popote, smala et banalités au quotidien


Glenn Viel, trois étoiles au Michelin depuis 2020 avec L’Oustau de Baumanière, en Provence, fait l’objet d’un épisode de « Chefs », sur TMC.

TMC – MERCREDI 18 AOÛT À 20 H 20 – SÉRIE DE DOCU-RÉALITÉ

Depuis le 2 août, TMC, filiale de TF1, diffuse du lundi au vendredi « Chefs », une nouvelle émission culinaire de télé-réalité. On y suit le quotidien de dix chefs et pâtissiers (sept hommes, trois femmes) plus ou moins réputés, dont deux triplement étoilés – Mauro Colagreco et Glenn Viel –, jurés invités de « Top Chef », sur M6, et trois anciens candidats de la même émission – Florian Barbarot, Kelly Rangama et Matthias Marc. « Chefs » ressemble d’ailleurs beaucoup aux programmes complémentaires de « Top Chef », en fin de soirée, où l’on voit d’ex-candidats et lauréats installés dans leur restaurant, ouvert grâce à la plus ou moins grande et durable notoriété gagnée par leur passage à la télévision.

Sauf que, dans le cas de « Chefs », dont le sous-titre est « En cuisine et en famille », les épisodes s’intéressent autant à la vie familiale des participants qu’à leur cuisine. Comme il faut un peu épicer tout cela, on a retenu une chef née dans une favela, une restauratrice enceinte alors qu’elle était promise à l’infertilité, un pâtissier né sans diaphragme, etc. On compatit, mais on se dit aussi que leur talent devrait suffire à les distinguer.

Programme lénifiant

On a donc droit aux visites chez le gynécologue obstétricien, à la dépose des gamins à l’école, au retour aux sources dans le village natal (pour retrouver les « vraies valeurs »), à la promenade en montagne (pour « prendre de la hauteur »), entre autres banalités. Seul intérêt, mais pas assez développé à ce stade, les conditions de travail par temps de Covid-19.

Comme dans « Top Chef », on cause « djeunz » (« life » pour vie, « poto » pour ami, etc.), on contrefait tant bien que mal le naturel devant la caméra, ou on lui fait des yeux de biche entre deux drames : quand, une demi-heure avant l’ouverture du restaurant, rien n’est prêt, ou qu’un chalumeau en panne empêche une finition façon paupières charbonneuses… Et puis, il faut être coûte que coûte « antigaspi », ce qui est louable. Mais, à entendre certains évoquer leur hantise de gaspiller la moindre épluchure, on se dit que, s’ils se trouvaient à faire leur cueillette avec une roue de brouette hors d’usage, ces chefs vertueux se sentiraient presque obligés de la cuisiner aussi…

Ce lénifiant programme est agrémenté d’images de beaux gosses, version « Je caresse mes cheveux longs et j’accumule les pendentifs sur mon torse velu » ou « Je sors de la douche de la salle de sport, attendez que je couvre mes muscles bandés et encore chauds ». Il n’a cependant pas trouvé son public. Au meilleur de sa forme (143 000 téléspectateurs, 0,7 % du public), « Chefs » faisait moins bien que les rediffusions du magazine « Quotidien », de Yann Barthès, qu’il remplace. Alors que ses épisodes précédents étaient rediffusés à partir de 17 h 15 avant l’inédit de 20 h 20, ceux-ci sont, depuis vendredi 13, remplacés par l’inusable série américaine Monk (2002-2009).

Chefs, série de docu-réalité (Fr., 2021, 11 × 41-46 min).



Lire la suite
www.lemonde.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *