Art, mode et design : la rentrée de « M »


Art, mode et design : la rentrée de « M »

Publié aujourd’hui à 17h42

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Grands magasins, galeries, musées et restaurants rouvrent leurs portes pour mieux se réinventer, de manière plus responsable. Adresses, personnalités, expos donnent le ton d’une époque qui démontre avec éclat que le beau peut aussi être l’ami du bien.

De nouvelles adresses, des créateurs à l’honneur, de beaux livres, des expos tous azimuts… la rentrée s’annonce riche en événements. Florilège.

Matignon, nouvel eldorado de l’art

Lorsque Mariane Ibrahim, la galeriste de Chicago, se décide à ouvrir un espace à Paris – juste avant le début de la pandémie –, elle songe spontanément au quartier du Marais, contre, tout contre, ses puissants confrères Thaddaeus Ropac et David Zwirner. Mais quelques amis du métier et des collectionneurs l’en dissuadent, lui murmurant que

« le Marais a atteint son potentiel »

, et l’orientent vers l’avenue Matignon. Surprise ! Elle n’est pas la seule à prospecter vers cette artère percée en 1887, qui connaît depuis peu un incroyable renouveau.

Avant même d’inaugurer, le 18 septembre, un espace de 400 mètres carrés sur trois étages

« d’où l’on peut apercevoir la tour Eiffel »,

la Franco-Somalienne a déjà ses habitudes. La galeriste,

qui défend notamment le Ghanéen Amoako Boafo

, chouchou de la marque Dior, ainsi que des Afro-Américains en vogue, donne ses rendez-vous à la terrasse du très mondain Berkeley et a son rond de serviette au sympathique Mermoz. Elle est en bonne compagnie : Tornabuoni, versé dans l’art italien d’après-guerre, a été le premier à y prendre ses quartiers, en 2009, suivi par les surpuissants anglo-saxons Gagosian et White Cube. Almine Rech et Kamel Mennour ne sont pas loin, tandis qu’Emmanuel Perrotin, avec deux associés, a repris, début 2021, un petit hôtel particulier entièrement dévolu au second marché, à savoir la revente d’art moderne et contemporain.

Il est désormais loin, le temps des enseignes vieillissantes, avec leurs vitrines remplies de natures mortes de Bernard Buffet et de bouquets de Chagall. Le New-Yorkais d’origine suédoise Per Skarstedt l’a bien compris. Ce spécialiste des grands noms du marché, tels Cindy Sherman et Martin Kippenberger, s’arrimera en octobre, pendant la Fiac, au numéro 2 de l’avenue Matignon, dans un espace réaménagé par le décorateur Jacques Grange.


Lire l’enquête :


Les galeries parisiennes préparent l’après-11 mai et envisagent de nouveaux modèles


« Matignon est devenu l’équivalent du quartier de Mayfair »,

analyse Nathalie Obadia, comparant l’avenue parisienne au quartier le plus huppé de Londres. Sans abandonner ses attaches à une rue du Centre Pompidou, la galeriste parisienne ouvre, le 9 septembre, 400 mètres carrés rue du Faubourg-Saint-Honoré, face à la maison de vente Piasa et sur le même trottoir que le futur siège parisien de Sotheby’s. Entre l’hôtel Bristol, qui aimante en temps normal la clientèle internationale, le Laurent, table des grands patrons, ou La Scène, le restaurant doublement étoilé de Stéphanie Le Quellec, non loin du Pavillon de Yannick Alléno, sans oublier le palais de l’Elysée, l’environnement est accueillant pour les collectionneurs, qui vivent ou travaillent dans l’ouest parisien. D’autant que certains assurent que Paris serait devenue impraticable à cause de la ­circulation, et que le Marais leur est inaccessible.


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