Lyon BD festival, une édition ambitieuse pour braver la pandémie


Malgré les incertitudes liées à la crise sanitaire, le neuvième art investit la ville des lumières, un mois durant. Musées, théâtres ou galeries deviennent les écrins d’une riche programmation dont le point d’orgue, le «In» du 11 au 13 juin.

«Cette édition a été rock’n’roll. Malgré de nombreuses contraintes, on est parvenu à présenter un festival qui ne sera pas moins ambitieux de ce qu’on faisait avant la pandémie», se réjouit Mathieu Diez, le directeur de Lyon BD. Jusqu’aux dernières annonces du gouvernement sur l’ouverture des lieux culturels, fin avril, rien n’était pourtant joué pour la manifestation lyonnaise dédiée au neuvième art.

«Les dernières annonces ont ouvert la voie mais elles étaient tardives. La souplesse des auteurs, des directions des différents lieux culturels qui nous accueillent ou des partenaires, nous a permis de mener à bout cette édition qui n’aurait pas vu le jour sans tout cet océan de bienveillance. Sans oublier l’implication indéfectible de nos équipes…», se satisfait, soulagé, le directeur.

Rencontres, créations artistiques, spectacles, expositions… Rien n’a été laissé au hasard. Jusqu’au 30 juin, la bande dessinée investit dans toute sa splendeur la ville des lumières pour une seizième édition, avec des festivités qui atteindront leur apogée le week-end des 12 et 13 juin, pour la partie «In».

Zep, Joann Sfar, Mathieu Sapin, Florence Cestac…

En raison des contraintes sanitaires, le festival a mis en place un système de réservation en ligne pour les réjouissances prévues à l’Hôtel de Ville, épicentre de la manifestation. Le festivalier profitera d’un créneau de trois heures pour assister aux différents ateliers ou expositions qui y sont proposés. En dehors de ce temps alloué, il pourra également s’inscrire aux activités du théâtre de l’Odéon et de l’Opéra. «C’est une contrainte somme toute assez supportable, estime Mathieu Diez. Elle nous permettra de jongler avec les jauges et de nous assurer une parfaite maîtrise des consignes sanitaires.»

Autre nouveauté cette année liée à la pandémie, l’absence de stands éditeurs et leur lot de dédicaces. Qu’à cela ne tienne ! La manifestation a organisé un parcours des librairies disséminées dans toute la ville pour accueillir les auteurs. Zep, Joann Sfar, Mathieu Sapin, Florence Cestac… figurent parmi les auteurs qui se prêteront à l’exercice.

D’autres auteurs d’envergure tels que Charles Berberian, grand prix à Angoulême en 2008, Pénélope Bagieu, Wilfrid Lupano, Alfred, Riad Sattouf – dont c’est la première venue au festival et qui donnera une rencontre animée par Olivier Delcroix du Figaro -, expriment leur art sous diverses formes. Leur talent est mis en lumière réparti sur une soixantaine de lieux culturels tels que le Théâtre des Célestins ou la grande scène de l’opéra de la ville. Cette implication dans la ville est la marque de fabrique de la manifestation qui, depuis maintenant seize ans, s’évertue à faire sortir la bande dessinée de ses carcans en créant des ponts avec différentes expressions artistiques. «Tout cela crée des échanges, une porosité contribuant à attirer de nouveaux publics», s’enorgueillit Mathieu Diez. Riche et dense, la programmation forte de 80 événements propose de savoureux moments. Tour d’horizon.

Les Temps forts de Lyon BD

La Lyon BD party

Le festival In s’ouvrira le 11 juin avec une soirée gratuite, sous la forme d’un concert dessiné. Parmi les réjouissances, les dessins de Nicolas Pétrimaux, l’auteur du remarqué Il faut flinguer Ramirez, seront accompagnés d’une musique propice à faire revivre l’ambiance déjantée de son ouvrage.

Concert Illustré, chemin des Célestins

Fils de comédiens, Alfred, dont l’album Come Prima a été sacré Fauve d’or à Angoulême en 2014, a appris à dessiner en regardant ses parents répéter sur scène. Une filiation qui lui a ouvert les portes du théâtre antique des Célestins où il a été accueilli en résidence, à l’automne 2020, projetant de croquer l’histoire du lieu. S’étant aventuré dans les coulisses, l’auteur embarque le lecteur dans une promenade nocturne poétique déployée dans l’album Le Chemin des Célestins, édité par Lyon BD. Sur les textes lus d’Olivier Ka et la musique de Didier Lallemant, Alfred réalisera en direct des dessins inspirés de l’histoire du plus vieux des théâtres lyonnais.

Mardi 8 juin à 19 heures.

Climats, concert illustré Raphaelle Macaron et Acid Arab

Toujours aux Célestins, la dessinatrice libanaise Raphaelle Macaron s’associe au collectif électro Acid Arab pour une création transdisciplinaire et originale qui entremêle musique et illustration graphique.

