A Coutances, un hommage à Randy Weston célèbre l’union entre l’Afrique et le jazz


Cheick Tidiane Seck, le 25 août au festival Jazz sous les pommiers, à Coutances (Manche).

Le festival Jazz sous les pommiers, à Coutances, fête ses 40 ans. Comme tous ses homologues, il a dû s’adapter au contexte hasardeux de l’époque, sous l’emprise du Covid-19. Monter cette édition anniversaire fut un « exercice assez sportif », résume Denis le Bas, son directeur depuis 1986. Il a fallu jongler entre les prescriptions gouvernementales successives, renoncer à beaucoup d’artistes venant de l’extérieur. Déplacé cette année de mai à fin août (« histoire de se donner plus de chances d’exister puisqu’il y aurait plus de gens vaccinés ») donc équipés du passe sanitaire obligatoire, resserré sur cinq jours au lieu de huit, soit du 25 au 29 août, Jazz sous les pommiers fête donc son anniversaire avec un bel éclat.

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Notamment, lors de sa première soirée, mercredi 25 août, avec un hommage rendu par le claviériste et chanteur malien Cheick Tidiane Seck au pianiste et compositeur de jazz afro-américain Randy Weston (1926-2018), qui était passé ici en 1990. Dans l’après-midi, sur la scène du théâtre le tromboniste Fidel Fourneyron avait inauguré le festival avec La Manzana Orquesta. Un « orchestre de la pomme » réunissait autour de lui des musiciens normands qui s’emparent avec une belle aisance d’un répertoire composé essentiellement à partir de standards cubains réarrangés ou de relectures du projet de jazz afro-cubain du tromboniste, ¿Que vola ? (No Format !, 2019). Le même Fourneyron participe aussi à un collectif éphémère, qui doit présenter, le 26 août, une création qui devrait réunir dix artistes de jazz de haut vol ayant déjà effectué une résidence à Coutances, ou qui y sont actuellement (le pianiste Bojan Z, la trompettiste Airelle Besson, la batteuse Anne Paceo, le saxophoniste Thomas de Pourquery…).

Tonus sans faille

En début de soirée, c’était donc Cheick Tidiane Seck, musicien à multiples surnoms – « Black Buddah », « Guerrier », « Che Guevara ». Entouré d’une formation au tonus sans faille (Rodolphe Lauretta au saxophone, le contrebassiste Mohamed Hafsi, Marque Gilmore à la batterie, Thomas Gueï aux percussions ), il a présenté à Coutances son hommage discographique à Randy Weston, lecture des compositions du pianiste américain qui figurait dans son album Timbuktu, paru en 2019 (Komos/L’Autre Distribution).

Cheick Tidiane Seck joue avec le talent joyeux, décontracté et sans frime qui fait sa marque

Passant du piano au clavier Fender Rhodes ou à l’orgue Hammond, Cheick Tidiane Seck joue l’intégralité de l’album avec le talent joyeux, décontracté et sans frime qui fait sa marque. Il y ajoute l’une de ses compositions, Love, incitant à faire chanter le public, toujours friand de ce genre d’exercice et Bisso, un titre composé par son ami, Manu Dibango, « notre baobab », dira-t-il, emporté le 24 mars 2020 par le Covid-19. Cheick Tidiane Seck, lui, en a réchappé, après plusieurs jours d’hospitalisation quelques mois plus tard. Il participera, le 2 septembre, à un hommage à Manu Dibango, lors du festival parisien Jazz à La Villette.

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