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Un début de législature marqué par le grand retour du Parlement


A l’Assemblée nationale, les sessions extraordinaires portent souvent bien leur nom. Jeudi 4 août, les députés se précipitaient, bagages sous le bras, pour regagner leurs circonscriptions. Le vote définitif des mesures du gouvernement sur le « pouvoir d’achat » venait ainsi clore sept semaines de débats au Palais-Bourbon où chaque élu, chaque groupe a tenté de se frayer un chemin dans cette Assemblée aux équilibres fragiles, conséquence des législatives des 12 et 19 juin.

Pas de majorité absolue pour Emmanuel Macron. 89 députés d’extrême droite. Une union de la gauche ressuscitée. La droite républicaine encore debout. Pour la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, l’institution est « plus que jamais représentative des Français et, en conséquence, des fractures de la société, des clivages politiques et idéologiques ». Première femme élue à ce poste, l’ancienne présidente de la commission des lois de l’Assemblée est l’un des symboles de ce nouveau rapport de force entre le Parlement et l’exécutif, elle qui n’était pas la candidate poussée par l’Elysée.

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Sonnés par la perte de la majorité absolue au lendemain des élections – le groupe compte 250 députés, certains élus du camp présidentiel se préparaient à vivre une crise politique d’ampleur. Un mois et demi plus tard, ils sont parvenus à s’accommoder de l’adversité. « Les textes de lois sont adoptés, les commissions mixtes paritaires (CMP) sont un succès, il n’y a pas eu d’obstruction… Les voyants sont au vert dans une Assemblée qui est en train de prendre toute sa place », se réjouit Mme Braun-Pivet.

Les macronistes en minorité

Si la coalition présidentielle se vante d’avoir fait adopter ses trois principaux projets de loi à l’ordre du jour – sur le Covid-19 et le pouvoir d’achat –, présentés comme « techniques » et « consensuels », les jours et les nuits de débats pour parvenir au résultat escompté ont fait douter plus d’une fois dans la majorité. « On a peut-être été naïf en pensant que ça passerait beaucoup plus facilement », admet le président des députés MoDem, Jean-Paul Mattei (Pyrénées-Atlantiques), qui a vécu ces dernières semaines comme « un round d’observation » .

La présidente du groupe Renaissance, Aurore Bergé, salue le ministre de l’agriculture, Marc Fesneau, à l’Assemblée nationale, le 11 juillet 2022.

Les oppositions, aussi hétéroclites soient-elles, ont fait la démonstration qu’elles pouvaient mettre en minorité les élus macronistes. Le premier avertissement est survenu lors de l’examen à l’Assemblée nationale du projet de loi sur le Covid-19. Le rejet de son article 2 (portant sur la possibilité de rétablir le passe sanitaire pour les voyages « extra-hexagonaux »), le 13 juillet, a suffi à faire trembler l’exécutif. « L’heure est grave », avait alerté, au milieu de la nuit, la première ministre Elisabeth Borne. « Un coup de chaud nocturne », avait euphémisé, quelques heures plus tard, le président de la République Emmanuel Macron lors de son interview du 14-Juillet, avant d’accuser « une alliance baroque » entre le Rassemblement national (RN), Les Républicains (LR) et la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes). Pourtant, ce soir-là s’écrivaient les conditions de la nouvelle donne politique à l’Assemblée nationale. Pas de coalition gouvernementale, encore moins d’examen « texte par texte », mais bien une discussion exigeante sur chaque amendement, chaque article.

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