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récits intimes et adaptations littéraires marquent la sélection 2022 du film d’animation


« Interdit aux chiens et aux Italiens », d’Alain Ughetto.

Après deux ans de pandémie de Covid-19, qui l’ont contraint à une édition entièrement numérique en 2020 et à une autre hybride (à la fois en ligne et sur place) en 2021, le festival international du film d’animation d’Annecy retrouve enfin sa forme habituelle. Public, professionnels du secteur, cinéastes confirmés et talents émergents vont pouvoir à nouveau se rencontrer dans la ville de Haute-Savoie, du 13 au 18 juin. Six jours durant lesquels seront présentés, analysés, discutés courts et longs-métrages en provenance du monde entier. Parmi les formats longs, dix seront en compétition officielle et dix autres concourront dans la catégorie Contrechamp, dont la vocation est de mettre en lumière films originaux et nouvelles signatures.

Chaque année, la sélection est rude. Selon Marcel Jean, délégué artistique du festival depuis dix ans, elle se révèle aussi, au fil des éditions, toujours plus complexe. Et ce en raison d’un niveau de qualité exponentiel. « De plus en plus de pays sont en mesure de produire et de réaliser des films en bénéficiant d’équipes très formées et de techniques de plus en plus audacieuses, explique le délégué. Face à cette offre extrêmement puissante, nous devons faire des choix qui, à la fois, tiennent compte de nos coups de cœur, mais puissent aussi refléter, tant sur la forme que sur le fond, les grands courants internationaux de la création animée. »

Parmi les vingt longs-métrages en compétition cette année, plus d’un quart se livrent à un travail de mémoire, rouvrent des pages de notre histoire collective à travers des récits intimes, parfois mêmes autobiographiques. C’est le cas pour Alain Ughetto qui, neuf ans après son déchirant Jasmine, revient avec Interdit aux chiens et aux Italiens. Une évocation en pâte à modeler du périple effectué par le grand-père, Luigi Ughetto qui, au début du XXe siècle, quitta le berceau familial du nord de l’Italie et traversa les Alpes pour gagner la France.

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« Le Petit Nicolas : qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? », d’Amandine Fredon et Benjamin Massoubre.

Le courant historique traverse également Nayola, du Portugais José Miguel Ribeiro, qui retrace le destin de trois générations de femmes marquées par la guerre, en Angola ; ou encore Charlotte, le film en 2D d’Eric Warin et de Tahir Rana, sur la très courte vie de la peintre juive allemande Charlotte Salomon (1917-1943), décédée à Auschwitz à l’âge de 26 ans. Dans un registre plus léger, Le Petit Nicolas : qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?, d’Amandine Fredon et de Benjamin Massoubre, refait lui aussi l’histoire. Celle de l’amitié et de la complicité professionnelle qui unirent Goscinny et Sempé, dont le trait reproduit en animation nous ramène, de manière très documentée, à l’origine de l’œuvre.

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