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Le marché immobilier ralentit en Europe


Un quartier résidentiel de la ville de Bad Staffelstein (Allemagne), le 18 juillet 2022.

« Le marché de l’immobilier va atterrir et il ne faut pas s’en affoler ». Frédéric Violeau, notaire à Caen et chargé des statistiques immobilières nationales du Conseil supérieur du notariat estime même que « la stabilisation est bienvenue et cohérente, après la flambée des volumes de transactions et des prix de l’immobilier depuis la sortie du premier confinement lié à la pandémie mi-2020 ». Un phénomène « européen et même mondial qui a touché la plupart des pays de l’OCDE ».

Les ménages cherchaient alors la pièce supplémentaire dont ils avaient besoin, un peu plus de verdure, autant d’envies qui ont déclenché un investissement. A la fin de 2019, juste avant la crise sanitaire liée au Covid-19, la France a dépassé le seuil du million de transactions immobilières. Un record largement battu deux ans plus tard, fin 2021, avec plus de 1,2 million de transactions réalisées. « Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, poursuit Frédéric Violeau. Notre ressenti aujourd’hui est qu’on n’achète plus n’importe quoi à n’importe quel prix, un dialogue économique commence à se restaurer entre acheteur et vendeur. » Les notaires s’attendent pour cette année 2022 « à une redescente, autour de 1 million de transactions, puis les prix se stabiliseront », ajoute-t-il. Selon le réseau d’agences Century 21, les prix stagnent déjà, en particulier dans les grandes villes, à Paris, Bordeaux, Nantes ou Rennes.

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C’est en réalité l’ensemble du marché immobilier européen qui commence à s’essouffler. Dans une analyse publiée en juillet, l’agence de notation S&P évoque ainsi un « atterrissage en douceur » sur les principaux marchés en Europe, et plus précisément un « ralentissement de la hausse des prix de l’immobilier : près de 10 % en moyenne en 2021, 5 % cette année et 3 % en 2023 ». Cette moyenne masque toutefois de grandes disparités entre les pays, puisque les prix des logements devraient reculer dès cette année en Suède et l’an prochain au Royaume-Uni, selon les estimations de S&P Global Ratings. « Nous avons atteint un point haut en termes d’activité et de prix immobilier », résume Sylvain Broyer, chef économiste pour la région Europe de l’agence S&P.

Hausse des taux de crédit immobilier dans la zone euro

Ce tournant s’explique en premier lieu par la hausse des taux des crédits immobiliers en Europe, qui limitent les marges d’endettement des ménages. La forte poussée d’inflation depuis le début de l’année, renforcée par la guerre en Ukraine, a fait monter les taux d’intérêt à long terme, sur lesquels se basent les banques pour fixer les taux de leurs prêts à l’habitat. La Banque centrale européenne (BCE) a en outre commencé en juillet à augmenter ses taux directeurs pour tenter de juguler cette inflation galopante, mais ce mouvement a été largement anticipé par le marché.

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