaines, à une nouvelle planification de nos travaux et à un investissement dans la durée, clair et fort de la nation, pour pouvoir accompagner ces bouleversements du monde, consolider notre modèle d’armée complète, mais aussi nous positionner encore plus fortement sur l’évaluation à la fois de la menace, mais également des réalités que nous sommes en train de vivre, aussi bien sur le théâtre sahélien que dans cette guerre de haute intensité revenue sur le sol européen. 

En tant que chef des armées, j’ai mis un point personnel à combler les lacunes en matériel, en munitions, en capacités opérationnelles, à relancer le dialogue entre l’Etat et l’industrie d’armement et à élargir cette problématique à l’Europe. Depuis 5 ans, nous avons beaucoup fait sur ce point et il nous reste, vous l’avez compris, beaucoup à faire pour nous adapter aux 
transformations profondes que nous sommes en train de vivre. Et pour qui douterait de l’urgence de ces efforts, il suffit de regarder une fois encore vers l’Ukraine, dont les soldats réclament un armement de qualité et qui sont en droit d’avoir une réponse, là aussi de notre part. Nous tirons donc toutes les leçons des dernières années, de ce qu’il se passe en Ukraine et de ce que nous voyons évoluer aussi partout à travers le monde. L’armement de demain sera encore plus performant, et c’est une progression constante vers la perfection à laquelle nous sommes les uns et les autres condamnés compte tenu de ce que j’évoquais, de ce pacte de confiance avec nos soldats. 

Je sais combien les matériels français sont en avance sur ce sujet. Le succès exceptionnel que vous rencontrez à l’export, malgré une concurrence de plus en plus rude et une régulation stricte pour respecter nos engagements internationaux, en est la preuve éclatante et je veux vous en féliciter. Vous savez aussi l’engagement qui est le mien à vos côtés, les partenariats stratégiques que nous avons su nouer, et je vois ici beaucoup de représentants militaires ou diplomatiques de beaucoup de pays amis auprès desquels nous avons un engagement de plusieurs décennies, parfois auprès desquels nous nous sommes réengagés récemment de l’Irak jusqu’à la Grèce, la Croatie, des Émirats arabes unis jusqu’à beaucoup d’autres, nos prospects à l’export ont montré une force inédite : nous devons encore la consolider et nous continuerons de le faire. 

Cette excellence est stimulée aussi par l’émulation de l’industrie de l’armement européen, qui est là encore un motif de fierté. Et nos champions sont très bien intégrés : KNDS qui travaille sur le projet de char du futur en est un exemple, avec Airbus, MBDA, Thalès, Safran, pour citer les plus emblématiques. Nous avons également des coopérations d’exception avec la Belgique pour notre programme de combat motorisé, ainsi qu’avec la Suède, notre partenaire dans la société Arquus. Mais nous pouvons aller plus loin encore vers la souveraineté européenne, développer plus de projets communs, améliorer nos échanges à travers le monde. Là aussi, je veux être très clair : nous sommes à la veille de transformations profondes. 

Je le disais en commençant mon propos : nous entrons dans une économie de guerre, ce qui est un changement pour beaucoup d’entre nous, soyons lucides. Cela va nous obliger à investir davantage pour les États, à être plus exigeants avec les industriels ; pour ces derniers, à être encore plus innovants, plus rapides ; à changer parfois le mode de relations pour pouvoir répondre beaucoup plus rapidement aux besoins et aider à avoir des équipements qui correspondent aux besoins parfois de court terme de l’armée. À sortir de certains modèles que nous connaissions historiquement pour réussir à équiper certains de nos partenaires beaucoup plus rapidement ; à savoir penser de manière plus adaptée dans des modes parfois dégradés ; à garder ce qui est une force d’ailleurs de nos armées, ce mariage entre l’extrême innovation et la rusticité, entre des programmes de moyen long terme, mais que nous allons regarder à l’aune justement de ce que nous enseignent les nouveaux théâtres d’opérations ; mais aussi à la capacité à délivrer beaucoup plus rapidement et en souplesse. 

