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Tourisme: trop « populaire », le Japon se rêve en destination de luxe



Tourisme: trop "populaire", le Japon se rêve en destination de luxe

“Le Japon est-il prêt à répondre aux problèmes causés par le tourisme?” C’est le titre d’une longue analyse parue fin mai dans le quotidien économique Nikkei. Avant même qu’un nouveau touriste étranger ait touché le sol de l’Archipel, le média de référence des milieux économiques s’interrogeait déjà sur les désagréments qu’ils allaient causer. La liste des problèmes évoqués, plutôt saugrenus, montre la fraîcheur de l’accueil que le journal leur réserve : “excès de tourisme”, “absence de bénéfices en raison de la faiblesse du yen”, “risque de dépendance excessif envers la Chine”… Les faillites en série dans l’industrie de l’hospitalité ? Les fermetures d’écoles de langues ? Les dizaines de milliers de Japonais dépendant des touristes étrangers qui doivent se serrer la ceinture depuis deux ans ? Ces problèmes, eux réels, n’éveillent pas la curiosité du journaliste.  

C’est la douche froide. Entre 2012 et 2019, le Japon avait ouvert ses frontières aux touristes étrangers avec la foi des convertis. Avant cette date, il était une destination de second, voire de troisième rang, avec un nombre d’arrivées modestes (8,6 millions en 2010). En réalité, son régime restrictif d’autorisation de visas de courte durée, en particulier envers l’immense voisin chinois et sa classe moyenne naissante et admiratrice de l’Archipel, avait comprimé une demande qui n’attendait que de s’exprimer. Elle se déversa dès que le gouvernement de l’époque libéralisa sa politique d’immigration, provoquant la plus spectaculaire fièvre touristique jamais connue par un pays. En 2013, le Japon franchit la barre des dix millions de touristes pour la première fois. En 2019, il atteint 32 millions, se plaçant, selon les chiffres de l’organisme international UNWTO, douzième mondial en termes d’arrivées, et septième en termes de recettes. Avant de s’effondrer l’année suivante après que le Covid-19 l’ait incité à fermer ses frontières. En 2021, 250.000 visiteurs étrangers sont venus au Japon, dont zéro touriste. À ce jour, seul le tourisme de groupe est autorisé dans l’Archipel, encadré de telle façon qu’il en est devenu dissuasif. Selon les plans officieux de l’Agence du tourisme, consultés par Challenges, les touristes individuels seront à nouveau autorisés en septembre au Japon.



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