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A l’Aquaboulevard, ceux qui ne peuvent pas voyager sont « un peu comme en vacances »


Le parc aquatique Aquaboulevard, dans le 15ᵉ arrondissement de Paris, en juillet 2020.

« Le premier dans l’eau a gagné ! » A peine la sirène annonçant le début des vagues dans la piscine principale retentit-elle qu’Adam, 7 ans, barbote déjà dans le bassin avec les autres enfants. « C’est la meilleure journée de l’année », s’époumone-t-il en espérant que sa mère, Fatiah, l’entende. A Aquaboulevard, dans le 15e arrondissement de Paris, flotte un air de vacances, ce week-end du 16 juillet. A l’extérieur, loin du vacarme et des coups de sifflet des maîtres-nageurs, difficile de trouver plus de 2 mètres carrés libres pour poser sa serviette.

Les Franciliens ont pris d’assaut le parc. Dans l’herbe, sur les transats ou les pieds dans le sable, les adultes lézardent au soleil pendant que les plus jeunes allongent les files d’attente aux toboggans. Difficile de choisir entre le trampoline, la piscine à vagues et le saut à la liane : les enfants courent d’attraction en attraction, excités à l’idée de tout tester.

Une parenthèse pour ceux qui n’ont pas les moyens de partir en vacances : 46 % des Français n’ont pu se le permettre en 2021, selon les chiffres du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie.

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En 2022, entre la baisse du pouvoir d’achat, l’explosion des prix du carburant et la flambée de ceux des billets de train ou d’avion, les ménages au budget serré ont dû revoir leurs projets. « Après deux ans de Covid-19, il y a une très forte volonté de départ en vacances. L’inflation qui touche la France ne l’a pas cassée, mais l’a remodelée : on part moins loin, moins longtemps et sur place, on consomme moins », analyse Jean Viard, sociologue et directeur de recherches au CNRS.

« Hors de question que mes enfants ne profitent pas »

Amir, jeune actif de 24 ans venu passer la journée au bord de l’eau avec ses amis, a changé son programme pour cet été. « J’aurais bien aimé aller en Egypte, mais j’aurais dû dépenser au moins 2 000 euros. J’essaierai de partir quand même, mais en France et en septembre », détaille-t-il. D’autres ont été obligés d’abandonner leurs plans. « On avait pour habitude d’aller au Maroc tous les deux ans pour voir notre famille. Cet été, on n’ira pas. Il faut compter en moyenne 500 euros par personne aller-retour et on est cinq, sans compter les frais sur place », regrette Fatiah. Même sans voyage, « hors de question que mes enfants ne profitent pas de leurs deux mois d’été », confie-t-elle.

Un jeune sur trois ne part pas l’été, selon le Secours populaire. « Or, les vacances sont essentielles pour leur développement : cela leur permet de s’ouvrir au monde, de trouver confiance en eux, de se confronter aux autres. Ne pas partir, c’est perdre un vecteur de sociabilité », explique Joëlle Bottalico, directrice générale adjointe de l’association. Mais avec un salaire qui ne dépasse pas le smic (1 302,64 euros net par mois), Fatiah a dû s’adapter. Accompagnée de son amie Rachida, cette auxiliaire de vie est venue de Clichy (Hauts-de-Seine) le temps d’une journée pour permettre aux cinq enfants de couper du quotidien. « Ici, on est un peu comme en vacances. Il y a la chaleur, la piscine, le soleil et les toboggans ! », se réjouit-elle.

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