découvrez la foisonnante sélection du 74e Festival


Julia Ducournau, François Ozon mèneront un vaste contingent français face aux habitués de la Croisette comme Nanni Moretti. Les stars américaines seront plus rares à cause du Covid. Quatre réalisatrices seulement se glissent dans la compétition.

Exubérance et pléthore de candidats, le comité de sélection de Thierry Frémaux n’a pas chômé pour concocter le programme du 74e festival de Cannes qui animera La Croisette du 6 au 17 juillet. La sélection a nécessité des choix cornéliens qui feront «des déçus, notamment dans le contingent français» et s’avère «très internationale», a lancé en préambule d’une très longue conférence de presse Thierry Frémaux. Ne reste plus qu’à espérer que l’évolution de la crise sanitaire permette aux équipes de faire le voyage.

La barre symbolique des 2000 films soumis a été dépassée, une abondance quantitative et qualitative, salue le directeur général pour qui la pandémie a libéré la créativité. «On a vu des films de confinements avec des personnages avec des masques mais pas tant que cela. Nous avons remarqué une augmentation des longs-métrages réalisés avec des portables», précise Thierry Frémaux qui a multiplié lapsus et gaffes. Le directeur général note «des réalisateurs lanceurs d’alerte où prédominent les thèmes du mystère du couple, l’idée de tout perdre liée à notre crise mondiale, l’idée de partir». Et de promettre «des films qui ont la fièvre et sont force de combat» évoquant des thèmes tels que «les ventes d’arme et la jeunesse du sud».

Catherine Deneuve, Valérie Lemercier et Camille Cottin sur le tapis rouge

Dont acte. Cette sélection compte pour le moment 61 films et s’enrichira de titres supplémentaires, avec un focus sur les questions environnementales. La section Un certain regard accueille 18 titres se recentre sur les premiers films et les cinéastes émergents. En séances spéciales sont annoncés avec des documentaires de Charlotte Gainsbourg sur sa mère Jane Birkin, d’Oliver Stone sur son film culte JFK et un portrait de Val Kilmer et sa lutte contre la maladie. Une nouvelle section Cannes Premières voit le jour pour avoir l’écrin de la Croisette sans la pression de la compétition et mettre en valeur des cinéastes appréciées du festival qui «inspireront les générations futures». Y figurent Arnaud Desplechin qui montrera Tromperie, une adaptation de Philip Roth, Eva Husson, la Britannique Andrea Arnold (Cow), Mathieu Amalric (Serre-moi fort).

Hors compétition, les stars françaises seront présentes en force. Catherine Deneuve et Emmanuelle Bercot fouleront le tapis rouge avec De son vivant. Les rejoindront Valérie Lemercier et son hommage à Céline Dion avec Aline. Également de la partie, Camille Cottin pour présenter le thriller de Tom McCarthy Stillwater dont elle partage l’affiche avec Matt Damon. Le cinéaste Todd Haynes présentera son documentaire sur le Velvet Underground.

Les habitués Moretti, Farhadi au rendez-vous de la compétition

Quant à la compétition officielle, elle se compose de 23 films auxquels s’est ajouté un titre bonus révélé en fin de conférence comme étant le film de Sean Penn Flag Day avec Katheryn Winnick, Miles Teller, Eddie Marsan. Se disputeront la palme d’or des habitués chéris de la Croisette : Nani Moretti (Tre Piani), l’Iranien Asghar Farhadi (Un héros), l’Australien Justin Kurzel (Nitram), le Russe Kirill Serebrennikov (La grippe de Petrov), l’Israélien Nadav Lapid (Le genou d’Ahed), le Finlandais Juho Kuosmanen (Compartment NO.6), le Norvégien Joachim Trier (Julie en douze chapitres), le Belge Joachim Lafosse (Les Intranquilles). Palme d’or controversé pour Oncle Boonmee le Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul défendra son aventure sud-américaine avec Tilda Swinton Memoria.

Outre Sean Penn, Wes Anderson (The French Dispatch) et Sean Baker (Red Rocket) défendront les couleurs du cinéma américain peu représenté en raison de la pandémie. Le Maroc sera représenté par Nabil Ayouch Haut et fort, le Tchad par Mahamat-Saleh Haroun (Lingui). Primé à Berlin, la Hongroise Ildikó Enyedi L’histoire de ma femme. La palme d’or de la longueur reviendra à Drive My car de Ryusuke Hamaguchi tiré d’un roman de Haruki Murakami.

Contingent français fourni

Le contingent français, très riche, compte Jacques Audiard (Les Olympiades au titre victime de blagues assez lourdes de Thierry Frémaux qui ignore qu’il s’agit d’un quartier du 13e arrondissement), Bruno Dumont (France avec Lea Seydoux), Catherine Corsini (La Fracture sur la question sociale et la résilience), François Ozon (Tout s’est bien passé), Julia Ducournau (Titane). Mia Hansen-Love montrera son film à la distribution internationale Bergman island où brillent Tim Roth, Mia Wasikowska et Vicky Krieps. Des titres auxquelles s’ajoutent le film franco-américain d’ouverture Annette avec Adam Driver et Marion Cotillard et le sulfureux Benedetta de Paul Verhoeven avec Virginie Efira.

La parité ne sera encore qu’un lointain mirage avex quatre réalisatrices pour vingt confrères masculins. La composition du jury, présidé par l’Américain Spike Lee, n’a pas encore été dévoilée.

Pas de OO7 sur la Croisette

L’identité du mystérieux «blockbuster américain» n’a pas non plus été révélée, mais Thierry Frémaux a démenti les rumeurs annonçant le dernier volet de James Bond, Dune de Denis Villeneuve ou le West Side Story de Spielberg. Pas de longs-métrages Netflix en vue non plus, même hors compétition alors qu’on annonçait Jane Campion et son Power Of The Dog. Le film de clôture reste un mystère mais Thierry Frémaux promet une «surprise». À suivre…



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