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du Sri Lanka au Panama en passant par l’Ouganda, l’onde de choc mondiale


Des manifestants lors d’une marche contre le coût élevé de la nourriture et de l’essence à Panama City, le 12 juillet 2022.

Aucun continent n’est épargné. Partout, la hausse des prix nourrit la colère sociale et l’instabilité politique. Au Sri Lanka, où l’inflation des prix alimentaires dépasse les 80 % sur un an, et où cinq familles sur six sont contraintes de sauter un repas, le président Gotabaya Rajapaksa a été déchu mi-juillet après avoir fui le pays. En Ouganda, où le prix de l’essence a été multiplié par deux ces cinq derniers mois, plusieurs manifestants ont été arrêtés.

Au Panama, le gouvernement a obtenu, lundi 18 juillet, la libération des ponts et des autoroutes par des habitants qui réclamaient une baisse des prix de l’essence et d’autres produits « essentiels », tandis qu’en Equateur, les manifestations de populations indigènes ont fait six morts et plus de 600 blessés, avant que le gouvernement accepte de débloquer 700 millions de dollars (690 millions d’euros) en faveur du pouvoir d’achat. Plus près de la France, le groupe Facebook People of Ireland Against Fuel Prices, créé en Irlande, organise depuis avril des blocages pour obtenir de la part du gouvernement un plafonnement des tarifs du carburant.

La hausse des prix s’installe durablement dans l’économie mondiale. Dans les pays développés de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), elle devrait être deux fois plus importante que prévu au début de l’année et culminer à 8,5 % en 2022, un niveau jamais atteint depuis 1988. En avril, les trois quarts des pays ont enregistré une hausse des prix annuelle de plus de 5 %.

Un fléau économique autant qu’un danger politique

Cette vague inflationniste a débuté en 2020, lorsque la demande stimulée par les plans de relance post-Covid des gouvernements s’est déportée sur les biens, au détriment des services. Ce, alors que des usines fermaient en raison des restrictions sanitaires, désorganisant les chaînes d’approvisionnement. Le mouvement s’est poursuivi avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie, deux pays qui assurent une part importante des exportations mondiales de produits agricoles et d’énergie.

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Cette surchauffe bouleverse déjà la vie quotidienne sur les cinq continents. En Australie, la photo d’une laitue vendue 11,99 dollars (8 euros) dans un supermarché de Queensland a enflammé les réseaux sociaux et déclenché une mini-tempête politique. Les Australiens apprennent désormais sur YouTube comment faire pousser des légumes chez eux et les restaurateurs recomposent leurs menus sans courgette, brocoli ni chou-fleur, dont les prix ont flambé. Au Nigeria, où l’inflation annuelle a atteint 19 % en avril, les boulangers mélangent désormais à la farine de blé une farine à base de patate douce produite dans le pays pour limiter la hausse de leurs tarifs et garder leurs clients.

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