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L’acteur japonais Sonny Chiba est mort


L’acteur japonais Sonny Chiba à cheval à Kanazawa, à l’ouest de Tokyo, en juin 1998.

Une légende est morte. Il fut une des grandes figures du cinéma populaire japonais. Une star qui parvenait à marquer de son charisme brutal, de sa présence les productions les plus anonymes auxquelles il participait. Les grands artistes des arts martiaux sont, comme les grandes vedettes comiques, les véritables auteurs des films dans lesquels ils tiennent la vedette. Sonny Chiba est de ceux-là. Son style, pourtant, fut particulier, peu orthodoxe, moderne et sauvage à la fois, un marqueur précis de son époque tout autant que celui qui fut son rival, le Hongkongais Bruce Lee. Il vient de disparaître, le 19 août, à Kimitsu, dans la préfecture de Chiba, au Japon, des suites du Covid-19.

L’homme, qui enchaîne les films, devient une star pour les amateurs, au Japon mais aussi aux Etats-Unis

Sadao Maeda – son nom à l’état civil – était né le 23 janvier 1939 à Fukuoka. Son père était pilote dans l’armée. Ses talents athlétiques sont repérés dès le lycée puis à la Nippon Sport Science University de Tokyo. Gymnaste émérite, il aurait dû faire partie de l’équipe olympique japonaise, mais il doit abandonner toute volonté de devenir un sportif à la suite d’une blessure. Il se consacre au karaté, sous la conduite d’un grand maître, Masutatsu Oyama, qu’il incarnera d’ailleurs plus tard, en guise d’hommage, dans trois films. Il se met également à pratiquer d’autres arts martiaux comme le judo, le ju-jitsu ou le kendo. Il est repéré, à la fin des années 1950, par les chasseurs de talents du studio Toei. Renommé Shin’ichi Chiba, il débute dans les séries télévisées Nana-iro kamen (Seven Color Mask), où il incarne une sorte de super-héros, et Ara no shisha. Un de ses premiers films pour le cinéma est, en 1961, Uchu Kaisokusen, de Koji Ohta (Invasion of the Neptune Men). Il tient aussi le rôle principal dans un diptyque inspiré du film noir américain et signé Kinji Fukasaku, Le Type au drôle de chapeau (Funky Hat no kaidanji). Sa carrière durant les années 1960 est celle d’un stakhanoviste de studio avec entre six et dix films par an.

Des films incroyablement brutaux

Début des années 1970. Kinji Fukasaku, justement, sonne le glas de la mode des films de gangsters chevaleresques avec sa série Jingi naki tatakai (Combat sans code d’honneur). Le cinéma de Hongkong triomphe alors avec une série de films où les combats se font désormais à mains nues et où tous les coups sont permis. Une star s’impose dans le genre, Bruce Lee, qui connaîtra une consécration mondiale. En 1974, celui qui est désormais surnommé Sonny Chiba va représenter la réponse japonaise à Bruce Lee avec un personnage sans foi ni loi, homme de main mercenaire et voyou, Takuma Tsurugi, dans la trilogie Satsujin ken (The Street Fighter), dont le premier titre, réalisé par Shigehiro Osawa, est sorti en France, coincé entre deux productions chinoises de kung-fu, sous le titre extravagant d’Autant en emporte mon nunchaku ! Son personnage est particulièrement immoral et vénal. Les films sont incroyablement brutaux. Dans l’un de ceux de cette série, un plan de coupe est inséré durant un combat à mains nues. Il montre la radiographie d’un crâne se fêlant sous les coups mortels du douteux héros incarné par Chiba. Du jamais-vu.

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