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la crise du Covid-19 a accéléré la fermeture de lits en 2020


Entre fin 2019 et fin 2020, les capacités d’accueil ont baissé de 1,2%, confirme un rapport de la Drees, publié mardi matin.

Entre fin 2021 et mai 2022, la fermeture de lits dans les hôpitaux a agité la campagne présidentielle. Quelques mois plus tard, la Drees publie ce mardi un état des lieux de la situation des établissements de santé en 2020, année 1 de la pandémie de Covid-19. Le constat vient confirmer les premières estimations du service statistique rattaché au ministère de la Santé, datant de septembre dernier : si le nombre de lits d’hospitalisation complète – autrement dit, avec nuitées – est sur une pente descendante depuis une dizaine d’années, la crise du Covid-19 a accentué cette tendance en 2020.

Au total, 4900 lits ont été fermés en 2020, soit une baisse de 1,2% par rapport à fin 2019, relève le rapport, les capacités d’accueil atteignant 387.000 lits en fin d’année. Ce recul est plus marqué que la dynamique des années précédentes, qui s’établissait à -0,9% par an en moyenne entre 2013 et 2019.

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La baisse du nombre de lits doit être analysée dans le contexte du virage vers l’ambulatoire – c’est-à-dire sans nuitée – à l’œuvre depuis une vingtaine d’années à l’hôpital. S’il a été plus marqué cette année-là, «cela est probablement lié au contexte d’épidémie de Covid-19 et à ses conséquences sur les capacités d’hospitalisation et les ressources humaines hospitalières», avance la Drees. Plusieurs facteurs ont joué, dont les déprogrammations d’opérations non urgentes, la réaffectation de certains personnels aux services de soins critiques, ainsi que la transformation de nombreuses chambres doubles en chambres simple pour éviter la contagion du virus.

Hausse du nombre de lits en soins critiques

«Ce recul est, toutefois, sans commune mesure avec la baisse concomitante de l’activité hospitalière globale, induite par la crise sanitaire», nuance le document : les déprogrammations de soins non urgents, en raison de la pandémie, en sont l’une des causes, avec les mesures de confinement et les gestes barrières ainsi que l’augmentation du non-recours à l’hôpital, provoquée par la peur d’être contaminé par le Covid.

Cette baisse inédite de l’activité hospitalière a ainsi également pesé sur les places d’hospitalisation partielle, qui avaient progressé de 2,5 % par an en moyenne de 2013 à 2019. En 2020, à titre de comparaison, elles n’ont augmenté que de 1,7% (+1300 places). Une hausse «principalement portée par les cliniques privées, tandis que la crise sanitaire semble avoir freiné la dynamique dans les hôpitaux publics et les établissements privés à but non lucratif», précise le service statistique. De même, la crise sanitaire a tiré vers le bas le nombre de passages aux urgences (-17,3% par rapport à 2019), marquant «une rupture avec la croissance continue et dynamique observée depuis 1996».

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Comme le notait la Drees en septembre, si le nombre de lits d’hospitalisation complète a connu une baisse importante entre fin 2019 et fin 2020, la pandémie de Covid-19 a entraîné une hausse significative des capacités en soins critiques, qui prennent en charge les patients dont l’état de santé est très préoccupant. Ces dernières suivaient déjà une tendance à la hausse avant la crise (+6,9% entre fin 2013 et fin 2019), mais elles ont littéralement bondi en raison de la crise sanitaire : le nombre de lits en soins critiques a progressé de 3,6% entre fin 2019 et fin 2020, «soit trois fois plus que la tendance des six années précédentes», indique la Drees. En particulier, le nombre de lits de réanimation a augmenté de 14,3%.

Manque de personnels

À noter cependant, ces données sur les lits d’hospitalisation, notamment en soins critiques, proviennent d’un chiffrage réalisé au 31 décembre de chaque année. Or, «avec la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19, le nombre de lits a connu de fortes variations au cours de l’année 2020, au gré des vagues épidémiques, pointe la Drees. Le déploiement temporaire de lits pour faire face à la pandémie ne se retrouve donc pas dans cet état des lieux de fin d’année.» Le service n’est ainsi pas en capacité de fournir des données sur le nombre de lits ouverts en moyenne sur toute l’année 2020.

Très attendues, les données sur les capacités d’accueil hospitalières à fin 2021 seront dévoilées par la direction statistique à la fin du mois de septembre. Mais plusieurs professionnels interrogés se montrent pessimistes. «Les fermetures de lits continuent, estime le médecin urgentiste Christophe Prudhomme, délégué national CGT Santé, parce que les opérations de restructuration prévues, accélérées par les ministres de la Santé successifs, sont toujours dans la même logique : quand vous rénovez un hôpital, il faut qu’il y ait au minimum 20% de suppressions de lits, ça n’a pas changé». Et ce, malgré la crise sanitaire.

De son côté, Rémi Salomon considère qu’il est difficile d’estimer l’évolution des capacités d’accueil hospitalières depuis deux ans. Mais, selon le président de la Conférence des présidents de commission médicale d’établissement (CME) de CHU, les lits qui ferment ces derniers mois «ne le sont pas par choix, mais par manque de personnels». Une extrémité à laquelle sont contraints nombre d’hôpitaux cet été, à Bordeaux, Besançon, Rennes, Vierzon, Dijon ou encore Poitiers. Quant aux fermetures «sèches» de lits, «la grande majorité est due à l’évolution des modes de prise en charge, pour aller sur plus d’ambulatoire», indique-t-on à la FHF, qui dit ne pas avoir de chiffres plus récents que la Drees. Nul doute que la prochaine publication sur ce sujet sera scrutée de près, y compris par les acteurs politiques.


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