Mercredi 9 juin à 21 heures

Conférence, anatomie du Marsupilami

Frank Pé, dessinateur du célèbre Marsupilami dans la nouvelle série La Bête parue aux éditions Dupuis, rencontre Jean-Sébastien Steyer, paléontologue au CNRS et au Muséum d’histoire naturelle de Paris, à l’occasion d’une « vraie-fausse table ronde scientifique » dédiée à cet étrange animal. La Rencontre sera diffusée en live sur les comptes Facebook et YouTube du musée et de Lyon BD. Le dessinateur investit également l’hôtel de ville de Lyon pour la réalisation d’une grande fresque en direct durant tout le week-end des 12 et 13 juin.

Mercredi 9 juin à 18h, Musée des Confluences

Rencontre Riad Sattouf (En partenariat avec Le Figaro )

L’auteur de la saga L’Arabe du futur sera, pour sa première venue au festival, sur la scène de l’Opéra de Lyon, pour parler de son travail et échanger avec le public. Animée par notre confrère du Figaro Olivier Delcroix, la rencontre sera diffusée en direct sur les sites du Figaro Live et La Claque Fnac.

Samedi 12 juin 2021 à 11h, Opéra de Lyon

Rencontre dessinée avec Zep

Le créateur du garnement à la mèche rebelle Titeuf s’est imposé comme un auteur phare de la bande dessinée pour la jeunesse. Lui aussi nouveau venu à Lyon BD, il abordera toutes les facettes du personnage qui l’a consacrée pour ensuite se prêter à l’exercice audacieux de dessins improvisés en fonction des demandes des enfants du public. La rencontre orchestrée par la journaliste Natacha Lefauconnier est elle aussi organisée en partenariat avec La Fnac et Le Figaro.

Dimanche 13 juin à 11h, Opéra de Lyon

Animation, Le salon de coiffure de Judith Vanistendael

Pour Lyon BD Festival, la jeune dessinatrice, accompagnée de deux autres auteurs, installera des festivaliers «comme dans un salon de coiffure» pour réaliser leurs portraits dessinés en face-à-face. En dessinant, les auteurs discutent et incluent des bribes de la conversation dans le dessin qu’ils réalisent. Le bar du théâtre de l’Odéon sera pour l’occasion habillé d’une exposition présentant La Baleine Bibliothèque, la dernière bande dessinée de Judith Vanistendael publiée aux éditions Le Lombard. Une manière atypique de rencontrer son public qui repartira avec le dessin original sous le bras.

Samedi 12 juin de 14h à 17h avec Xavier Coste et Benjamin Flao Dimanche 13 juin de 14h à 16h, avec Mohamad Kraytem et Élodie Shanta au Théâtre Comédie-Odéon

Exposition Éruptions, la bande dessinée sur le front des contestations contemporaines

Liban, Algérie, Chili, Hong Kong… sont les scènes actuelles de sévères contestations populaires. Souvent, les dessinateurs militent à travers leurs dessins pour accompagner ces mouvements d’inspiration démocratique. Éruptions salue leur courage, afin de «montrer que la bande dessinée est une discipline artistique en prise avec l’actualité», explique Mathieu Diez. Riche d’une soixantaine d’œuvres, l’exposition présente le travail d’une quarantaine d’artistes, hommes ou femmes, prompts à braver le danger, armés de leur crayon, pour témoigner, raconter, s’offusquer parfois…

Planche du Libanais Kamal Hakim tirée du travail Une balade libanaise évoquant les troubles qui ont secoué le Liban pendant l’hiver 2019/2020. 2020 Kamal Hakim

Performance et exposition autour de la Biennale de la danse

À l’occasion de l’Année de la bande dessinée et de la Saison Africa2020, Lyon BD élargit son territoire en s’associant avec la Biennale de la danse. Pour cette première collaboration, les auteurs Chloé Cruchaudet, Zelba et Barly Baruti croqueront sur le vif le défilé dédié à la création africaine. Les dessins feront dans la foulée l’objet d’une exposition sur le site des anciennes usines Fagor-Brandt.

Défilé de la biennale les samedi 5 et dimanche 6 juin. Exposition du 8 au 16 juin

Spectacle adapté de l’album TMLP de Gilles Rochier

Le collectif Improjection s’empare du récit de jeunesse de Gilles Rochier paru en 2012, pour lequel il a reçu le Prix révélation à Angoulême, et réalise un BD-concert auquel participe l’auteur.

Samedi 12 juin à 14h30, Opéra Underground

Et aussi…

Loin d’être exhaustive la liste des événements à ne pas manquer compte également : les ateliers de Charles Berbérian, Pénélope Bagieu, Mathieu Sapin ou Wilfrid Lupano, la table ronde autour de la bande dessinée libanaise, l’exposition consacrée aux auteurs africains, de nombreuses performances et battle BD.

Tout le programme des festivités est à retrouver sur le site du festival.



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www.lefigaro.fr

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