La discothèque Distillery refait danser 200 chanceux le temps d’une soirée test en Allemagne


Pour la première fois depuis plus d’un an, le public a pu faire son retour sur la piste dans une boîte de nuit de Leipzig, sans masque et sans distanciation mais en jauge réduite.

Enflammer la piste et danser jusqu’au bout de la nuit le temps d’une soirée, voilà qui était possible pour quelque 200 privilégiés, en Allemagne, samedi. La Distillery, le plus vieux club de l’est de l’Allemagne a pu rouvrir ses portes le temps d’une soirée test, une première dans le pays. Sourire jusqu’aux oreilles, Philipp Kögler, habitué du mythique club techno de Leipzig, a avoué qu’après plus d’un an sans boîte de nuit, il a l’impression que tout est resté comme avant. «Ce soir, il n’y a pas de règles ! C’est comme si je revenais d’une semaine de vacances !», s’est-il enthousiasmé à l’AFP. Il était accompagné sur la piste par près de 200 autres clubbeurs, sans masque et sans distanciation mais en jauge plus réduite, la capacité d’accueil étant habituellement de 600 personnes.

Une soirée expérimentale dans le cadre d’un projet mené par plusieurs associations culturelles de Leipzig et encadré par la clinique Saint George, le centre hospitalier universitaire de la ville et l’institut Max Planck qui a développé des tests fiables, rapides et moins chers. Leur objectif: démontrer que les lieux de culture peuvent rouvrir dans les mêmes conditions qu’avant la pandémie de Covid-19, si toutefois tous les participants présentent un test négatif. Ainsi, chaque volontaire devait s’inscrire, puis effectuer le jour même un test antigénique suivi d’un test PCR et devra se refaire tester la semaine prochaine.

«Ça nous a rapprochés des politiques»

Konny, autre clubbeuse, espère que l’expérience sera concluante, tant ces soirées lui manquent: «L’été dernier, il y avait certes des fêtes en plein air – mais ça n’est pas la même chose. Ici personne ne nous juge, on se sent en sécurité. Dans un club, c’est un autre monde». Des cris et des sifflements de joie accueillent la montée en puissance de la musique.

Le gérant de la Distillery, Steffen Kache, est fier que son club soit le premier d’Allemagne à rouvrir : «Tout le monde est jaloux, c’est sûr». L’année écoulée fut compliquée, mais il reconnaît un effet positif à la crise du coronavirus : «Ça nous a rapprochés des politiques. Ils se sont rendu compte de notre importance». Le Bundestag, la chambre basse du parlement, a ainsi récemment voté une loi définissant les clubs comme des lieux de culture, qui doivent à ce titre être protégés. Après avoir travaillé avec la municipalité et les autorités régionales, Steffen Kache juge que cette coopération, «inenvisageable avant la crise», a «réconcilié» la culture underground avec celle des élites.

La fermeture depuis plus d’un an des clubs allemands reste néanmoins une catastrophe pour le secteur. Nombre de lieux risquent de péricliter, préviennent les professionnels. Notamment à Berlin, capitale européenne de la nuit, qui aimantait chaque année des dizaines de milliers de jeunes touristes du monde entier. «Tout ça n’a de sens que si la prochaine étape est la réouverture générale et nationale des lieux culturels et des clubs, sans gestes barrière», plaide Steffen Kache, qui prévient : «Ouvrir pour ensuite refermer serait la plus grosse catastrophe», puisque selon lui, les aides ne permettraient de couvrir que la moitié des dépenses.

Un constat partagé par les patrons de discothèque en France, eux aussi touchés lourdement par la pandémie. Pas de soirée test en prévision dans l’Hexagone, mais une réouverture prévue entre la fin du mois de juin et le début du mois de juillet. La date précise devrait être annoncée par Emmanuel Macron le 21 juin, jour de la Fête de la musique.



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