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Partout en France, les communes sont prises à leur tour dans le piège de l’inflation


A Marseille un dispositif electronique permet de diminuer la luminosité par paliers, apportant une baisse de la consommation électrique de 30% sur ces zones. Ici, dans le quartier de l’opéra, dans la nuit du 15 au 16 juin, à 22 heures, minuit et demi, 3 heures et 5 heures (de gauche à droite et de haut en bas).

Ces derniers jours, en soirée, le maire de Belfort a appelé l’agent municipal d’astreinte à deux reprises. « Je lui ai demandé d’aller éteindre la lumière au marché Fréry et au gymnase Roger-Serzian, explique Damien Meslot (Les Républicains, LR). Cela peut paraître anecdotique, mais, avec l’inflation, il est important de montrer à nos concitoyens qu’on fait attention à tout, qu’on fait la chasse au gaspillage. »

Anecdotique ? Pas vraiment. Les dépenses d’énergie (bâtiments, éclairage public… ) représentaient 4,2 % du budget de fonctionnement des communes en 2017, selon le dernier rapport disponible de l’Agence de la transition écologique (Ademe). Celles de la restauration scolaire, 3,6 %, d’après les chiffres du gouvernement pour 2021. Et celles liées aux transports (public et scolaire), à l’entretien des routes et voiries, près de 9 %. Autant de postes touchés de plein fouet par la flambée des prix. Et, mis bout à bout, cela commence à coûter très cher.

A Besançon, par exemple, la facture énergétique a bondi de 1,8 million d’euros depuis le début de l’année, souligne sa maire, Anne Vignot (Europe Ecologie-Les Verts). Dans le département des Bouches-du-Rhône, certains édiles évoquent des hausses comprises entre 44,5 % et 185 %. A Aix-en-Provence, Sophie Joissains (UDI) chiffre, elle, le surcoût de cette ligne budgétaire à « 5 millions d’euros ». Quant à Marseille, l’adjoint aux finances, Joël Canicave, évoque une augmentation de 12 millions d’euros dans le budget municipal. « Pour chauffer une piscine pendant un mois, je payais 8 000 euros en octobre 2021. En avril, la facture mensuelle est montée à 53 000 euros », illustre le maire de Salon-de-Provence, Nicolas Isnard (LR).

« Des impasses financières »

La situation est telle que l’Association des maires de France de la Haute-Loire voit poindre les tensions sur les finances locales. « Après les dépenses imprévues dues à la crise liée au Covid-19 et les pertes d’exploitation des équipements, comme les piscines, liées au confinement, la hausse des prix crée beaucoup de difficultés. On nous demande, par exemple, de renégocier les contrats d’énergie », explique-t-on à l’AMF43. Dans les Bouches-du-Rhône, une centaine d’élus ont signé un courrier envoyé au président de la République, le 10 mai. « Nous vous demandons solennellement d’appliquer le bouclier tarifaire énergétique de 4 % aux 119 communes du département », écrivent-ils, décrivant « des impasses financières qui déboucheront inévitablement sur des catastrophes ».

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