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Dans le Connecticut, une centaine de tableaux, retrouvé dans une benne à ordures, vaut des millions de dollars


Des toiles, retrouvées par un mécanicien américain dans une poubelle en 2017, ont été attribuées à Francis Hines, un artiste oublié des années 1970. Elles seront exposées et mises en vente du 5 au 11 juin à New York et Southport.

Du 5 mai au 11 juin, les deux galeries américaines Hollis Taggart, l’une située à Southport et l’autre à New York, organisent une exposition et une vente aux enchères pour mettre en lumière une quarantaine d’œuvres au parcours atypique, qui ont sombré dans l’oubli (et au fond d’une poubelle) au décès de leur artiste. Estimées plusieurs millions de dollars, elles ont pourtant été retrouvées, par hasard, dans une benne à ordures.

Dans une grange de Watertown, dans l’État du Connecticut, l’entrepreneur George Martin a fait, en 2017, une découverte étonnante tandis qu’il devait défraîchir le site, destiné à la vente. De grandes toiles, de plusieurs mètres de haut et de large, emballées dans du plastique, reposaient dans une benne à ordure, vouée à finir à la déchetterie. Mais persuadé qu’elles plairaient à Jared Whipple, l’un de ses amis mécaniciens, l’entrepreneur de 47 ans a décidé de les mettre de côté pour les lui donner, rapporte le site Dailymail .

Après avoir récupéré la centaine d’œuvres recouvertes de poussières, le mécanicien a immédiatement commencé à faire des recherches. Selon le média américain CTInsiderelles se sont étalées sur quatre ans avant de porter leurs fruits. Les toiles ont été attribuées à l’artiste Francis Hines, originaire de Washington et reconnu aux États-Unis pour ses œuvres à grande échelle et ses toiles expressionnistes aux couleurs vives représentant pour la plupart des pièces automobiles.

Pour plusieurs conservateurs et experts de l’histoire de l’art, Francis Hines était un artiste majeur de la scène new yorkaise dans les années 70. Il est connu aujourd’hui pour ses travaux d’emballage, à l’image du couple Christo et Jeanne-Claude. Au cours de sa carrière, l’artiste originaire du Connecticut a enveloppé plus d’une dizaine de bâtiments new yorkais, dont l’arche du Washington Square Park à la demande de l’université de New York. Un travail réalisé en 1980 qui a nécessité plus de 8000 mètres de tissus de polyester blanc, afin de mettre en lumière l’état, parfois critique, du patrimoine de la ville et aider à la collecte de fonds pour restaurer et nettoyer ce patrimoine délaissé.

Au moment de son décès, survenu en 2016 à la suite d’un accident vasculaire cérébral, les fils de l’artiste ont donné leur permission à Jared Whipple de conserver et vendre toutes ses œuvres. Contacté par un média spécialisé, Peter Hastings Falk, un historien de l’art et expert, a précisé que chaque toile pouvait être vendue pour une somme avoisinant les 22.000 dollars (soit environ 20.200 euros). Quant aux quelques dessins retrouvés dans la benne à ordures, ceux-ci pourraient partir pour 4500 dollars à l’unité, soit 4000 euros. Dans son entièreté, la vente de la collection pourrait alors atteindre plusieurs millions de dollars de recettes.

Le travail de reconnaissance de l’artiste Francis Hines a déjà commencé puisque récemment, en 2021, le mécanicien s’est décidé à exposer pour la première fois les œuvres trouvées. D’abord au Mattatuck Museum de Waterbury dans le Connecticut, une institution locale. Une volonté qui se poursuit avec la tenue de ces deux expositions à Southport et New York, dans lesquelles seront exposées seulement une partie des œuvres. «Je l’ai sorti de cette benne à ordures et j’en suis tombé amoureux», s’est confié le mécanicien, avant de conclure: «Mon but est d’amener Hines dans les livres d’histoire».





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