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A Rodez, une gériatrie ambulatoire pour optimiser les ressources hospitalières


Il est 8 h 30 en ce lundi de juillet, la docteure Daniele Kaya-Vaur, cheffe du service gériatrie du centre hospitalier de Rodez, débarque dans son bureau. Elle jette un œil à son agenda et file en « réunion de staff ». Devant son équipe soignante de 9 personnes (100 % féminine), elle s’empresse de raconter son week-end. Il est vrai qu’il a fait beau et doux dans l’Aveyron, la ville est en fête, elle vient d’accueillir le rallye automobile du Rouergue et s’apprête à être ville étape du Tour de France cycliste.

Elle commence donc : « Samedi matin, chambre 402, la radio de contrôle indique un écoulement ; chambre 404, j’ai suspecté une infection vertébrale et négocié une IRM, en plus le patient est positif au Covid ; chambre 406… » D’astreinte gériatrique mobile, la médecin a contrôlé deux jours durant, avec l’appui de quatre infirmières et autant d’aides-soignantes, l’état de santé des occupants de trente lits de l’unité de soins de longue durée, plus seize de soins de suite et de réadaptation, et encore trente et un de courts séjours gériatriques. Aux patients de l’hôpital s’ajoute le suivi des cent trente-cinq résidents de l’Ehpad voisin Les Peyrieres. En prime, elle assure la permanence téléphonique gériatrique qui fait le lien entre l’hôpital, la médecine de ville et les Ehpad du territoire.

La docteure Daniele Kaya-Vaur, à l’hôpital de Rodez , le 18 juillet 2022.

Cette équipe de spécialistes du grand âge a été constituée lors de la première vague de Covid-19, en 2020. Alors que la pandémie faisait des ravages parmi ces personnes, « il a fallu rapidement mettre en place une équipe dédiée, composée d’un médecin infectiologue, d’un hygiéniste et d’un gériatre, pour instaurer sur le terrain un système d’isolement des patients Covid », explique la docteure Kaya-Vaur. Ensuite, un médecin coordinateur a été chargé de flécher les prises en charge en tenant compte de la dimension polypathologique des personnes âgées, afin qu’elles soient tout de suite orientées dans la filière adéquate sans nécessairement passer par les urgences. Une manière de prévenir une embolie du service.

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La garde du week-end terminée, Daniele Kaya-Vaur passe le téléphone d’astreinte à sa consœur, la docteure Elise Carrez, qui va à son tour répondre aux appels, prioriser les urgences, flécher les parcours. « Le téléphone maudit », lâche-t-elle. Car la médecin sait qu’elle ne pourra pas, à chaque appel, répondre positivement aux sollicitations des médecins et donner suite à l’hospitalisation qu’ils attendent pour leur patient. Le service est plein et les prévisions de sortie sont rares. Le taux d’occupation des lits frôle les 100 %.

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