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quel est le réel impact sur l’économie ?


La vague de chaleur qui touche la France depuis quelques jours pourrait avoir de lourdes conséquences sur l’économie.

Canicule intense, pluie de dépenses. Telle est la formule que l’on pourrait utiliser pour résumer l’impact d’un épisode caniculaire comme celui-ci sur l’économie en France. C’est en tout cas ce que souligne Santé Publique France dans une étude sur les conséquences économiques des canicules en métropole. Publiée le 27 juillet 2021, et mise à jour sur le site de Santé Publique France le 1er juillet 2022, l’étude apparaît « plus que jamais d’actualité » selon Olivier Chanel, directeur des études au CNRS à l’École d’économie Aix-Marseille (AMSE) et co-auteur du rapport. Et pour cause, entre chaleurs extrêmes et restrictions d’activités, « tout semble prédisposé à ce que le pays tourne au ralenti dans les jours qui viennent » pointe le chercheur.

C’est un écueil important dans la lutte contre ces phénomènes climatiques extrêmes :« les canicules ne sont que trop peu analysées sous leurs aspects économiques » constate ainsi Olivier Chanel. Pourtant, ces épisodes de très fortes chaleurs ont un coût non négligeable selon Santé Publique France, qui estime que les vagues de canicules survenues entre 2015 à 2020 auraient coûté de 22 à 37 milliards d’euros pour cause de dépenses en frais médicaux, de ralentissement de l’activité économique ou encore de »perte de bien-être». Une perte de bien-être que les chercheurs attribuent aux restrictions d’activités qui auraient selon eux « de véritables répercussions socio-économiques ».

Un impact économique à relativiser ?

« La déformation des rails due à la canicule peut par exemple conduire à la fermeture de nombreuses voies de chemins de fer, poursuit le chercheur. Et cela conduit forcément à une désorganisation de la société et à du temps rallongé en valeur économique » analyse l’auteur de l’étude. Selon ce même rapport, les vagues de chaleur ont en moyenne coûté « 814 euros par habitant exposé » sur la période comptabilisée. Un chiffre calculé sur la base de l’ensemble des dépenses liées aux dysfonctionnements qu’engendrent ces faits climatiques.

Les canicules auraient aussi un réel impact sur la productivité au travail. Un travailleur moyen exposé à plus de 33°C perdrait environ 50% de ses capacités de travail selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT). « Il est fort probable que la production agricole soit de nouveau fortement touchée cette année » estime Olivier Chanel. Conséquence directe de la canicule actuelle, puisque aucun épisode orageux n’est prévu par Météo France d’ici la fin du moins de juillet, la sécheresse pourrait donc encore s’aggraver. Sur l’année 2020, la sécheresse a par exemple coûté entre 1 à 1,2 milliard d’euros, selon la Caisse Centrale de Réassurance (CCR). Mais un rapport du Sénat vient relativiser l’impact que pourrait avoir une canicule sur l’activité économique. Après la canicule de 2003, le Sénat a constaté que la croissance n’avait été amputée que de 0,1 à 0,2 point de PIB sur l’ensemble de l’année, soit 2 à 4,5 milliards d’euros.

Mais se dirige-t-on vers une crise aussi importante que celle de 2003 ? « Des facteurs structurels sont à prendre en compte cette fois-ci : l’hôpital est en crise, et il manque du personnel soignant pour faire face à la canicule et gérer du pic de Covid en cours » décrit le chercheur au CNRS.

Toutefois, nuance-t-il « il apparaît peu probable que cette canicule fasse plus de dégâts qu’en 2003 ». Pour rappel, cette canicule d’une ampleur exceptionnelle avait provoqué une vague de décès, en particulier chez les personnes les plus vulnérables. Mis en place à la suite de cette catastrophe sanitaire, le Plan National Canicule (PNC) a permis de limiter les effets sanitaires en sensibilisant les citoyens aux impacts de la chaleur. Déployé chaque été, il contribue depuis à réduire au maximum le nombre décès. De 15.209 morts des suites de la canicule en 2003, leur nombre a considérablement diminué pour tomber à 1.462 en 2019 sur un épisode caniculaire similaire.



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