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Qui est Ron DeSantis, le gouverneur de Floride qui menace Trump


Mon premier est un garçon américain modèle. Enfance sans histoire, études à Yale puis à Harvard. Service dans la Navy, avec épreuve du feu en Irak. Puis élection à la Chambre des représentants en 2012. Un an après avoir publié un livre dans lequel il affirme que les auteurs de la Constitution « s’inquiétaient de l’émergence de leaders populaires qui utilisent la démagogie pour obtenir le soutien du public au service de leurs ambitions personnelles ». Mon second est un pitbull qui adore provoquer, humilier, écraser. Un type à droite de la droite, pour qui taxer les riches est une abomination, la même Constitution ayant été conçue pour « empêcher la redistribution des richesses par le biais du processus politique « . Un homme qui boycotte les médias quand ils ne s’appellent pas Fox News. Mon premier est l’opposé de Donald Trump. Mon second, son sosie. Mon tout a d’excellentes chances d’être le prochain président des Etats-Unis. Ron DeSantis est candidat pour décrocher un siège à la chambre des représentants, les Américains étant appelés à voter ce mardi 8 novembre pour élire leur futur député

Le type au « look d’agent immobilier »

Difficile à imaginer, pourtant: Ron DeSantis n’a vraiment rien du charisme de Donald Trump. Physique banal, voix nasillarde, éloquence zéro: pas étonnant que ses chances aient été sous-estimées. Mark Schlackman, professeur à l’université d’Etat de Floride, constate qu’il est une créature de l’ex-président: « Donald Trump a lancé Ron DeSantis, alors député. Il est peu probable qu’il aurait gagné la nomination républicaine pour le poste de gouverneur sans cela. » Ron Desantis a laissé se propager ce genre de discours. Le type au « look d’agent immobilier », dixit The Washington Post, a construit sa machine de guerre. Il a commencé doucement, faisant même adopter quelques mesures consensuelles, par exemple sur l’environnement. En un sens, il était déjà au pinacle. Lui l’obscur « congressman » se retrouvait à la tête de l’un des Etats les plus puissants du pays. Que demander de plus? Tout. L’ambitieux sait où il veut aller, il ne lui manque que le moyen d’y arriver. Ce sera le Covid-19.

Très vite, Ron DeSantis se dresse contre les restrictions sanitaires, défend « la liberté plutôt que le faucisme » référence à Anthony Fauci, le « monsieur Covid » du gouvernement, sa bête noire; et laisse les écoles ouvertes. Les médias crient au meurtre, le surnomment « DeathSantis »? Il les ignore. Le gouverneur sait que la base est de son côté, surtout les électeurs hispaniques qui possèdent des petits commerces et entreprises. Se fait immuniser loin des caméras, puis refuse de dire s’il a reçu un rappel. Ron DeSantis exalte la liberté individuelle, devient le chouchou de Fox News. Le Tampa Bay Times met la main sur un courriel d’un producteur de la chaîne de télévision, « Nous le voyons comme l’avenir du parti. » Un avis sans nul doute partagé par le big boss, Rupert Murdoch. 
 



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