Mais nous allons aussi avoir à nous réorganiser en européens. Soyons lucides sur nous mêmes : l’Europe s’est longtemps pensée comme un marché. Vous m’entendez depuis 5 ans, dire qu’elle doit repenser sa souveraineté, sa force. Nous avons commencé à le faire, je m’en félicite. Nous devons aller beaucoup plus loin, et à cet égard, ce que la Commission européenne nous a proposé il y a quelques jours va dans le très bon sens. Je me félicite que beaucoup de Nations européennes, qui vont elles-mêmes financer massivement et repartir de l’avant, soient là. Mais ne repartons pas de l’avant pour reproduire les erreurs du passé : dépenser beaucoup pour acheter ailleurs n’est pas une bonne idée. Nous devons dépenser beaucoup, mais nous devons penser une stratégie industrielle et d’innovation européenne, parce que c’est bon pour nos industries et nos industriels, c’est bon pour l’emploi dans nos pays, c’est bon pour avoir une capacité d’innovation duale dont notre économie a besoin, et c’est bon pour notre souveraineté stratégique. 

Nous avons besoin de renforcer une industrie et une base industrielle et technologique de défense européenne, beaucoup plus forte, beaucoup plus exigeante. Je serai intraitable sur ce sujet. Sinon, nous construirons les dépendances de demain dans un monde géopolitique où ce que nous croyions impensable naguère est à peu près arrivé à chaque fois, ayons beaucoup d’humilité sur ce sujet. Bâtissons ce socle de souveraineté et d’indépendance européenne, française si on le peut, avec des partenariats que je souhaite à travers le monde, et je vois beaucoup de non-européens ici. J’aime construire les partenariats que je choisis ; j’aime moins les dépendances que nous avons massivement et méthodiquement parfois, 
préparées. Restons vigilants dans cette période qui va imposer, pour beaucoup d’entre nous, de changer les logiques ; parce que si nous voulons bâtir cette base industrielle européenne, il va falloir accepter plus de coopération et il va falloir aussi accepter de davantage standardiser notre offre. 

Je regarde, là aussi, avec beaucoup de lucidité ce qu’est la réalité du marché européen et du marché américain : le second investit plus que nous, mais il a une offre beaucoup plus simplifiée. Ce n’est pas vrai que nous saurons faire mieux, même en investissant beaucoup plus, pays européen par pays européen, si nous gardons les mêmes divisions. Il nous faudra 
donc rentrer dans des logiques, auxquelles parfois nous avons été réticents, mais qui doivent conduire à simplifier notre offre collective pour bâtir des vraies offres européennes, une vraie standardisation européenne : c’est la clé pour investir massivement, pour être au rendez-vous, en particulier, face aux transformations du cyber, face aux transformations dans le spatial, dans le maritime, mais aussi sur beaucoup des sujets que nous évoquerons ces jours-ci, et qui font partie du salon, si nous voulons être compétitifs. 

La confiance avec laquelle je viens devant vous aujourd’hui, les réinvestissements qui sont des bonnes nouvelles, vont de pair avec cette réflexion sur l’économie de guerre et tout ce qu’elle emporte, et également sur une organisation beaucoup plus européenne, et l’exigence qui va avec. Le secteur dont vous êtes les ambassadeurs est un secteur d’avenir, parce qu’il sait et qu’il a fait siens des enjeux considérables qui n’étaient pas forcément, au cœur de votre 
secteur, mais vous vous y êtes progressivement adapté et je veux avant de terminer insister sur ce point. Il s’agit très clairement de la croissance durable, l’innovation pilotée par vous, souvent inspirée par des opérationnels même, aussi bien au sein des grands groupes que dans les startups, bien placés pour donner leur avis sur des produits qu’ils expérimentent au quotidien comme je l’évoquais tout à l’heure, qui a permis d’avoir pour tout le secteur un temps d’avance stratégique, et c’est crucial. 

