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Après les années Covid, le vrai visage du nouveau bac


Quelque 500.000 lycéens vont plancher ce mercredi sur la philosophie, mais elle a perdu son aura et ne marque plus le coup d’envoi de l’examen.

Jour J pour 523 199 candidats au bac 2022: ce mercredi a lieu l’épreuve de philosophie des baccalauréats général et technologique. Jusqu’en 2019, cette matière ouvrait traditionnellement le bal d’une petite dizaine d’épreuves. Puis le Covid-19 et la réforme du bac ont tout balayé. En 2020, aucune épreuve terminale n’a eu lieu en raison de la crise sanitaire. En 2021, année de la réforme, les épreuves terminales ont disparu au profit d’une seule épreuve écrite, la philosophie, d’un grand oral et d’une part de contrôle continu. Les épreuves de spécialité prévues dans cette réforme n’ont pu avoir lieu, là encore à cause du coronavirus. En outre, l’épreuve de philosophie avait été «aménagée»: quatre sujets étaient proposés aux élèves au lieu de trois, et la note obtenue n’était retenue que si elle était égale ou supérieure à la moyenne de l’élève en contrôle continu dans cette matière.

Cette session 2022 n’est pas totalement épargnée par les conséquences de la crise sanitaire. Ainsi, les épreuves de spécialité ont bien eu lieu, mais elles ont été décalées du mois de mars au mois de mai. Par ailleurs, les élèves de première présenteront à l’oral anticipé de français un nombre réduit de textes. En revanche, tout est revenu à la normale pour l’épreuve écrite anticipée de français, ce jeudi, et la philosophie, ce mercredi. Seul aménagement: la possibilité de présenter une pièce d’identité expirée depuis moins de cinq ans, en raison des délais de délivrance des titres d’identité, particulièrement longs en ce moment. «On se rapproche d’une forme de normalité», se réjouit le directeur de l’IEP de Lille, Pierre Mathiot, chargé de la dernière réforme du lycée et du bac. «En 2023, avec deux ans de retard, on devrait être sur une organisation du bac telle qu’on l’avait conçue au moment de la réforme.»

«Passer la semaine dans de bonnes conditions»

Quasi débarrassés de l’angoisse liée au Covid-19, les parents d’élèves «s’inquiètent» toutefois de la vague de chaleur prévue à partir du milieu de la semaine, souligne Éric Labastie, secrétaire général de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE). D’autant plus qu’il y a trois ans cette génération d’élèves, alors en troisième, avait déjà dû affronter une canicule qui avait poussé le ministère de l’Éducation nationale à décaler les épreuves du brevet des collèges d’une semaine. «Ils doivent se sentir un peu maudits», se désole une enseignante. Cette fois, aucun report n’est prévu, indique le ministère, qui ajoute que des «recommandations spécifiques» ont été transmises aux chefs d’établissement. Mardi, lors d’un point presse suivant le Conseil des ministres, le nouveau ministre de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye, a appelé à respecter «des principes de bon sens», citant notamment l’utilisation d’espaces les moins exposés possible au soleil, l’aération des salles de cours et la distribution d’eau. «Normalement, ces dispositifs devraient permettre de passer la semaine dans de bonnes conditions, mais nous restons très attentifs», a ajouté celui qui vit son premier bac Rue de Grenelle.

Nous renouerons avec une tradition importante : les résultats seront affichés dans les établissements

Édouard Geffray, directeur général de l’enseignement scolaire

Une fois les épreuves de français écrit et de philosophie derrière eux, les élèves se tourneront vers l’oral de français pour les première, le grand oral pour les terminale. Ils pourront ensuite partir en vacances l’esprit libéré, sauf pour les élèves de terminale attendant encore des résultats sur Parcoursup. Leur note globale du bac, constituée à 40 % de contrôle continu et à 60 % d’épreuves terminales (français oral et écrit, épreuves de spécialité, philosophie, grand oral), leur sera communiquée le 5 juillet. «Nous renouerons avec une tradition importante: les résultats seront affichés dans les établissements. Les élèves pourront les découvrir avec leurs camarades, leur famille, leurs professeurs», a fait savoir Édouard Geffray, le directeur général de l’enseignement scolaire, lors d’une conférence de presse organisée début juin Rue de Grenelle.

«Un rite de passage nécessaire»

En 2021, 97,5 % des candidats en voie générale avaient obtenu leur bac, contre 93,9 % des candidats en voie technologique. En voie professionnelle, le taux de réussite s’élevait à 86,6 %, avec une baisse de 3,8 points par rapport à 2020. Cette année, 186 200 candidats se présentent aux épreuves du bac pro, qui ont lieu du 14 au 24 juin. Ces élèves sont les premiers à avoir suivi un cursus complet remanié par la dernière réforme de la voie professionnelle. Ce qui se traduit notamment par l’évaluation du «fameux chef-d’œuvre», une réalisation individuelle ou collective liée à la spécialité de l’élève, a rappelé Édouard Geffray lors de son point presse.

Quelle valeur pour le baccalauréat, maintenant que plus de 90 % des candidats le réussissent, et que près de 83 % d’une classe d’âge en est titulaire? Aux yeux de Pierre Mathiot, il reste «un rite de passage nécessaire», mais dont la dimension doit être appréciée sous un autre angle. «Pour moi, nous n’en sommes plus à mesurer la valeur du bac à l’aune du nombre de candidats qui le rateraient – c’est-à-dire que le bac aurait de la valeur parce qu’il y a beaucoup de gens qui le rateraient. Je pense qu’on en mesure la valeur à l’aune de la qualité de l’orientation et de la réussite des élèves après le bac.»



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