fbpx

L’empire du Milieu vu de trois capitales


TOKYO

Entre tensions politiques et opportunités économiques

L’année 2022 marque le cinquantenaire de la normalisation des relations entre la Chine et le Japon. Or jamais les rapports entre les deux voisins n’ont été si exécrables. Xi Jinping lui-même ne s’est rendu qu’une fois au Japon, à l’occasion du G 20 d’Osaka en 2019. L’Archipel est en première ligne contre la volonté de Xi de s’assurer un accès à la mer. Il craint qu’il n’envahisse un jour Taïwan et s’en serve comme marchepied vers Okinawa. Ainsi Tokyo ne cesse-t-il de claironner son soutien envers l’île « renégate ». « Une situation d’urgence pour Taïwan signifierait une situation d’urgence pour le Japon », a martelé l’ancien Premier ministre Shinzo Abe, lors d’une conférence en décembre. « La prise de Taïwan suffit à Xi Jinping pour accéder à la mer. Il n’a pas besoin de déclencher une guerre avec le Japon », tranche un stratège militaire étranger en poste à Tokyo.

La situation s’est encore tendue depuis l’agression russe en Ukraine, que la Chine ne condamne pas. C’est lors de sa visite officielle à Tokyo que Joe Biden a affirmé, le 23 mai, que l’Amérique défendra militairement Taïwan contre une agression chinoise. Deux jours plus tard, des bombardiers chinois et russes ont mené des exercices aériens communs en mer de Chine orientale, frôlant les eaux japonaises.

Sur le plan économique, le Japon peine à avoir une relation stable avec la Chine, son premier partenaire commercial. Ils ferraillent par institutions interposées: L’Asian Infrastructure Investment Bank, banque de développement inaugurée par Xi Jinping en 2014, contre l’Asian Development Bank nippo-américaine; l’association régionale CPTPP, menée par le Japon, contre le RCEP à la main de la Chine.

« Pour les entreprises japonaises, le marché chinois est de plus en plus important », observait l’économiste Fukunari Kimura, de l’université Keio, dans une conférence récente. Il décrit trois réactions du Japon pour se prémunir contre le « risque chinois »: la mise en place de mécanismes de « sécurité économique » par l’Etat contre le pillage de la technologie made in Japan; la réduction de leur exposition au marché chinois par les entreprises; enfin, le rapprochement avec les Etats-Unis.



Lire la suite
www.challenges.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.