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Le prix de l’énergie fait plonger le déficit commercial français à 71 milliards d’euros au premier semestre 2022


Le navire porte-conteneurs « Jacques-Saadé », de la compagnie CMA CGM, au port du Havre (Seine-Maritime), le 21 janvier 2021.

La flambée des prix de l’énergie intervenue au premier semestre, qui fait grimper l’inflation et complique les fins de mois, dégrade aussi les comptes commerciaux de la France. Sur les six premiers mois de 2022, celle-ci a vu ses importations, gonflées par la hausse des cours du pétrole et du gaz, augmenter de 26 % par rapport au second semestre 2019. Elles ont atteint un total de 356 milliards d’euros, selon les chiffres publiés, vendredi 5 août, par la direction générale des douanes et la Banque de France.

Quoique en phase de rebond depuis le point bas atteint en 2020, l’accroissement des exportations, qui ne bénéficient pas du même « effet prix », ne compense pas ce surcoût. Elles ont crû de 13 %, soit deux fois moins que les importations, pour atteindre 285 milliards d’euros. Si bien que le déficit des échanges de biens s’élève à 71 milliards d’euros sur un semestre contre 51 milliards au second semestre 2021 et 84 milliards sur l’ensemble de l’année écoulée.

Lire l’éditorial du « Monde » : Commerce extérieur : un mal français

A lui seul, le renchérissement de l’énergie creuse le déficit de plus d’une vingtaine de milliards. La facture énergétique, en effet, est passée de 27 milliards d’euros au second semestre 2021 à 48 milliards au premier semestre 2022. Mais, tempère l’exécutif, l’Hexagone n’est pas le seul à subir cet effet collatéral de la hausse des prix de l’énergie. « Dans un monde très perturbé depuis l’agression de l’Ukraine par la Russie, la France connaît le même sort que les principaux pays de l’Union européenne », plaide Olivier Becht, ministre délégué auprès de la ministre de l’Europe et des affaires étrangères, chargé du commerce extérieur, de l’attractivité et des Français de l’étranger. « Tous voient leur solde commercial se dégrader, depuis le début de l’année 2022, du fait de l’explosion du prix de l’énergie. »

« Problèmes structurels »

Le ministère préfère souligner la résilience de certains secteurs exportateurs et le dynamisme retrouvé des échanges tricolores, après le marasme dû au Covid-19. Hors énergie et matériel militaire, fait-il valoir, le solde des échanges commerciaux s’améliorerait « légèrement ». Quelques filières connaissent une belle progression à l’export, depuis la fin de 2019, dont l’agroalimentaire (+ 25 %), le textile (+ 26 %), les cosmétiques et les parfums (+ 22 %).

Cependant, les deux locomotives de l’export à la française restent à la traîne : l’aéronautique, toujours en retrait d’un bon tiers par rapport à l’avant-crise (– 34 %), et, dans une moindre mesure, l’automobile (– 8 %). Autre évolution notable, et le signe peut-être d’une réorganisation des chaînes de valeur à l’échelle mondiale, ce sont les partenaires et clients européens du pays qui contribuent le plus à l’accroissement de ses exportations.

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