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Jean-Luc Martinez mis en examen dans une affaire de trafic d’antiquités


Le Louvre Abu Dhabi expose aujourd’hui une stèle en granit rose d’un mètre soixante-dix, gravée au nom du roi Toutankhamon. « Un objet exceptionnel à plus d’un titre », vante l’égyptologue Marc Gabolde, professeur à l’université Paul-Valéry de Montpellier. Or, ce trésor est désormais au cœur d’une vaste enquête internationale visant un trafic d’antiquités.

Elle est menée en France par le juge d’instruction Jean-Michel Gentil et a conduit à la garde à vue, lundi 23 mai, de l’ancien président du Louvre, Jean-Luc Martinez, ainsi que du conservateur, responsable du département des antiquités égyptiennes Vincent Rondot et de l’égyptologue Olivier Perdu, d’après les révélations du Canard enchaîné. D’après nos informations, ces deux derniers ont été libérés mardi soir. En revanche Jean-Luc Martinez a été mis en examen mercredi 25 mai au soir pour des faits de blanchiment en bande organisée et complicité d’escroquerie en bande organisée. Il a été libéré mais reste sous contrôle judiciaire.

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Aux yeux de Marc Gabolde, qui lui a consacré 47 pages érudites dans la Revue d’Egyptologie publiée en mars 2020, la stèle est un trésor. Elle est en effet intacte, ce qui est « inhabituel pour un roi dont, à l’exception de la tombe, les édifices ont été martelés ». Aux yeux des juges, elle pose un sérieux un problème de provenance trafiquée par un expert en antiquités, Christophe Kunicki et un marchand, Roben Dib. Les enquêteurs les soupçonnent d’avoir produit de faux documents et inventé des origines fallacieuses pour « blanchir » des centaines d’objets archéologiques pillés dans différents pays du Proche et Moyen-Orient.

Soupçons de faux documents et d’origines fallacieuses

Christophe Kunicki, qui œuvrait pour la maison de vente Bergé & Associés, est dans le collimateur de la police suite à la vente, en 2017, du sarcophage doré du prêtre Nedjemankh, pour 3,5 millions d’euros, au Metropolitan Museum de New York. Christophe Kunicki avait alors garanti, documents à l’appui, que le sarcophage avait quitté le pays en toute légalité en 1971.

L’objet avait été finalement restitué à l’Egypte en 2019, à la suite d’une enquête internationale lancée par les autorités américaines, françaises, allemandes et égyptiennes, qui avait établi que le cercueil avait été volé lors du soulèvement populaire en 2011 contre le président Hosni Moubarak. A cette occasion, les enquêteurs ont découvert que l’objet était passé par les mains d’un marchand de Hambourg, Roben Dib, qui alimentait les ventes aux enchères de Christophe Kunicki depuis une dizaine d’années, et opérait avec les frères Simonian, spécialisés dans les antiquités.

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