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Baisse en vue pour les actions, l’euro recule après la BCE



Baisse en vue pour les actions, l'euro recule après la BCE

par Laetitia Volga

PARIS (Reuters) – Les principales Bourses européennes, Londres exceptée, sont attendues en légère baisse vendredi à l’ouverture, les investisseurs continuant à digérer le tour de vis plus musclée de la Banque centrale européenne (BCE) pour lutter contre l’inflation galopante.

Les premières indications disponibles indiquent une baisse de 0,26% pour le CAC 40 parisien, de 0,25% pour le Dax à Francfort et une progression de 0,21% pour le FTSE à Londres.

Jeudi, les grands indices actions ont clôturé en ordre dispersé, tiraillés entre de bons résultats de sociétés et un relèvement plus soutenu que prévu des taux d’intérêt de la BCE sur fond de craintes de récession.

La banque centrale a mis fin à l’ère des taux négatifs en relevant ses trois taux directeurs d’un demi-point, une hausse plus importante que prévu pour juguler l’inflation record de 8,6% en zone euro.

Ses responsables ont également convenu d’apporter une aide supplémentaire aux pays les plus fragiles, comme l’Italie, grâce à un nouveau programme d’achat d’obligations (l’Instrument de protection de la transmission) destiné à limiter la hausse de leurs coûts d’emprunt, à « lutter contre une dynamique de marché injustifiée, désordonnée ».

« La taille illimitée et l’absence de conditionnalité imposée aux pays éligibles à cet outil étaient cruciales pour éviter une grande déception du marché. Toutefois, les détails concernant les seuils d’activation (par exemple, quel niveau de rendements/de ‘spreads’?), la manière dont il interagit avec l’incertitude politique en Italie et sa légalité (sera-t-il contesté devant les tribunaux) restent des inconnues majeures », a déclaré Samy Chaar, chef économiste de Lombard Odier.

Dans l’actualité politique à Rome, le président Sergio Mattarella a décidé de dissoudre le Parlement au lendemain de l’éclatement de la coalition qui gouvernait depuis février 2021.

La Bourse de Milan pourrait reculer d’environ 0,7% à l’ouverture, selon de première indication.

Sur le plan de la macroéconomie en Europe, la matinée sera animée par les premiers résultats des enquêtes d’IHS Markit auprès des directeurs d’achats du secteur privé, des indices PMI attendus en baisse selon le consensus Reuters.

A WALL STREET

Les « futures » américains indiquent une ouverture en baisse, en particulier pour le Nasdaq – donné à -0,87% – après les résultats décevants et l’absence de prévisions de Snap, qui chutait de 25% dans les échanges hors séance.

Vendredi, la Bourse de New York a fini en hausse, portée par les résultats jugés encourageants de Tesla qui ont permis de contrebalancer le recul enregistré par les valeurs liées aux télécoms et à l’énergie.

L’indice Dow Jones a gagné 0,51% à 32.036,9 points, le S&P-500 a pris 0,99% à 3.998,95 points et le Nasdaq Composite a avancé de 1,36% à 12.059,61 points.

Tesla a bondi de 9,78% après avoir annoncé des résultats meilleurs que prévu portés par une politique tarifaire plus avantageuse tandis que AT&T a chuté de 7,62%, l’opérateur de téléphonie mobile ayant abaissé sa prévision de trésorerie.

La baisse du pétrole a contribué à faire reculer les valeurs liées à l’énergie.

EN ASIE

Le Nikkei à Tokyo gagne 0,42%, en passe de boucler la semaine sur sa meilleurs performance hebdomadaire en près de quatre mois, grâce aux gains des valeurs de croissance et de transport maritime.

En Chine, le crise du COVID-19 et les risques liés au secteur immobilier suscitent des inquiétudes quant aux perspectives de croissance: l’indice CSI300 perd 0,13% tandis que l’indice composite de Shanghai cède 0,22%.

CHANGES

Sur le marché des changes, l’euro repart à la baisse après que la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a déclaré que si l’institution monétaire évoluait plus rapidement que ce qui avait été signalé précédemment, elle ne visait pas un taux final plus élevé.

La banque centrale n’a pas non plus donné beaucoup de détails sur un nouvel outil anti-fragmentation, au moment même où les obligations italiennes subissent les effets de l’effondrement du gouvernement.

« Les détails, la conditionnalité et ce qui justifierait l’activation (de cet instrument) étaient vagues et n’inspirent guère confiance à la lumière de la situation politique italienne », a écrit Tapas Strickland, économiste chez National Australia Bank.

L’euro évolue autour de 1,0188 dollar après avoir atteint jeudi, à 1,0278, son plus haut niveau depuis deux semaines.

Le billet vert est stable face à un panier de référence.

TAUX

Sur le marché des emprunts d’Etat, le rendement des Treasuries à dix ans est peu changé à 2,9005% après avoir chuté d’environ 13 points de base jeudi sous l’effet d’indicateurs américains plus mauvais qu’attendu et de la hausse des taux de la BCE.

Le nombre des inscriptions hebdomadaires au chômage a augmenté pour la troisième semaine consécutive, atteignant un plus haut depuis huit mois à 251.000, et l’indice « Philly Fed » d’activité dans le nord-est des Etats-Unis s’est contracté pour atteindre son niveau le plus bas depuis mai 2020.

PÉTROLE

Sur le marché pétrolier, le Brent gagne 1,21% à 105,12 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 1,05% à 97,36 dollars.

(édité par Matthieu Protard)



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