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Législatives: la ministre Montchalin joue son poste dans l’Essonne


Il n’y a pas foule à Palaiseau un mardi midi, mais Amélie de Montchalin tente d’arracher des voix une par une. La ministre macroniste joue son poste dans la 6e circonscription de l’Essonne, où Jérôme Guedj, avec l’union de la gauche, l’a nettement devancée au premier tour des législatives.

Dans la soirée, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire viendra la soutenir pour parler pouvoir d’achat. Le lieu choisi est un hasard, assure son équipe: la place de la Victoire.

La partie s’annonce pourtant très compliquée: la ministre de la Transition écologique a terminé le premier tour avec 31,46% contre 38,31% pour Jérôme Guedj, un retard de 2.815 voix. « C’est difficile mais pas du tout mort », veut croire une source LREM. Il faudra faire le plein du report des voix LR (5,96%) et remobiliser des abstentionnistes.

En cas de défaite, Amélie de Montchalin devra quitter le gouvernement.

Après le conseil des ministres « où on a parlé canicule », elle est repartie en campagne dans les rues cossues de Palaiseau.

Une retraitée qui semble acquise à sa cause ira voter bien sûr et a prévenu ses enfants « si vous ne votez pas, pas de déjeuner ». Un réparateur de vitres de voitures prévient: le tract de la ministre « j’en ferai un avion en papier pour les petits, j’ai le choix entre rien et rien ».

Elle insiste sur le réalisme économique, les baisses d’impôts, le développement des « voitures électriques » pour l’écologie. La diplômée de HEC tente de calmer un ancien ingénieur furieux de la fermeture de la centrale de Fessenheim. Emmanuel Macron a promis six réacteurs EPR, rappelle-t-elle.

Amelie de Montchalin et Bruno Le Maire lors d'un meeting à Palaiseau dans l'Essonne, le 14 juin 2022 (AFP - Alain JOCARD)
Amelie de Montchalin et Bruno Le Maire lors d’un meeting à Palaiseau dans l’Essonne, le 14 juin 2022 (AFP – Alain JOCARD)

Doit-elle décoller son étiquette de « techno » ? « Si techno veut dire une femme précise qui travaille ses dossiers, peut-être avec moins d’esbroufe, d’esclandres et d’outrances, j’assume totalement… », dit la ministre de 36 ans.

En 2017, cette marcheuse issue de la droite avait largement gagné la circonscription contre l’UDI, tandis que M. Guedj terminait troisième. « L’ambiance n’est pas la même. Il y a la guerre en Ukraine, deux ans de Covid, l’inflation. Les gens sont fatigués, il y a un désir d’ordre et de stabilité », estime-t-elle entre deux tractages, en assumant sa récente sortie sur « l’anarchisme d’extrême gauche » de l’alliance Nupes.

– « Péter un câble » –

A Massy, Jérôme Guedj, 50 ans, tracte dans un marché populaire. Même s’il était d’abord candidat à Paris pour le PS, avant de se tourner vers l’Essonne avec Nupes, il joue à fond la carte du local de l’étape, prend Jacqueline dans ses bras: « On était à l’école ensemble ».

L’ancien député frondeur PS et ex président du département de l’Essonne a grandi politiquement ici, à l’époque où Jean-Luc Mélenchon était élu dans le département, avant une brouille quand l’insoumis partit avec fracas du PS. Ils se retrouvent avec la Nupes.

« On s’est croisés à la convention d’investiture, il m’a dit +tu vois tout est possible+, mais je n’ai plus de relation personnelle avec Jean-Luc », confie-t-il.

Amelie de Montchalin et Bruno Le Maire lors d'un meeting à Palaiseau dans l'Essonne, le 14 juin 2022 (AFP - Alain JOCARD)
Amelie de Montchalin et Bruno Le Maire lors d’un meeting à Palaiseau dans l’Essonne, le 14 juin 2022 (AFP – Alain JOCARD)

Lui aussi joue à fond la carte de la mobilisation. « C’est un référendum pour ou contre la retraite à 65 ans », considère l’ancien élève de Sciences-Po et de l’ENA, par ailleurs intime de l’ex Premier ministre Édouard Philippe, en dépit de leurs divergences politiques.

Des habitants, plutôt âgés, viennent le saluer. « A fond avec lui, on le connaît », dit Mélina Aurror.

« Il a une histoire ici, mais est parti depuis longtemps », considère le maire UDI de Massy Nicolas Samsoen, soutien de Mme de Montchalin comme « cinq des six maires de la circonscription ». L’édile critique l’alliance avec Mélenchon, « la gauche pas raisonnable ».

Beaucoup n’iront pas voter. Le poissonnier Mouloud El Hamadni a déchiré sa carte d’électeur. « Je suis en train de péter un câble. Ils ne nous représentent pas, ils pensent tous à leurs gueules ».



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