fbpx

qui sont les deux candidats à la succession de Boris Johnson ?


La ministre britannique des affaires étrangères, Liz Truss, le 19 avril 2022 à Londres, et l’ancien chancelier de l’échiquier Rishi Sunak, le 23 mars 2022 à Londres.

Après cinq tours de vote en quinze jours, une campagne interne inhabituelle par sa férocité et son suspense, ce sont finalement Liz Truss, l’actuelle ministre des affaires étrangères, et Rishi Sunak, l’ex-chancelier de l’échiquier, qui ont été désignés par les députés tories, mercredi 20 juillet, pour entrer dans le « final two » – le duo des finalistes candidats au remplacement du premier ministre britannique, Boris Johnson. Il va maintenant revenir aux 160 000 membres du Parti conservateur de les départager. Ils ont tout le mois d’août pour voter : le nom du nouveau ou de la nouvelle locataire de Downing Street sera dévoilé le 5 septembre.

A 42 ans, Rishi Sunak a basé sa campagne sur sa compétence et son honnêteté – une manière évidente de se démarquer de Boris Johnson dont il a précipité la chute en démissionnant le 5 juillet. Au-dessus du lot pour sa maîtrise des détails et son éloquence, ce fils d’immigrés indiens natif de Southampton (sud de l’Angleterre) est passé par une école privée pour garçons (Winchester College) puis l’université d’Oxford comme l’essentiel de l’élite britannique. Cet amateur de costumes bien taillés a fait fortune dans la finance – il était gérant de fonds spéculatif avant d’entamer une carrière politique éclair : il n’est député du Yorkshire (nord-ouest de l’Angleterre) que depuis 2015.

En début d’année, quand les scandales se sont multipliés autour de Boris Johnson, M. Sunak passait pour le plus évident de ses remplaçants. Il avait tenu ferme la barre des finances publiques pendant la pandémie de Covid-19, ne cachait pas son ambition et n’avait pratiquement pas « gaffé », à l’exception d’un aveu maladroit – « I am a total coke addict » (« je suis accro à la coke »), avait-il confié à deux lycéens en 2021 avant de corriger très vite le tir : il n’était « accro » qu’au Coca-Cola, bien sûr.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Boris Johnson : dans la course à son remplacement, une surenchère de promesses irréalistes

Liz Truss n’a pas démissionné

Mais, s’il est arrivé favori du vote des élus tories mercredi (avec 137 voix sur 357), la bonne étoile de Rishi Sunak a pâli depuis le printemps, quand les médias ont révélé qu’il disposait d’une carte verte (un droit de séjour long aux Etats-Unis) jusqu’en 2021 et que sa femme (la fille du richissime fondateur de la SSII Infosys) ne payait pas d’impôts au Royaume-Uni. Ces derniers jours, les fidèles du camp Johnson n’ont cessé de le faire passer pour un modéré – presque une injure dans un parti qui n’a cessé de dériver à droite depuis le référendum sur le Brexit. M. Sunak a pourtant voté pour la sortie de l’Union européenne en 2016 et il refuse de contester l’héritage le plus controversé de M. Johnson : sa politique de déportation des demandeurs d’asile au Rwanda et sa tentative de réécriture du protocole nord-irlandais.

Il vous reste 58.17% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Lire la suite
www.lemonde.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.