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« Cet été, l’hôpital ne doit pas être la seule lumière allumée sur un territoire », dit Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France


Frédéric Valletoux est président de la Fédération hospitalière de France depuis 2011 et maire de Fontainebleau. Il vient d’être élu député de Seine-et-Marne, sous l’étiquette Horizons-Ensemble !.

Selon les données de l’enquête menée par la Fédération hospitalière de France, 99 % des établissements ont des difficultés de recrutement permanentes ou ponctuelles. Comment l’expliquez-vous ?

Il y a une hausse lente et constante des effectifs de la fonction publique hospitalière, de 3 % entre 2019 et 2021. Mais cette hausse est cachée par la persistance des problèmes de recrutement, d’attractivité de l’hôpital, par l’absentéisme et la forte rotation des effectifs due à la crise liée au Covid-19.

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Ensuite, l’hôpital doit faire face à une hausse de la population et également de demandes de soins liées au vieillissement et à l’explosion de pathologies chroniques. Enfin, l’hôpital compense également la faiblesse de la médecine de ville, les généralistes sont de moins en moins nombreux et donc inévitablement dépassés, cela entraîne le report de nombre de patients vers l’hospitalier.

Emmanuel Macron a chargé le médecin François Braun, président de Samu-Urgences de France, d’une « mission flash » sur les urgences et les soins non programmés. Qu’en attendez-vous ?

Une photographie précise de l’état les lieux des services hospitaliers. Nous estimons que 80 % des hôpitaux en France sont en difficulté pour maintenir l’offre de lits et de services dans leur plénitude du fait des tensions sur les effectifs. Nous attendons également des mesures d’urgence pour parvenir à maintenir cet été l’accès aux soins.

Il est nécessaire de maintenir l’ouverture d’un minimum de cabinets de ville, ils doivent coordonner leurs plannings de vacances pour ne pas partir en congés simultanément. C’est un procédé simple, basique, qui se fait dans toutes les entreprises, dans toutes les organisations. L’hôpital ne doit pas se trouver, tout à coup, la seule lumière allumée sur un territoire. Il faut aussi une revalorisation rapide de toutes les astreintes et notamment la nuit.

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Toutefois, il ne s’agit là que de mesures d’urgence pour passer l’été. A moyen terme, il faut revoir de fond en comble l’organisation du système de santé, que cela concerne son financement, l’attractivité des carrières ou la rémunération des hospitaliers. Il faudra aussi alléger le poids de l’administration qui pèse aussi bien sur la médecine libérale que sur l’hôpital et qui participe à l’épuisement des équipes, qui ont l’impression de faire rouler le rocher de Sisyphe.

Craignez-vous que le défaut de majorité absolue à l’Assemblée nationale entraîne une paralysie de la réforme hospitalière ?

Nous avons, durant la campagne présidentielle, auditionné l’ensemble des candidats. Même si les réponses ne sont pas les mêmes selon les partis, il y a un consensus sur l’urgence de la réforme de la santé. L’acteur dont il faut conforter le rôle et la place, c’est l’hôpital. Au nom de l’intérêt général et de l’intérêt supérieur des Français. On peut bâtir des solutions qui, si elles ne seront jamais effectivement consensuelles à 100 %, pourraient néanmoins être suffisamment fédératrices pour trouver des majorités à l’Assemblée et au Sénat.

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