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Daher multiplie les pistes de redécollage


On peut flirter avec les 160 ans d’existence et afficher une santé de jeune premier. Deux ans après le début de la crise sanitaire, la plus grave pour le secteur aéronautique depuis 1945, Daher a déjà tourné la page. Là où ses homologues français Latécoère ou Figeac Aero ont pris le bouillon, avec des chiffres d’affaires en baisse respectivement de 46 et 53% depuis 2019, le groupe familial français a limité sa contraction d’activité à 11%. Et la croissance est déjà de retour: l’industriel prévoit 1,3 milliard d’euros de ventes cette année, un montant supérieur à celui de l’avant-crise. Après avoir supprimé 550 postes lors de la pandémie, il anticipe même un millier de recrutements cette année, dont 800 en France.

« On est sortis de la crise beaucoupplus vite que les autres , résume Didier Kayat, directeur général du groupe. Le prochain objectif est d’atteindre 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires dès l’année prochaine, par un mélange de croissances interne et externe. »

Terrain américain

Pour tenir cet objectif, Daher s’est mis en ordre de marche. Le groupe a achevé de rembourser son prêt garanti par l’Etat (170 millions d’euros) en mai dernier, et sécurisé dans la foulée un financement de 180 millions d’euros auprès de son pool bancaire traditionnel mais aussi d’investisseurs américains. L’industriel a également lancé sa première opération post-crise sanitaire, en rachetant une usine de sous-ensembles d’avions à l’américain Triumph Group, à Stuart (Floride).

Lors du bouclage de l’opération, prévu en juillet, Daher mettra la main sur un site de 400 salariés et 200 millions d’euros de chiffre d’affaires, qui conçoit notamment des pièces pour l’avion ravitailleur KC-46 de Boeing. « Nous étions déjà un fournisseur important d’Airbus, Dassault Aviation et Airbus Helicopters, résume Didier Kayat.

Avec cette opération, l’objectif est de réaliser aux Etats-Unis ce que nous avons fait en Europe, en devenant un partenaire clé de Boeing. »

Positionnement unique

L’industriel français avait entamé cette conquête américaine en 2019, en rachetant l’avionneur Quest Air-craft, fabricant du petit avion à hélice Kodiak 100 (lire l’encadré ci-contre). Le rachat de l’usine de Triumph le fait changer d’échelle outre-Atlantique. « L’acquisition de Quest leur avait permis de prendre pied aux Etats-Unis , explique Ernest Arvai, cofondateur du cabinet américain AirInsight Group. Celle de l’usine Triumph va les faire entrer dans le club assez fermé des fournisseurs de Boeing et de Bombardier, ce qui pourra aussi bénéficier, à terme, à leurs sites français, comme Nantes ou Tarbes. »



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