A cet égard, beaucoup d’entre vous sont là pour consacrer à la force de cette innovation et je veux saluer ici le prix GICAT de l’innovation et la jeune société lauréate de cette année. Bravo à elle, à sa fondatrice, bravo aussi à toutes les équipes. Je saluais le rôle de la DGA, je veux aussi insister sur le rôle de l’Agence de l’innovation de défense et du Fonds innovation défense, qui identifient, aident, nos innovateurs et nos entrepreneurs. Il y a eu une mue collective du secteur ces dernières années sur ce sujet dont je veux vous féliciter parce que c’est essentiel pour répondre aux défis que j’évoquais, et c’est essentiel aussi pour le reste de l’économie. Je crois beaucoup à cette force d’un modèle dual et vous êtes en train, évidemment, de le démontrer pleinement. 

Mais vous êtes en train aussi, collectivement, avec beaucoup de vélocité et d’adaptabilité, de prendre en compte l’enjeu de croissance durable, d’environnement. Je suis heureusement impressionné de constater à quel point tous ces sujets écologiques sont pris en compte dans votre secteur, qu’il s’agisse de résoudre les crises environnementales avant qu’elles ne dégénèrent en crise sécuritaire, d’inventer des solutions d’autonomie en énergie, de traitement de déchets, de décontamination, de logistique, d’infrastructures basse consommation et je vous encourage à continuer d’aller de l’avant. Vous pourrez vois au salon un démonstrateur, HELPED, qui regroupe 55 sociétés dédiées à ces sujets, qui sont une marque forte. 

Tout cela me conduit à vous dire très clairement — puisque vous avez compris que j’ai été plutôt dans l’optique de vous faire un discours de franchise et de sincérité — que j’entends des voix qui s’élèvent et qui parfois jettent le doute sur le secteur avec, je dois le dire, une forme parfois de complexité qui m’échappe dans certains esprits. Au moment où on dit tous « il faut réarmer, il faut nous protéger, la guerre revient en Europe », j’entends des voix qui jettent le doute en disant que ce secteur est un peu compliqué, que la taxonomie n’est pas favorable, qu’on ne vous conseille pas forcément d’aller investir dans le secteur de la défense. Bon, les gens qui disent ça, très sincèrement, sont des esprits compliqués. Quand les temps deviennent durs, pardon de préférer les esprits simples. On a besoin de tenir ensemble tous nos objectifs : on a passé des mois à bâtir une taxonomie, donc parce que le secteur prend en compte de manière industrielle et citoyenne, j’ose le dire, à l’échelle nationale comme européenne, la complexité de tous ces défis ; la taxonomie européenne ne peut, ni ne doit, disqualifier nos industriels, ou seulement même les mettre en difficulté. Nous ne pouvons pas laisser ceci avancer. 

Donc, vous m’aurez à vos côtés, à la fois vis-à-vis des jeunes ingénieurs, des cadres, des apprentis de tout le secteur qui doivent, évidemment face à tous ces défis, continuer à rejoindre vos entreprises, des start-ups aux grands groupes, à nos laboratoires publics ou privés de recherche. C’est une industrie d’avenir, ce sont des industries d’avenir qui doivent continuer à rester attractives, mais vous m’aurez à vos côtés pour convaincre les investisseurs du monde entier, évidemment, de rejoindre ce secteur et d’avancer. J’estime à cet égard que la boussole stratégique que nous avons voulu porter, en particulier en franco-allemand, est un succès collectif pour notre défense européenne, est un jalon essentiel et doit aussi être un élément de cohérence de notre avancée. Oui, nous sommes une Europe exigeante sur le plan écologique et énergétique, avec une stratégie, en bon français, Fit for 55, et à côté de ça, une Europe qui est sortie de la naïveté, qui croit en son industrie de défense et qui réinvestit pour ses armées, mais pour avoir aussi une base industrielle et technologique de défense européenne. 

