Une filiale de Vivendi reprend les rênes de Mars Films


Sauver les films. C’est ce qui a motivé principalement le jugement rendu, mercredi 11 août, par le tribunal de commerce de Paris, lequel a validé le plan de redressement par voie de continuation de la société de distribution cinématographique Mars Films, en cédant les clés de l’entreprise à l’un de ses actionnaires, Vivendi Content.

La priorité a clairement été donnée à la préservation du catalogue de près de 200 films et aux conditions nécessaires à la poursuite de son exploitation. Quitte à ce que les autres critères habituels dans ce type de dossier ne pèsent pas lourd. Les onze salariés que compte encore l’entreprise (ils étaient 23 en 2019) seront licenciés. Seul le directeur financier assurera une transition pendant quelques mois. De plus, « les créanciers chirographaires [ne disposant d’aucun privilège particulier] ne seront que très partiellement indemnisés », a révélé le magazine Le Film français, lundi 16 août.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La longue convalescence du cinéma en Europe

Le vice-procureur de la République évoque dans l’hebdomadaire « un plan atypique, élaboré grâce à une ingénierie économique complexe », tandis que l’administrateur judiciaire estime que ce plan « n’a pour vocation qu’à minimiser les dommages, pour les créanciers, de la déconfiture de Mars Films ».

Un passif évalué « entre 63 et 64 millions d’euros »

Ce feuilleton a commencé il y a plus de deux ans. Mars Films, qui a notamment distribué L’Auberge espagnole, de Cédric Klapisch (2002), ou Million Dollar Baby, de Clint Eastwood (2004), a été mis en redressement judiciaire le 1er août 2019. Par la suite, le tribunal de commerce a prorogé les périodes d’observation en raison de la crise sanitaire liée au Covid-19. Plusieurs offres de reprise ont été déposées, visant tout ou partie des actifs de la société dirigée par Stéphane Celerier et Valérie Garcia.

Aucune des propositions, qu’elles émanent d’Artiste Intermédiaire Multimédia et de la société financière Saint James, du groupe Eagle Pictures, de la holding Hildegarde (éditeur du Film français), de Single Man Productions ou encore de Zazi Films, n’a été retenue par le tribunal. Ce dernier a en revanche validé le plan de continuation de Mars Films. Il prévoit que « May Holding [qui appartient à Stéphane Celerier, Valérie Garcia et Véronique Cuilhé] cède l’intégralité de ses actions [soit 70 % de Mars Films] à Vivendi Content ». Cette filiale de Vivendi, présidée par Maxime Saada, détient les 30 % restants depuis décembre 2015. Elle montera donc à 100 %.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La production cinématographique a évité une hécatombe en 2020, selon le CNC

Le jugement évalue le passif de Mars Films « entre 63 et 64 millions d’euros ». La filiale du groupe de Vincent Bolloré a accepté de convertir en capital ses 11,2 millions d’euros de créances. Et paiera au total 17,3 millions, dont 11,6 millions en rachat de créances du fonds d’investissement VisVires et de la banque du cinéma Natixis Coficiné. Avec, comme feuille de route fixée par le tribunal, l’exploitation du catalogue, la réduction du nombre de nouveaux films distribués en salle chaque année et un sérieux coup de frein aux investissements.



Lire la suite
www.lemonde.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *