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Renault Kangoo contre Mercedes T: lequel de deux ludospaces choisir?


Renault n’a pas créé le ludospace, contrairement à une légende tenace. Son fameux Kangoo n’est arrivé, en 1997, qu’un an après le… Citroën Berlingo. Il n’empêche. Ce véhicule à la bouille rondouillarde de bande dessinée, qui en plus est livré dans des couleurs acidulées comme le fameux jaune vif, a connu un succès fou. Ligne sympathique, espace intérieur, praticité, rusticité, entretien économique et prix abordable. Dans ses versions utilitaire comme voiture particulière, 2,2 millions du premier Kangoo ont été produits de 1997 à 2010 en France, jusqu’en 2018 en Argentine. Reprenant la même allure bonhomme, mais avec des trains roulants plus sophistiqués, la deuxième génération a même battu ce record, malgré des tarifs en hausse, avec 2,4 millions de 2007 à 2021. Y compris les versions destinées à une commercialisation par Nissan et Mercedes. La troisième mouture a été lancée, elle, en juin 2021. Son départ a été hélas chaotique… à cause de l’épidémie de Covid et du manque de composants. Il s’en est du coup produit à peine 25.400 exemplaires l’an passé à Maubeuge (Nord).

Le Kangoo III n’en perpétue pas moins les fondamentaux qui lui ont valu sa renommée: habitabilité, accessibilité, aptitude à charger, polyvalence d’utilisation familiale et professionnelle, fonctionnalité décontractée, possibilités d’escapades hors bitume avec ses suspensions souples. « C’est un véhicule unique du foyer, plutôt destiné à une clientèle de  province pas trop citadine », expliquait au lancement du Kangoo III Thierry Plantegenest, directeur commercial en charge des utilitaires Renault. « On est en plein dans les valeurs post-Covid de retour à la campagne », insistait-il. Mais les ludospaces ne sont plus en vogue. Ils représentent à peine 1% du marché français (avec les minispaces), soit 40.000 véhicules par an environ selon Mercedes. Les écologistes lui reprochent d’être trop hauts et d’avoir une carrure d’utilitaire qui les rend un peu plus émetteurs de CO2. D’où les malus qui les frappent. Ensuite, les clients préfèrent désormais les SUV bling-bling à ces véhicules d’allure débonnaire et anti-statutaire. Notre société n’est pas à un paradoxe près.

Mercedes Classe T Crédit : Mercedes
Mercedes Classe T Crédit : Mercedes

Nouveauté: le 1,5 dCi 115 et la boîte EDC

Au lancement du Kangoo III, l’offre était initialement réduite, mais Renault a ajouté depuis des diesels plus puissants et propose désormais la très précieuse boîte à double embrayage EDC. Autre nouveauté: Mercedes lance son propre dérivé baptisé pompeusement Classe T. On a donc le choix aujourd’hui entre les Renault Kangoo et ses quasi-clones Mercedes T et même Nissan Townstar. Nous avons donc repris le volant d’un Kangoo III, essayé en avril 2021 dans une version diesel de 95 chevaux. Ici, nous héritons du même moteur bien connu 1,5 dCi, mais porté à 115 chevaux, avec la transmission EDC, d’origine allemande Getrag. Et, privilège, nous avons pu tester concomitamment le Mercedes doté de la même mécanique. C’est l’un des tout premiers exemplaires immatriculés par la firme à l’étoile dans l’Hexagone et diffusé par son réseau de vente d’utilitaires mais aussi une cinquantaine de concessionnaires auto sélectionnés pour écouler les dérivés voitures particulières desdits utilitaires.

La fonction (accessibilité, habitabilité, modularité) dicte l’esthétique et c’est très bien pour un tel modèle. Les rondeurs se combinent à un aspect plus carré, musculeux, que sur les précédents Kangoo. L’ensemble nous paraît réussi, équilibré et cohérent avec la vocation de l’engin. Pas d’ajouts tapageurs, de boursouflures prétentieuses. C’est simple et net. Parfait, mais il manque curieusement des protections latérales. Le Mercedes est sans doute le plus réussi grâce à un avant personnalisé et aux phares de la Classe B. Ajoutons que, comme à son habitude, le Kangoo, mais aussi le Classe T, se veut coloré. Des teintes lumineuses sont ainsi disponibles, comme un brun orangé, un rouge carmin également gai, les deux à 650 euros. Mercedes propose une palette encore plus étendue avec de très beaux coloris (dix), dont un rouge ou un bleu de série, voire un jaune optionnel sur notre véhicule d’essai. L’option est étrangement un peu moins chère chez Mercedes (612 euros) que les peintures métallisées chez Renault. C’est d’ailleurs bien le seul élément moins onéreux chez l’allemand.

Renault Kangoo dCi 95 Intens - 5 Crédit : Challenges - N. Meunier
Renault Kangoo dCi 95 Intens – 5 Crédit : Challenges – N. Meunier

L’allemand plus valorisant… et compliqué

L’intérieur est différent. Celui du Kangoo est plus simple, le Mercedes plus valorisant avec une planche de bord flatteuse recouverte de simili-cuir qui la rapproche des autres modèles de la marque. Certains matériaux apparaissent de meilleure facture. Mais on préfère la simplicité des menus du Renault, le Classe T étant beaucoup plus complexe.  Chez Renault, les fonctions sont bien repérables, les réglages précis et faciles. Exemplaire. Chez Mercedes, il faut déconnecter cette idiote et exaspérante alerte de changement de ligne à chaque fois que l’on démarre, en allant chercher systématiquement les sous-menus dans l’écran. Ce n’est en revanche pas le cas chez Renault. Mais paradoxalement le Kangoo pâtit d’une alerté latérale arrière irritante et intempestive, ainsi que d’un freinage d’urgence beaucoup trop intrusif, même réglé au minimum…



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