fbpx

Du « dieselgate » à la guerre en Ukraine, les sept années qui ont révolutionné la voiture


Recyclage d’une batterie à l’usine Volkswagen de Salzgitter, en Allemagne, le 18 mai 2022.

La scène se déroule sur l’aire de Ressons-sur-Matz (Oise), le long de l’autoroute A1, samedi 30 juillet. Plus de 10 voitures électriques font la queue aux bornes de recharge, promises à une longue attente. Prise en photo par un passant et envoyée sur Twitter, l’image fera réagir quelques internautes, avant de laisser place à l’indifférence réservée aux moments banals. Pourtant, cette scène – et, plus encore, sa normalité – a quelque chose d’inouï. Elle résume l’immense bouleversement, la « tempête parfaite », qu’a connu l’automobile, en quelques années, à l’échelle de son histoire. Sept ans précisément.

C’est à l’été 2015 qu’éclate le scandale Volkswagen, le « dieselgate », top départ de cette grande transformation. Sous la pression des autorités américaines, la firme allemande reconnaît avoir installé dans ses véhicules un logiciel truqueur destiné à cacher la réalité de la pollution de ses moteurs diesel. « La tricherie a eu pour conséquence de démonétiser la parole des constructeurs automobiles », estime Flavien Neuvy, économiste de l’automobile, directeur de l’Observatoire Cetelem.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Par un « vote historique », le moteur à explosion appelé à disparaître en Europe

« A partir de là, l’influence des industriels de l’automobile a été remplacée par celle des ONG, ajoute Eric Champarnaud, associé et cofondateur du cabinet d’analyse marketing C-Ways. Au bout du compte, cela donne, cet été, un Parlement européen qui bannit le moteur thermique en 2035. » Place donc à une transformation majeure, qui peut se résumer au triptyque électrification, digitalisation, inflation. L’association des trois phénomènes, accélérés ou mis en exergue par le dérèglement climatique, la crise du Covid-19 à partir du début 2020 et la guerre en Ukraine depuis le 24 février, va révolutionner le modèle économique des constructeurs.

Effondrement des ventes

Les derniers chiffres de l’actualité automobile permettent d’illustrer l’ampleur de ces mutations. En France, les ventes de voitures neuves, en baisse de 7 % au mois de juillet, ont connu leur quatorzième recul mensuel consécutif. Le phénomène de décroissance des volumes est mondial. Ces baisses d’immatriculations ont encore affecté presque tous les grands marchés : Etats-Unis (− 12 %), Allemagne (− 13 %), Royaume-Uni (− 16 %), Japon (− 7 %)… « La décennie dorée 2009-2019, période quasi ininterrompue d’expansion automobile, a pris fin », juge M. Neuvy. « L’industrie a connu l’illusion d’un marché à croissance infinie, porté par la Chine, premier marché mondial », explique M. Champarnaud.

Le pic automobile a été atteint en 2017 et 2018, avec 94 millions de véhicules neufs vendus dans le monde. Puis, après un léger fléchissement en 2019, les ventes globales se sont effondrées en 2020 (− 18 %). Selon les prévisions, elles seront, en 2022, pour la troisième année consécutive, un peu en dessous des 80 millions, alors qu’en 2015, les experts les voyaient dépasser allègrement les 100 millions au tournant des années 2020. L’évolution des motorisations dans la structure des ventes est la plus frappante. Après le « dieselgate », le gazole a sombré bien plus rapidement que ce qu’imaginaient les prévisionnistes juste après le scandale.

Il vous reste 55.29% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Lire la suite
www.lemonde.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.