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En banlieue parisienne, l’euphorie d’après-crise sanitaire est finie



En banlieue parisienne, l'euphorie d'après-crise sanitaire est finie

Le coup de frein est net: partout en Ile-de-France, le nombre de transactions marque le pas, les délais de vente s’allongent et les acheteurs commencent à imposer des baisses de prix. « Les volumes ont baissé de 7% sur un an à fin juillet, et les avant-contrats que nous voyons passer confirment la tendance sur les dernières semaines », affirme Elodie Frémont, porte-parole des notaires du Grand Paris.

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A Saint-Cyr l’Ecole (Yvelines), par exemple, l’euphorie post-Covid est retombée: les prix des maisons y avaient explosé, car c’était devenu un marché de report de sa voisine Versailles. Dans toutes les villes où nos journalistes ont enquêté, le constat est le même. En cause: les prix, qui avaient beaucoup augmenté, commencent à effrayer les acheteurs, confrontés à des refus de prêt et des mensualités qui grimpent aussi vite que la hausse des taux. La pression à la baisse est d’autant plus sensible dans les communes qui ont vu leur marché s’envoler ces dernières années. A Bagnolet, en Seine-Saint-Denis, où les tarifs des appartements avaient augmenté de 41% en cinq ans, selon Meilleurs Agents, ils ont baissé de 1% entre juillet et septembre. Idem à Romainville, dans le même département, après un bond de 48% en cinq ans, à Alfortville (+ 28%), dans le Val-de-Marne, à Puteaux (+ 24,5%) et Malakoff (+ 27,6%) dans les Hauts-de-Seine…

Stocks en hausse

Les vendeurs, de leur côté, ne l’ont pas toujours compris et campent sur des « prix Covid ». Signe des temps, dans les agences franciliennes du réseau Laforêt Immobilier, « les stocks ont augmenté de 8% en un an », note Yann Jehanno, président du groupe. A Massy (Essonne), même constat: les stocks gonflent, notamment dans le quartier Atlantis, où les prix s’en ressentent: « Nous sommes passés en quelques mois de 5.200 euros le m² à 4.800 euros le m² », assure Anouk Charreire, directrice de l’agence Nestenn. L’Est parisien n’échappe pas au coup de frein. A Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne), même les maisons de 100 m² proches de la gare, jusqu’alors recherchées, redescendent sous la barre des 500.000 euros, perdant plus de 5% en moins d’un an…

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Surtout, les acheteurs sont devenus plus sensibles aux défauts des logements (mauvaise orientation, absence d’espaces extérieurs, bilan énergétique défavorable). A Sceaux (Hauts-de-Seine), la baisse du prix des appartements (- 3,5% sur un an, à juin dernier, selon les notaires du Grand Paris) a été plus forte pour les biens énergivores, qui ne se vendent que « si le propriétaire est prêt à concéder une grosse décote », reconnaît Sami Gaid, directeur de l’agence Stéphane Plaza Immobilier Montrouge.

Attraction grandeur nature

Espaces verts, bonnes écoles, accès facile au centre de Paris et à la Défense: Boulogne, Neuilly-sur-Seine et Suresnes séduisent des Parisiens en quête d’horizons plus verts mais proches de la capitale. Et si l’attrait pour ces villes chics de la première couronne est avéré, un attentisme général se fait sentir: les acquéreurs ne sont plus prêts à investir au coup de cœur. « Les prix sont devenus plus rationnels », observe Anne-Laure Antoine, de Daniel Féau Neuilly. Les vendeurs, eux, temporisent, surtout ceux qui ont acheté voilà peu de temps, et ne sont pas prêts à la négociation.



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