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Disney prive les salles d’un film à Noël pour mieux renégocier la chronologie des médias


Disney prive les salles d’un film à Noël pour mieux renégocier la chronologie des médias

La question qui taraude les exploitants de salles de cinéma français n’est pas Y auratil de la neige à Noël ?, titre du joli film de Sandrine Veysset (1996), mais bien : y aura-t-il des films Disney à l’écran en fin d’année ? Le dessin animé Strange World, de Don Hall et Qui Nguyen, produit par le géant américain, sera diffusé fin novembre directement sur la plate-forme de streaming Disney+, sans passer par la case cinéma. Un traitement réservé à l’Hexagone, puisque ce film sortira en salle dans tous les autres pays.

Déjà, trois autres longs-métrages d’animation de Disney, Soul (2020), de Pete Docter et Kemp Powers, Luca (2021), d’Enrico Casarosa, et Alerte rouge (2022), de Domee Shi, n’étaient sortis en France que sur Disney+ , soit en raison de la pandémie de Covid-19, soit parce que le groupe préférait doper le nombre d’abonnés de sa plate-forme (137,7 millions au niveau mondial). Mais, cette fois-ci, la raison est tout autre. Et bien plus franco-française.

Sortant du mutisme traditionnel des majors américaines, Hélène Etzi, la présidente de The Walt Disney Company France, a justifié cette décision, mercredi 8 juin, aux Echos : « C’est la conséquence de la chronologie des médias pratiquée en France que nous jugeons inéquitable, contraignante et inadaptée (…) à l’évolution des modes de consommation des films. » Elle avait déjà brandi cette menace de boycotter le grand écran auparavant, mais les exploitants n’y croyaient pas, estimant que Disney aurait trop à perdre financièrement et rappelant que Doctor Strange in the Multiverse of Madness, de Sam Raimi, sorti le 4 mai, a atteint 3 millions d’entrées en salle.

Fréquentation anémiée

Seul Strange World est, pour l’instant, concerné par ces mesures, et la situation sera « évaluée film par film et pays par pays », selon Disney. Pour l’heure, Buzz l’Eclair, d’Angus MacLane, reste prévu en salle le 22 juin et Thor : Love and Thunder, de Taika Waititi, le 13 juillet. Le suspense demeure pour deux blockbusters, Black Panther, de Ryan Coogler, et le nouvel opus d’Avatar, de James Cameron, sur lesquels les salles comptent sérieusement pour doper une fréquentation toujours anémiée.

Disney souhaite diffuser des films sur sa plate-forme douze mois, et non dix-sept, après leur sortie en salle

Les règles de la chronologie des médias – l’ordre dans lequel un film peut être exploité après sa sortie en salle : en vidéo, sur une chaîne de télévision cryptée, en clair, sur une plate-forme de streaming – ont été renégociées et, depuis le 24 janvier, Disney+ peut diffuser les films dix-sept mois après leur sortie en salle, et non plus trente-six mois comme auparavant. En contrepartie, la plate-forme financera la production de films, de séries et de fictions à hauteur de 20 % de son chiffre d’affaires dans l’Hexagone. Cet accord, qui peut être revu chaque année, s’applique à Disney+, même s’il ne l’a pas ratifié.

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