fbpx

Les parlementaires accusent le camp présidentiel de ne pas changer d’attitude ni de pratiques


Comme un doute s’est emparé des oppositions. La coalition présidentielle et le gouvernement ont-ils vraiment intégré qu’ils n’avaient plus la majorité absolue à l’Assemblée nationale ? Pour les élus des Républicains (LR), de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) ou encore du Rassemblement national (RN), l’attitude et les pratiques de la majorité macroniste n’ont que trop peu évolué, entre le précédent quinquennat et les premiers pas de cette 16e législature, derrière les appels aux « compromis ».

Un constat ravivé par les mots du président de la République, Emmanuel Macron, qui a qualifié, lors de son interview du 14-Juillet, de simple « coup de chaud nocturne » la mise en minorité répétée de la coalition présidentielle lors de l’examen du projet de loi sur le Covid-19, dans la nuit de mardi à mercredi. Questionné sur sa « peur de passer un quinquennat à voir [ses] projets retoqués », M. Macron a répondu d’un ton assuré : « Non », balayant ainsi d’un revers de main une situation causée par la fragilité de sa majorité relative. Le chef de l’Etat a ainsi estimé « qu’il n’y a majorité contre le gouvernement qu’avec [un] attelage baroque » en désignant le vote commun des élus de la Nupes, du RN et de la droite contre la possibilité d’introduire un passe sanitaire aux frontières. « Je pense que les LR auront du mal à expliquer devant leurs électeurs ce qu’ils ont fait l’autre soir », a sermonné le président de la République.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Pour son entretien du 14-Juillet, Emmanuel Macron campe sur ses positions

« Non, Emmanuel Macron, le vote de la représentation nationale n’est jamais un “coup de chaud nocturne”. C’est la voix des Français dans leur diversité. Apprenez à l’entendre, apprenez ce “respect de chacun” auquel vous invitez », a répliqué Olivier Marleix, le patron des députés LR, dont la formation est courtisée par les soutiens du chef de l’Etat pour adopter certaines réformes. Autres alliés espérés par les macronistes, les députés socialistes ont déploré par la voix de leur président, Boris Vallaud, les propos du locataire de l’Elysée : « L’Assemblée nationale met en défaut Emmanuel Macron sur son projet de loi… et il appelle ça un “coup de chaud nocturne”. Où est la nouvelle méthode promise ? »

Avertissement

Contrairement à ce qu’affirme Emmanuel Macron, les députés de la majorité présidentielle jurent, eux, avoir pris conscience de ne plus être en capacité d’imposer l’ensemble de leur programme aux oppositions. « Psychologiquement, on se prépare à être battu, reconnaît la rapporteuse du projet de loi sur le Covid-19, Caroline Abadie (Renaissance, Isère). Il faudra juste faire en sorte que ça ne soit jamais sur des choses importantes. » Une position « déroutante » qui explique en grande partie le tâtonnement des macronistes dans leur stratégie envers les oppositions. « On a des députés qui viennent d’arriver dans une majorité où ils vont se faire battre alors qu’ils nous ont vus gagner pendant cinq ans », poursuit la députée Renaissance. D’autres élus macronistes s’inquiètent en aparté de voir le gouvernement, à l’image de M. Macron, ne pas intégrer cette nouvelle configuration.

Il vous reste 50.45% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Lire la suite
www.lemonde.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.