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«Jamais je n’aurais cru que la crise durerait aussi longtemps», confie Jean-François Delfraissy


Après plus de deux années de surveillance de l’épidémie, le Conseil scientifique tire sa révérence ce dimanche 31 juillet.

«Je trouve bien que le Conseil scientifique prenne fin en même temps que l’état d’urgence sanitaire, confie au Parisien, Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique. C’est à la fois un retour vers les libertés et la preuve que l’on sait mieux gérer cette crise.» Alors que le Conseil scientifique vit ses dernières heures – ce dernier fermera ses portes le 31 juillet – son président fait le bilan de deux années de surveillance d’une épidémie qui contamine encore 55.000 personnes chaque jour en France.

Dès février 2020, lors d’une réunion à l’OMS avec les scientifiques chinois, l’immunologue s’est douté que «la crise serait sûrement beaucoup plus grave que ce qu’on croyait». Mais «jamais il n’aurait cru qu’elle durerait si longtemps». Ce virus est «une vraie vacherie, il l’était en 2020, il le reste en 2022!», confie-t-il dans cet entretien en détaillant ses regrets mais aussi ses réussites pendant plus de 2 ans de pandémie.

Des regrets et des réussites

Son «premier regret», qui le suivra «tout au long de sa vie» est d’avoir fait passer en juin 2020, lors du déconfinement dans les Ehpad, la «santé avant tout, au détriment, peut-être, d’une forme d’humanité». «Mon deuxième regret, c’est qu’on aurait pu prendre des décisions avec les citoyens, juge-t-il. On aurait pu, par exemple, interroger les parents sur la réouverture des écoles».

Il regrette par ailleurs que durant cette crise l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) «n’ait pas pris le pouvoir sur les vaccins». «C’est à elle de guider les industriels et non à eux de dire à quel moment il faut les adapter», estime-t-il, qualifiant de «profonde erreur» ce «manque de vision stratégique et scientifique».

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Du côté des «réussites», il se félicite que «l’excès de mortalité en France en 2020 et 2021» soit «bien plus faible que chez nos voisins européens». «Ce qui me rassure, c’est que l’on est revenu au modèle de la recommandation et non plus de l’interdiction», ajoute-t-il, jugeant par exemple «important de continuer à porter le masque à l’hôpital, mais c’est désormais aux Français de choisir».

Après la fin juillet, un comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires, au-delà du Covid, doit prendre le relais du Conseil scientifique. «Je ne me fais pas d’illusion. On aura de nouveaux outils, mais on sera surpris par un nouveau virus qui aura d’autres propriétés.»



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