France Culture célèbre Proust pendant un an sur ses ondes


Marcel Proust (1871-1922), photographié en 1896 par Otto Wegener.

FRANCE CULTURE – À LA DEMANDE – PODCAST

C’est l’histoire d’un projet résolument dingue, mais follement enthousiasmant. Un de ces projets d’utilité publique, qui ne peuvent que naître et s’épanouir sur une chaîne comme France Culture.

C’était il y a deux ans environ – un siècle, une éternité, en ces temps de Covid suspendus et incertains. Mais, justement, quand et comment retrouver le temps de Proust et célébrer l’auteur d’A la Recherche du temps perdu, mort le 18 novembre 1922 ?

« Il fallait imaginer un dispositif qui soit à la mesure du gigantisme de Proust et de son œuvre, et qui impliquerait non pas seulement une ou quelques émissions, mais toute la chaîne », explique Sandrine Treiner, la directrice de France Culture. Et d’aller alors trouver Charles Dantzig, producteur de l’émission « Personnages en personne », amoureux de Proust notoire et revendiqué (il lui consacrera un essai littéraire à paraître l’automne 2022). L’écrivain et éditeur, aussi facétieux qu’érudit, s’en souvient : « Balzac a écrit : “Montrez un gouffre à un Polonais, il s’y précipite aussitôt.” Eh bien, c’est ce que j’ai fait ! » Mais d’ajouter : « Avec passion et en piaffant. »

Pour l’occasion, Dantzig obtient le titre de curateur : « Nous voulions faire en sorte que ce podcast soit comme une grande exposition audio, avec des pièces qui soient autonomes et complémentaires », détaille Sandrine Treiner. D’où un podcast évolutif, bâti au fil du temps et des programmes, puisque chaque semaine – et ce jusqu’au 18 novembre 2022 – sera proposée au moins une émission relative à Marcel Proust.

Titanesque travail

Ainsi François Saltiel, dans son émission « Le Meilleur des mondes » du 22 octobre, s’est intéressé aux nouvelles technologies à l’époque de l’auteur ; Aurélie Luneau, dans « De cause à effets » du 7 décembre, reviendra sur l’affaire merveilleusement rocambolesque des éoliennes d’Illiers-Combray (Eure-et-Loir), alors que, pour Noël, Caroline Broué, dans « Les Bonnes Choses », évoquera les recettes de Françoise, la cuisinière de La Recherche. Autant d’émissions qui seront intégrées par vagues à « Proust, le podcast », qui voit donc le jour ce 18 novembre.

Titanesque travail, mais d’autant plus réjouissant que « tout le monde s’est prêté au jeu, à commencer par Jean Beghin, le directeur des programmes », souligne Charles Dantzig, pour lequel l’un des enjeux est de faire entendre que « Proust n’est pas un écrivain difficile à lire ». Intarissable sur le génie de l’auteur, il sait également gré à ce dernier d’avoir « apporté certains sujets à la littérature : de même que Faulkner fut celui qui permit à un handicapé de trouver sa place dans De bruit et de fureur, Proust permet aux hommes la tendresse. L’un comme l’autre ont ainsi agrandi le territoire de l’humanité. Or, pour moi, la littérature c’est toujours des conquêtes de territoire ».

Et d’ajouter encore : « A la fin, ça montrera le triomphe de la faiblesse. Proust était doublement faible : à la fois parce que c’était un homme malade et parce qu’il était isolé dans sa sexualité, qu’il cachait. Or, à voir la place qu’occupe aujourd’hui A la recherche du temps perdu, on peut dire que Proust a triomphé. Et je pense que constater que ce n’est pas toujours l’esprit pratique qui gagne, que, parfois, ce qui ne sert à rien triomphe, est peut-être l’une des choses les plus rassurantes que je connaisse. En fait, c’est un podcast feel-good ! »

Proust, le podcast. A retrouver sur l’application de France Culture et celle de Radio France.



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