premières images du labyrinthe mental de la créatrice de Westworld avec Hugh Jackman


DECRYPTAGE – Dans la lignée de son beau-frère Christopher Nolan, Lisa Joy imagine une technologie capable d’exhumer les souvenirs les plus enfouis au risque de transformer le passé en addiction. Ses acteurs nous commentent la bande-annonce et cet univers.

Chez les Nolan sont vénérés les labyrinthes mentaux, les paradoxes temporels et les frontières ténues entre rêves et réalité. Après les dédales de Christopher (Inception, Tenet), de son frère Jonathan, scénariste d‘Interstellar et de Mémento, c’est au tour de Lisa Joy de s’élancer avec le thriller Réminiscence qui plonge Hugh Jackman, Thandiwe Newton et Rebecca Ferguson dans un périlleux Miami crépusculaire, submergé par les eaux. L’intrigante bande-annonce, mise en ligne jeudi, esquisse une ambiance poisseuse inspirée du film noir. Signe des espoirs que la Warner place en ce film prévu en salle pour août 2021, ces premières images ont été commentées par sa créatrice et ses acteurs, devant une poignée de journalistes internationaux, dont Le Figaro.

Un concentré d’action inspiré par un deuil et une naissance

En dépit des apparences, ce concentré d’action est né de deux moments intimistes. Co-créatrice de la série HBO Westworld, belle-sœur de Christopher et épouse de Jonathan, Lisa Joy rangeait les affaires de son grand-père décédé quand elle est tombée sur un cliché d’une femme photographiée lors des pérégrinations de jeunesse de son aïeul en Asie. Son grand-père n’avait jamais évoqué cette passante qui lui inspira pourtant le nom qu’il donna à sa propriété en Angleterre. Le caractère sacré de cette rencontre fugace a marqué Lisa Joy qui s’est demandé pourquoi des moments anodins peuvent changer le cours d’une vie ou la marquer à jamais, alors même que l’instant en question peut rapidement devenir flou dans notre mémoire. Elle se met alors à écrire le scénario puis tombe enceinte. «Un soir dans l’épuisement de l’allaitement, je me suis dit que cette odeur si merveilleuse de bébé, ce moment de grâce n’allaient pas durer. Mon enfant grandirait. J’aurais tout donné pour figer cette nuit, ses bruits», raconte la réalisatrice.

Dont acte. Dans Réminiscence, Lisa Joy imagine un futur proche dans lequel la technologie permet de stimuler la mémoire et de projeter ses souvenirs les plus précieux, les plus enfouis en y retrouvant l’émotion du moment même où ils ont été conçus. Jusqu’aux odeurs. Nick Bannister (Hugh Jackman), détective privé et ancien soldat traumatisé par ses expériences, en a fait son gagne-pain avec sa meilleure amie (Thandiwe Newton).

Lisa Joy a refait équipe avec sa comédienne de Westworld, Thandiwe Newton Ben Rothstein/Warner

Leur existence bascule lorsque Nick accepte d’aider une certaine Mae (Rebecca Ferguson) à retrouver ses clefs. La requête, très simple au départ et cette plongée dans l’inconscient de cette élégante inconnue débouchent sur un coup de foudre ravageur qui tournent à l’obsession lorsque Mae se volatilise. Tandis que Nick se bat pour élucider sa disparition, il découvre un terrible complot et doit répondre à la question suivante : jusqu’où est-il prêt à aller pour sauver ceux qu’il aime ? Car tout n’est que faux-semblants, préviennent ses stars Hugh Jackman et Rebecca Ferguson, ravie de jouer avec l’archétype de la femme fatale.

Etre hanté par son passé ou hanter ses souvenirs ?

La comédienne suédoise, révélée par le feuilleton anglais The White Queen puis Mission : impossible, joue un personnage sphinx insaisissable. Seulement vue à travers le regard des autres, des hommes. «Réminiscence nous met en face de notre personnage social et nous demande qui somme-nous ? Qui est Mae ? Chacun des protagonistes en conçoit une image différente que j’incarne. C’était complexe de trouver son essence de cette manière. Elle incarne ce décalage entre ce que l’on veut être, l’impression que l’on fait», résumait celle que l’on retrouvera dans Dune. Rebecca Ferguson était le seul choix possible pour Lisa Joy : «Mae devait chanter, séduire être pleine d’esprit, être défini par le regard des autres tout en se cherchant».

L’énigmatique Mae Warner/Ben Rothstein

Hugh Jackman est arrivé dès la genèse du projet. Lisa Joy l’a approché avant même d’avoir complété son premier jet. La star de X-Men a été intriguée par le concept même du projet : «L’addiction au passé». «On dit souvent que nous sommes hantés par nos souvenirs, mais n’est-ce pas plutôt le contraire? Nous sommes incapables de les laisser en paix, quitte à oublier d’être dans le présent. Nick chasse des rêves, des visions. Souvent, il nous faut toute une vie pour comprendre quel désir il faut vraiment concrétiser plutôt que de se disperser».

Le tournage de Réminiscence s’est achevé juste avant l’irruption du coronavirus, en février 2020. Les échos du film qui dépeint un monde ravagé par la guerre et le réchauffement climatique avec le confinement ont été une source de surprise pour l’équipe. Comme le basculement des relations sociales sur Zoom, une pratique pas si éloigné de la machine de Nick qui sonde la mémoire et en projette les résultats. Sur le plateau, Lisa Joy et ses techniciens ont essayé de développer un dispositif immersif et de limiter le recours aux fonds verts. Une vraie expérience que toute la distribution est impatiente de présenter aux spectateurs. Plus que quelques mois d’attente.



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