Drouot à la recherche d’un nouveau souffle


Alexandre Giquello dirige une vente aux enchères, à Drouot, à Paris, le 5 juin 2020.

Pour Drouot, comme pour tant d’autres, 2020 fut l’annus horribilis : chute de 45 % du chiffre d’affaires, perte de près de 300 000 euros de recettes publicitaires avec la suppression de 9 numéros de La Gazette Drouot. Aujourd’hui, son président, Alexandre Giquello, veut remettre du vent dans les voiles de ce vieux vaisseau endetté, qui, faute de stratégie et de consensus, a maintes fois tangué. Annoncées fin 2020, les réformes commencent à peine à prendre forme. Le cap est clair : apporter de l’efficacité à cette organisation multiséculaire qui coiffe 70 maisons de ventes.

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Depuis le 25 octobre, une conciergerie – encore en rodage – a été mise en place pour faciliter la récupération des lots après les ventes. Mais une seule personne y est pour le moment affectée, peu au regard des 230 000 objets proposés chaque année à Drouot. La buvette, dont le précédent contrat avec Ducasse s’est arrêté, devrait reprendre en décembre, avec un autre concessionnaire. Depuis fin août, un département marketing a enfin vu le jour pour développer des événements en nocturne et améliorer l’attrait d’un hôtel des ventes dont les horaires restent peu compatibles avec la vie active. L’idée étant avec ces micro-changements d’attirer les particuliers qui pour l’heure ne représentent que 20 % des visiteurs.

Pour plus de clarté, l’activité numérique de Drouot, jusque-là éparpillée sur trois sites Internet est regroupée depuis le 1er novembre sous drouot.com, utilisé par plus de 600 maisons de ventes. En janvier 2022, l’hôtel des ventes se complètera aussi d’une agence immobilière haut de gamme, située au 12, rue Drouot, avec l’ambition de dégager plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici cinq ans. « L’idée est d’offrir un service global, indique Maëlys de Lummen, responsable de cette nouvelle filiale. Les commissaires-priseurs, dont le quotidien est d’expertiser des objets, reçoivent tout le temps des demandes pour vendre l’immobilier en même temps que le mobilier. »

Grogne des commissaires-priseurs

Mais la révolution la plus importante tient à l’ouverture de l’hôtel des ventes aux commissaires-priseurs qui n’en sont pas actionnaires. Depuis janvier, dix maisons de ventes extérieures à Drouot y ont organisé des ventes. Ainsi Hugues Taquet, commissaire-priseur à Mantes-la-Jolie, s’est offert un joli coup publicitaire en juillet en cédant pour 2 millions d’euros un meuble signé de l’ébéniste BVRB, acquis par la fondation Bemberg, à Toulouse. « L’idée du club fermé n’est pas propice au développement », assure Alexandre Giquello, qui indique que plusieurs maisons de ventes italiennes seraient intéressées par vendre à Drouot. Le taux actuel de remplissage des salles, de l’ordre de 80 %, meilleur qu’en septembre 2020, où près d’un tiers d’entre elles étaient vides, semble lui donner raison.

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