Cet « en même temps », comme on dit ici, est un en même temps d’avenir. C’est d’ailleurs, permettez-moi de le dire, le seul qui nous bâtisse un véritable avenir. Quel serait le modèle de défense qui ferait fi de l’écologie ? Aucun. Mais qu’est-ce que serait un modèle où l’Europe se met aux avant-postes de la transition écologique et environnementale pour y sacrifier sa base industrielle et technologique de défense ? Nos citoyens, à juste titre, se retourneraient vers nous en disant « vous avez fait de drôles de choix, nous on a fait des économies en matière de CO2 et vous avez acheté davantage de matériel grâce à vos investissements décidés chez les copains qui ne les faisaient pas ». Non. Donc on fera les deux, avec beaucoup de clarté. Mais vous l’avez compris, j’attendrai dans ce contexte beaucoup de vous aussi. 

Vos innovations, enfin, enrichissent tout le secteur de la sécurité en matière de connectivité et de réseau, de tranquillité des grands rassemblements, de cybersécurité, de lutte anti-drones ; autant de technologies qui sont essentielles pour nos forces armées mais nos forces de sécurité intérieure aussi, à qui je veux également rendre hommage, et autant de technologies où nous investirons massivement pour être au meilleur niveau pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. Je félicite ici les exposants qui nous présentent cette année des innovations brillantes dans des domaines critiques que sont les systèmes de commandement ou de supervision. Là aussi, ce sont des vraies révolutions auxquelles nos sociétés collectivement vont s’adapter et qui vont nous permettre d’organiser très différemment les choses. 

Avant d’aller à votre rencontre, il me reste à vivement remercier les équipes du GICAT, son président, Marc DARMON, pour l’organisation de cette édition d’Eurosatory, et l’ensemble des parties prenantes qui ont permis ce travail et qui surtout, tout au long de l’année, nous permettent d’avoir des armées plus fortes, des industriels plus innovants et qui mobilisent l’ensemble de l’écosystème. Je remercie aussi beaucoup le CEMA et le DGA pour ce travail conjoint, si je puis dire, avec cette unité. Malgré les difficultés de la pandémie, vous avez réussi à monter cet événement, sans équivalent ou presque dans le monde et qui n’avait pas eu lieu depuis 2018, dont j’ai hâte de parcourir les allées pour visiter quelques-uns de vos stands. Chacun d’entre nous parle d’excellence opérationnelle, de performance économique, de capacité d’innovation, et c’est tout cela que nous aurons à porter aussi en Européen. Je le dis à quelques jours de la fin de notre présidence de l’Union européenne, : là aussi le conflit nous dicte qu’aujourd’hui nous devons aller plus loin dans la maîtrise du destin partagé. L’heure est à la mise en place, au-delà de tout ce que j’ai pu dire, et en plus, d’une préférence européenne pour construire, lorsque cela sera nécessaire et possible, des mécanismes rationnels d’acquisition capacitaires communes. Il n’y a pas de formule magique pour la paix, mais il y a beaucoup d’exigences pour bâtir cette souveraineté collective. 
Voilà les quelques mots que je voulais avoir avant de vous rejoindre, de parcourir ce salon avec vous, mais au-delà de cela, vous l’avez compris, dans les semaines, les mois et les années qui viennent, pas simplement de continuer à porter l’ambition que nous portons ensemble depuis cinq ans, non, à aller beaucoup plus loin et beaucoup plus fort parce que le contexte géopolitique nous y oblige. Notre monde est en désordre : il nous faut donc être plus forts pour tenir la paix, tenir l’Europe et tenir notre pays. Nous serons au rendez-vous, nous prendrons les décisions, les investissements et nous aurons aussi les exigences qui vont avec. 

Vive la République et vive la France !



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