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le gouvernement annonce des mesures jugées insuffisantes


Une infirmière s’occupe d’un nouveau-né, au service maternité d’un hôpital, à Paris, le 29 juin 2022.

L’enveloppe promise par le ministre de la santé, François Braun, pour venir en aide aux services pédiatriques a été gonflée à 400 millions d’euros. L’annonce a été faite mercredi 2 novembre au soir, sous la pression des soignants, après une journée de rencontres à l’Elysée puis au ministère de la santé. Ce sont ainsi 250 millions d’euros qui ont été ajoutés aux 150 millions déjà promis le 23 octobre par le gouvernement pour soutenir « les services en tension » de l’hôpital. Cet argent doit permettre de réinstaurer jusqu’au 31 mars 2023 certaines mesures mises en place cet été, comme le doublement de la rémunération des heures de nuit pour « l’ensemble des personnels de l’hôpital ».

Surtout, la « prime de soins critiques » accordée à certaines catégories d’infirmiers pour répondre à la crise du Covid-19 va être étendue à tous les personnels paramédicaux travaillant dans ces services sous tension, et notamment aux puéricultrices de services pédiatriques, qui en étaient jusque-là exclues. Ces mesures visent à « reconnaître l’investissement sans faille de nos professionnels hospitaliers », a déclaré François Braun mercredi, au cours d’une conférence de presse. Le ministre a reconnu une « situation préoccupante » dans les hôpitaux, liée à une épidémie de bronchiolite « inquiétante ».

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Pour Olivier Brissaud, chef de service de réanimation pédiatrique au CHU de Bordeaux, qui a participé à la réunion au ministère, cette dernière mesure représente « un signal fort envers le personnel paramédical et une prise de conscience de l’oubli majeur de cet été ». Concernant l’autre mesure « recyclée », « ce n’est qu’un pansement qui va encore plus épuiser les personnels ». Désormais, « il faut avancer » : le ministère a annoncé la mise en place prochaine de groupes de travail thématiques censés déboucher au printemps 2023 sur des assises nationales de la pédiatrie.

Même constat pour Isabelle Desguerre, cheffe du service de neurologie pédiatrique à l’hôpital Necker-Enfants malades, dans le 15e arrondissement de Paris : « C’est une petite réponse à un gros problème, mais on ne va pas cracher sur les petites mesures qu’on nous propose. » « Maintenant il faut que le travail de réflexion aboutisse à un plan d’action financé et millimétré », soutient la neuropédiatre, qui a également participé à la réunion.

« On met les enfants en danger »

« Le problème de fond concerne le besoin de reconnaissance des spécificités de la pédiatrie », avance-t-elle. Des solutions soutenues par les professionnels ont été publiées mercredi matin dans Sud-Ouest dans une tribune signée par tous les responsables des réanimations pédiatriques françaises, sans exception. Respect strict et permanent des ratios de personnels paramédicaux par rapport aux lits ouverts en soins critiques (légalement, une infirmière pour deux lits), adaptation du nombre de lits de soins critiques pédiatriques au bassin de population et ouverture maintenue de ces lits toute l’année… Autant de propositions qui devront être étudiées en vue des assises du printemps.

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