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Les nocturnes, le pari gagnant des musées parisiens


Des visiteurs, en avril 2022, devant la pyramide du Louvre, à Paris.

Vingt heures, les quelques derniers rayons de soleil viennent caresser les parois en verre de la pyramide du Louvre. La journée touche à sa fin et pourtant, une foule massée devant le musée parisien patiente sagement dans l’espoir de pouvoir passer la soirée avec La Joconde. Si cette scène relève de la pure fiction – l’établissement n’est ouvert que de 9 heures à 18 heures, tous les jours sauf le mardi –, elle pourrait bientôt devenir réalité. Le Louvre a en effet décidé d’accueillir le public en nocturne un soir par semaine. C’était le cas avant la pandémie de Covid-19, mais cette possibilité a été suspendue en raison de la crise sanitaire.

Aucune date précise n’a encore été arrêtée mais si un accord est trouvé avec les syndicats du personnel, l’extension horaire pourrait être mise en place début juillet. Elle devrait concerner l’exposition Pharaon des deux terres. L’épopée africaine des rois de Napata, ouverte le 28 avril, qui serait accessible tous les vendredis jusqu’à 21 h 45 et ce, jusqu’à sa fermeture, le 25 juillet.

Le succès de l’opération Nuit européenne des musées, menée chaque année en mai depuis vingt ans, et l’afflux du public lors des opérations spéciales proposées en soirée pour les expositions à forte fréquentation témoignent de l’envie de se confronter à l’art en nocturne. Plusieurs musées parisiens offrent aux amateurs de visite tardive la possibilité de découvrir des œuvres le soir. Une manière d’attirer un public plus jeune, actif, surtout francilien.

« Des visites plus agréables »

« On voulait sortir ce soir après le travail, et venir au musée, cela nous change d’une soirée au cinéma ou au bar », témoigne Nicolas, croisé jeudi 19 mai au Musée d’Orsay où cet architecte est venu en compagnie d’amis voir l’exposition consacrée à Gaudi. Une visite en soirée, qui tombe à pic pour ce passionné de l’artiste catalan, qui, habituellement, par manque de temps, ne peut pas se rendre au musée en semaine. Contrairement au Louvre, le Musée d’Orsay n’est pas revenu, en raison de la crise sanitaire, sur le principe de sa nocturne du jeudi de 18 heures à 21 heures instaurée depuis son ouverture, en 1986.

« Notre but est de renouer avec les jeunes actifs qui ne sont pas forcément disponibles aux horaires habituels du musée en leur proposant des visites plus agréables avec notamment moins de monde », explique Pierre-Emmanuel Lecerf, administrateur général du Musée d’Orsay. Pour ce faire, le musée a baissé ses tarifs – 10 euros à partir de 17 heures contre 12 euros le reste de la journée –, l’entrée étant gratuite pour les moins de 26 ans. « Ça ne suffira pas à compenser l’absence de touristes depuis les premiers confinements, mais il faut maintenant installer durablement cette nocturne qui doit devenir l’événement de la semaine », ajoute Pierre-Emmanuel Lecerf.

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